Négociations pour la réforme de la PAC : recadrage communautaire du projet

1) Parlement Européen : la Comagri opère un important recadrage communautaire du projet de réforme

Mars fut marqué par l’élaboration des amendements de compromis par les députés de la ComAgri sur les trois textes des rapporteurs de la réforme, pour renforcer le caractère commun des règles, ainsi que des amendements alternatifs. Ces amendements sont soumis au vote respectivement les 1eravril (OCM unique), 2 avril (règlement plans stratégiques Pilier 1 & Pilier 2) et le 8 avril (règlement horizontal).

Les membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen ont adopté hier et aujourd’hui les deux premiers rapports sur la réforme de la PAC (proposition sur les plans stratégiques nationaux et l’OCM unique). Les amendements votés par les députés de la ComAgri améliorent considérablement la proposition initiale de la Commission européenne.

Malgré le calendrier serré, la ComAgri a fortement orienté la prochaine PAC en recherchant le juste équilibre entre performances économiques et environnementales et entre flexibilités et règles communes.

Parmi les orientations données par les eurodéputés sur les plans stratégiques, les décisions phares sont :

  • la définition des paramètres pour l’allocation financière du premier pilier, avec 60% pour le soutien au paiement de base et le paiement redistributif, 20% pour l’écoscheme et 10 + 2% pour le soutien couplé ainsi que 3% pour les régimes sectoriels ;
  • une conditionnalité adéquate avec des règles européennes claires et la possibilité pour les États membres de proposer des mesures équivalentes, qui garantissent des conditions de concurrence égales à travers l’Europe tout en offrant la possibilité d’une véritable simplification ;
  • une allocation équilibrée du second pilier, ciblant au moins 30% des objectifs environnementaux (dont 40% au maximum de l’allocation pour les aides aux zones défavorisées) et au moins 30% aux outils d’investissement et de gestion des risques ;
  • sur la convergence interne :  au moins 75% des aides directes moyennes d’ici 2024 et 100% d’ici 2027 ;
  • un soutien à l’agriculture numérique et de précision par le biais d’incitations à l’investissement nécessaires pour accompagner une agriculture européenne tournée vers l’avenir ;
  • plafonnement à 100 000 EUR (déduction possible de 50% des salaires liés à l’agriculture), sauf si les États membres appliquent un paiement redistributif de 10% ;
  • une limitation à 15% des transferts financiers du 1er au 2e pilier et à 5% du 2e au 1er pilier ;
  • au moins 5% de paiements redistributifs obligatoires dans chaque État membre,
  • suppression de la disposition relative aux SIE dans la nouvelle conditionnalité (conformité), les SIE minimum devant être définis par les États membres et insérés dans les éco-régimes.
  • la mise en œuvre de la réforme de la PAC reportée – à ce stade – à 2022.

En ce qui concerne l’OCM unique, la ComAgri a défini dans le règlement :

  • la possibilité d’un système de réduction mis en œuvre avec succès en 2015-2016 pour faire face à la crise du lait ;
  • l’amélioration des règles de concurrence afin d’encourager davantage les organisations d’agriculteurs ;
  • l’extension des outils de régulation du secteur viti-vinicole à 2050 et un bon compromis pour l’étiquetage du vin.

La prochaine étape aura lieu la semaine prochaine, le 8 avril, avec le vote du 3ème règlement de la réforme de la PAC, qui abordera les règles de gestion financière, d’audit et de contrôle. Ce règlement est la pierre angulaire des propositions de réforme de la PAC. Il sera de la plus haute importance pour les députés de garantir que la PAC ne se transforme pas en 27 cadres nationaux différents sans un cadre européen solide. Par ailleurs, ce règlement horizontal doit définir les paramètres et fournir la capacité financière à la PAC pour réagir efficacement en cas de crise, via une réserve de crise réformée.

 

2) Etats membres : des délégations qui refusent d’entrer dans le processus de négociation en attente des décisions budgétaires.

  • Les prises de position des Etats membres en CSA sur le caractère volontaire ou obligatoire de mesures des plans stratégiques et sur le cadre de performance
  • Un Conseil Agricole qui a révélé les réticences des Etats membres à négocier de manière parcellaire les textes de la réforme, notamment en l’absence d’une visibilité sur le CFP
  • La demande de la part des Etats membres d’un règlement transitoire pour assurer une continuité des aides en 2021, alors que le retard d’entrée en vigueur de la nouvelle PAC est maintenant acté par la Commission elle-même

 

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Secteur vitivinicole : la production mondiale au sommet

 

Ce mois-ci a débuté avec le vote attendu du Comité Agriculture du Parlement européen (ComAgri) sur les positions de négociation du paquet de réforme de la PAC post 2020, à savoir les nouvelles règles de l’UE pour l’organisation commune des marchés des produits agricoles (1 avril), les plans stratégiques de la PAC (2 avril) et le règlement horizontal (8 avril).

Entermes de dynamique du marché vitivinicole, les derniers chiffres présentés par l’OIV montrent que la production vitivinicole mondiale a atteint un niveau record de 292,3 mhl en 2018, ce qui représente une augmentation de 42,5 mhl depuis 2017 et un niveau proche de celui de 2004.

La consommation mondiale de vin biologique devrait augmenter rapidement dans les années à venir. Cela est principalement dû à la croissance rapide de l’attention des consommateurs vis-à-vis de la durabilité environnementale et de leur santé. Les marchés européens joueront un rôle majeur dans cette évolution, l’Europe devant représenter 78% de la consommation de vin biologique en 2022.

Les changements climatiques ont et continueront d’avoir des impacts majeurs sur les vignobles, c’est pourquoi le secteur doit réagir et se concentrer sur les solutions les plus efficaces.

Enfin, dans le cadre d’un différend avec l’UE à l’OMC sur les subventions pour l’industrie aérospatiale, le président américain Donald Trump a menacé d’ajouter des droits d’importation supplémentaires sur une série de produits agroalimentaires, vins compris.

 

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Nouvelles techniques de sélection : un nouveau cadre réglementaire est nécessaire

Les préoccupations persistantes, et principalement les doutes sur ce que la décision de la CJUE sur les NBTs signifie concrètement pour les États membres, sont loin d’être épuisées. Dans le même temps, de nombreux projets de recherche sur l’adoption de l’édition de gènes chez les plantes cultivées et chez les animaux d’élevage se déroulent des deux côtés de l’océan.

Une étude récente demandée par le Parlement européen (PE) a montré que l’approche CRISPR-Cas9 pouvait constituer «une contribution substantielle à un meilleur ciblage et à la réduction des herbicides, fongicides et insecticides.»

Nouvelles de l’étranger : les nouvelles techniques de modification du génome qui vont au-delà des méthodes établies et ciblent des variétés de cultures commerciales montrent les premiers résultats prometteurs.

Enfin, il y a quelques semaines, le commissaire européen en charge de la santé, Andriukaitis, a réitéré son opinion sur les nouvelles techniques de sélection végétale. Selon lui, « il faut un nouveau cadre réglementaire prenant en compte les dernières technologies de pointe. »Le député européen Paolo De Castro a également réagi de la même manière, affirmant que la révision du génome allait être « haut placée » dans le prochain ordre du jour du Parlement.

 

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Outils de gestion des risques et crises agricoles : nouvelle réserve approuvée par la ComAgri

Les membres de la Commission de l’Agriculture du Parlement Européen ont voté le 8 avril le règlement horizontal, qui constitue la pierre angulaire du paquet de réformes de la PAC proposé par la Commission.

Le concept d’une nouvelle réserve agricole, bien financée et plus réactive, a été approuvé par la grande majorité des députés. Une telle réserve de crise financée à hauteur de 1,5 milliard d’euros permettrait à la PAC de faire face à une crise majeure et contribuerait au développement d’outils de gestion des risques plus puissants et plus ciblés à travers l’Europe. Cette réserve de crise viserait à déclencher des mesures de marché en cas de graves perturbations du marché. En outre, il s’agirait d’une réassurance pour que l’outil de stabilisation des revenus soit développé par les agriculteurs à l’avenir avec le soutien disponible dans le deuxième pilier de la PAC.

La réserve devrait être financée en complément des paiements directs de la PAC et du financement lié au développement rural. Son budget initial devrait être de 400 millions d’euros, alors que d’autres fonds pourraient être ajoutés chaque année ainsi que les fonds non utilisés des années précédentes, jusqu’à atteindre 1,5 milliard d’euros. Si cela n’était pas suffisant, le mécanisme de discipline financière devrait être activé, mais seulement en mesure de dernier ressort et en excluant les 2000 premiers euros de paiements.

 

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