Eat Europe et Farm Europe appellent les députés européens à renforcer le mécanisme de sauvegarde pour le riz avant un vote décisif

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Eat Europe et Farm Europe appellent les membres du Parlement européen à soutenir des amendements cruciaux à la révision du Système de préférences généralisées (SPG) avant le vote en séance plénière du 28 avril, avertissant que le mécanisme de sauvegarde proposé pour le secteur rizicole de l’UE risque d’être inefficace dans sa forme actuelle.

Bien que la réforme introduise une clause de sauvegarde automatique importante visant à anticiper et gérer les crises de marché, les deux organisations avertissent, dans une lettre adressée à l’ensemble des députés européens, que des seuils d’activation excessivement élevés pourraient fortement limiter son utilité et laisser les producteurs européens de riz exposés à des chocs de marché évitables.

Au cœur des préoccupations figure le seuil d’augmentation de 45 % requis pour déclencher le mécanisme de sauvegarde. Comme déjà souligné à l’issue des négociations en trilogue, Eat Europe et Farm Europe estiment que ce niveau est déconnecté des réalités du marché et empêcherait une intervention en temps utile dans des situations où une action précoce est essentielle pour éviter des dommages structurels au secteur.

« Un mécanisme de sauvegarde automatique doit être opérationnel, et non théorique », déclarent les organisations. « Si les seuils sont fixés trop haut, l’instrument échouera précisément au moment où il est le plus nécessaire. »

Les organisations appellent les législateurs à soutenir une réduction du seuil de déclenchement à 20 %, qu’elles qualifient d’ajustement ciblé, proportionné et techniquement réalisable. Elles soulignent qu’une telle modification ne rouvrirait pas ni ne remettrait en cause l’accord global issu du trilogue, mais garantirait plutôt son efficacité concrète.

Elles mettent également en avant des préoccupations techniques non résolues liées à la méthodologie de calcul, notamment l’utilisation d’un système de référence basé sur une moyenne mobile, qui reste insuffisamment réactif aux fluctuations rapides du marché.

Selon Eat Europe et Farm Europe, l’amélioration du mécanisme de sauvegarde pour le riz établirait également un précédent important pour d’autres secteurs agricoles vulnérables de l’UE, tels que le sucre et l’éthanol, confrontés à une exposition similaire à la volatilité des marchés mondiaux.

« Il ne s’agit pas de rouvrir les négociations », poursuit le communiqué. « Il s’agit de garantir qu’un outil de prévention des crises fonctionne en pratique et assure une protection réelle aux producteurs européens. »

Les organisations appellent donc les membres du Parlement européen à soutenir les amendements proposés, soulignant qu’une absence d’action pourrait exposer le secteur rizicole de l’UE à des dommages économiques graves et potentiellement irréversibles.