Eat Europe et Farm Europe : « La rigueur scientifique est essentielle dans le débat sur l’alcool et les maladies cardiovasculaires »

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Dans le cadre des discussions sur le Plan de l’UE pour la santé cardiovasculaire, et du débat en cours au Parlement européen sur l’initiative non législative (INI) relative aux maladies cardiovasculaires, Eat Europe et Farm Europe ont adressé une lettre à l’ensemble des membres de la commission de la santé publique du Parlement européen, appelant les institutions européennes à traiter la question de la consommation d’alcool avec une approche sérieuse et équilibrée, solidement fondée sur des données scientifiques.

La prévention des maladies cardiovasculaires constitue une priorité de santé publique, tout comme il est essentiel de lutter de manière déterminée contre l’abus d’alcool, l’un des facteurs de risque les plus importants. Les deux organisations soulignent l’importance de distinguer clairement entre abus et consommation modérée, en évitant les simplifications excessives susceptibles de compromettre l’efficacité des politiques proposées.

Parler de manière générale de « consommation d’alcool » peut être trompeur. La littérature scientifique montre que les effets sur la santé dépendent de multiples facteurs, notamment le type de boisson, les modes et le contexte de consommation, ainsi que le mode de vie global. En particulier, le vin n’est pas simplement une solution d’éthanol, mais un phytocomplexe caractérisé par une matrice de composants – notamment des polyphénols, des anthocyanes, du resvératrol et d’autres composés bioactifs – qui peuvent contribuer à moduler ses effets globaux sur l’organisme.

Des études récentes suggèrent également qu’une consommation modérée de vin, dans le cadre d’un régime alimentaire et d’un mode de vie équilibrés, pourrait être associée à des effets bénéfiques sur le système cardiovasculaire. Ces résultats ne devraient pas être écartés comme de simples « idées reçues » ni stigmatisés dans le débat public.

Dans ce contexte, Eat Europe et Farm Europe expriment leur préoccupation face à des approches qui négligent une part significative des données scientifiques au profit de stratégies uniformes et non différenciées. Des politiques fondées uniquement sur des mesures restrictives risquent d’être non seulement inefficaces, mais aussi contre-productives. En particulier, l’hypothèse d’une augmentation généralisée de la fiscalité ne semble pas produire de résultats concrets en matière de santé publique et pourrait au contraire encourager un report vers des produits de moindre qualité.

Dans le même temps, les organisations reconnaissent que les initiatives d’information en cours – y compris les outils d’étiquetage et la communication hors étiquette – contribuent à une meilleure sensibilisation des consommateurs et favorisent des choix plus responsables.

« Dans un domaine aussi sensible, il est essentiel de rester ancré dans les faits plutôt que dans l’idéologie. Distinguer entre consommation modérée et abus est essentiel pour concevoir des politiques à la fois efficaces et crédibles », a déclaré Luigi Scordamaglia, président d’Eat Europe.

« L’Union européenne a l’opportunité d’adopter une approche équilibrée qui reconnaît la complexité scientifique de la question tout en préservant à la fois la santé publique et un secteur agroalimentaire stratégique », a ajouté Yves Madro, président de Farm Europe.

À l’approche du vote sur l’INI prévu début mai, Eat Europe et Farm Europe appellent le Parlement européen à adopter une approche plus équilibrée et fondée sur les données scientifiques — qui distingue les comportements à risque des modes de consommation responsables et reconnaisse la complexité du sujet sans recourir à des narratifs simplistes.