La crise de l’eau en Europe est là : il est temps d’agir

Farm Europe présente une nouvelle étude sur la résilience hydrique au Parlement européen le 8 septembre

Après un nouvel été marqué par de graves sécheresses, des épisodes de chaleur extrême et une pression croissante sur les ressources en eau, Farm Europe appelle une nouvelle fois à passer de la gestion de crise à une approche fondée sur la prévention, la résilience et l’investissement, afin de renforcer la compétitivité de l’agriculture européenne. Cela peut être réalisé grâce à une volonté politique et à des modifications ciblées de l’ensemble des propositions relatives à la PAC ainsi que d’autres dossiers législatifs, tels que le Fonds européen pour la compétitivité.

Farm Europe présentera sa nouvelle étude approfondie sur l’eau au Parlement européen le 8 septembre à 17h30, lors d’un événement organisé avec Carmen Crespo, députée européenne (Espagne, PPE).

L’étude examine la situation de l’eau dans l’ensemble de l’UE ainsi que sa dimension régionale, et commence à formuler des recommandations pour répondre aux défis croissants auxquels est confrontée l’agriculture européenne.

« L’Europe ne peut pas se permettre d’attendre la prochaine crise. Le moment est venu non seulement de gérer les conséquences de la pénurie d’eau, mais aussi de les prévenir. L’Europe a besoin d’une stratégie à long terme fondée sur la prévention, la résilience et l’investissement », déclare Luc Vernet, Secrétaire général de Farm Europe.

Farm Europe appelle notamment à ce que le futur Fonds européen pour la compétitivité soutienne les investissements stratégiques dans la résilience hydrique, notamment les infrastructures de stockage de l’eau, les technologies numériques permettant d’améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau et les mesures visant à préserver la qualité de l’eau.

L’étude met également en évidence la contribution de l’agriculture, de l’élevage et de la bioéconomie au sens large à la construction de territoires européens plus résilients.

La présentation sera suivie d’une table ronde réunissant des députés européens, des représentants des institutions européennes, des acteurs du secteur agricole, des experts ainsi que des membres et partenaires de Farm Europe. Les échanges porteront sur la manière dont la gestion de l’eau peut contribuer à garantir la compétitivité et la résilience futures de l’agriculture européenne.

La crise de l’eau en Europe est là. Le moment d’agir, c’est maintenant.

L’événement aura lieu le mardi 8 septembre 2026, de 17h30 à 19h00, au Parlement européen à Bruxelles.

Inscription pour les parties prenantes et les médias : https://forms.gle/4LukUhDpS25frGvv7

Farm Europe salue l’approche de la commission AGRI sur la simplification de la directive relative aux émissions industrielles

Farm Europe salue l’adoption par la commission de l’Agriculture et du Développement rural du Parlement européen d’amendements ciblés visant à simplifier la directive relative aux émissions industrielles (IED), notamment la clarification selon laquelle les bovins ne devraient pas être inclus dans le champ d’application de cette réglementation ni faire l’objet d’une évaluation de la Commission européenne dans ce contexte, ainsi que l’application du principe de proportionnalité à travers le retour à des seuils de capacité fixes pour les autres installations d’élevage.

L’approche proposée par la commission AGRI apporterait davantage de clarté au secteur des ruminants et enverrait un signal clair : les bovins ne devraient pas être inclus dans le champ d’application de l’IED et cette option ne devrait pas être évaluée par la Commission européenne. En outre, le recours à des seuils de capacité fixes, plutôt qu’à des calculs complexes en unités de cheptel, permettrait de réduire la charge liée au respect des obligations pour les exploitants, tout en maintenant les normes environnementales les plus élevées au niveau mondial. Les seuils de capacité fixes pour les élevages porcins et avicoles permettent de revenir au cadre initial, rétablissant ainsi la clarté et la sécurité réglementaires dont les producteurs ont besoin.

L’allongement du calendrier pour l’établissement de conditions d’exploitation uniformes, avec une échéance fixée à septembre 2027 plutôt qu’à 2026, donnerait aux autorités compétentes et au secteur suffisamment de temps pour mettre en œuvre les nouvelles dispositions, notamment pour permettre à la Commission de réaliser une analyse d’impact des mesures proposées.

Les amendements établissent un équilibre entre simplification administrative et efficacité environnementale, en supprimant une complexité redondante sans réduire le niveau de protection des sols, de l’eau et de l’air.

Le seul aspect que nous regrettons est l’adoption du compromis 2 sur la règle d’agrégation, qui ne reflète pas pleinement l’objectif de simplification et risque d’entraîner des coûts et des charges administratives supplémentaires, en particulier pour les plus petites entreprises. À notre sens, il serait préférable de supprimer purement et simplement l’obligation d’agrégation.

Farm Europe remercie la rapporteure Christine Singer pour son travail sur ce dossier, ainsi que l’ensemble des députés européens impliqués, et encourage la commission de l’Environnement ainsi que le Parlement européen à s’aligner sur la position de la commission AGRI au cours de la procédure législative. Le maintien de la cohérence est essentiel pour garantir une politique climatique et d’économie circulaire cohérente.

3 septembre : une étape importante vers une véritable réciprocité dans les règles d’importation de l’UE

Eat Europe et Farm Europe saluent chaleureusement l’entrée en vigueur, à compter du 3 septembre, de la décision de la Commission européenne excluant le Brésil de la liste des pays autorisés à exporter des produits d’origine animale vers l’Union européenne, à moins qu’il ne puisse être démontré que les règles européennes relatives à l’utilisation des antimicrobiens sont respectées.

Il s’agit d’une journée importante et d’une avancée concrète dans les efforts qu’Eat Europe, Farm Europe et leurs membres déploient depuis longtemps pour parvenir à une véritable réciprocité. Le principe est simple et fondamental : les normes ne peuvent pas être différentes selon qu’un produit est fabriqué au sein de l’Union européenne ou importé d’un pays tiers. Les règles européennes en matière de sécurité alimentaire et d’utilisation des antimicrobiens doivent être appliquées et contrôlées de manière cohérente tout au long de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Mais cette avancée doit désormais se traduire par une application effective des règles.

Les informations récemment rendues publiques par les autorités brésiliennes et les représentants du secteur de l’élevage concernant le nouveau protocole de certification destiné à garantir le respect des exigences de l’UE en matière d’utilisation des antimicrobiens suscitent des inquiétudes qui ne peuvent être ignorées.

Selon les informations fournies par les autorités brésiliennes et les représentants du secteur eux-mêmes, le système de certification n’en est encore qu’à ses débuts et aucune exploitation n’a, à ce jour, été certifiée dans le cadre du nouveau protocole. Cela montre que la mise en œuvre concrète du système et la vérification du respect effectif des exigences sont encore en cours d’établissement.

Les normes de l’Union européenne concernant l’interdiction de certains antimicrobiens chez les animaux destinés à l’exportation ne sont pas nouvelles. Ces exigences sont applicables depuis 2023 et les pays exportateurs ont disposé de suffisamment de temps pour s’y adapter. Le respect de la législation européenne ne peut pas dépendre uniquement d’engagements futurs ou de systèmes de certification dont l’efficacité n’a pas encore été démontrée dans la pratique.

Pour cette raison, Farm Europe et Eat Europe appellent la Commission européenne à maintenir une approche stricte et fondée sur le principe de précaution, en renforçant les contrôles officiels sur les importations de viande bovine en provenance du Brésil. Les autorités brésiliennes compétentes doivent fournir des garanties solides, vérifiables et fiables que tous les produits exportés vers l’Union européenne respectent pleinement les exigences européennes.

« L’expérience brésilienne confirme l’importance de renforcer les contrôles, les certifications et les procédures de vérification des systèmes de production des pays exportateurs, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des contrôles aux frontières », a déclaré Luigi Scordamaglia, Président d’Eat Europe. « L’accent doit être mis sur le passage de contrôles ex post à la garantie, tout au long de la chaîne d’approvisionnement, de conditions de production équivalentes à celles appliquées en Europe. »

La protection des consommateurs européens doit rester une priorité absolue. Dans le même temps, il est essentiel de protéger les opérateurs européens qui respectent chaque jour des normes strictes et supportent les coûts liés à la mise en œuvre des règles de l’UE. Et cela est vrai non seulement en ce qui concerne le respect de notre législation vétérinaire, mais doit également s’appliquer aux exigences en matière de traçabilité et à l’interdiction des importations de produits brésiliens issus d’OGM qui ne sont pas autorisés dans l’Union européenne.

« La crédibilité du système européen de sécurité alimentaire dépend de notre capacité à appliquer les mêmes règles à tous », a ajouté Yves Madre, Président de Farm Europe. « Toute disparité dans l’application des normes risquerait de saper la confiance des consommateurs, de placer les producteurs européens respectueux des règles dans une situation de désavantage et d’affaiblir le principe même de réciprocité. Il s’agit non seulement d’une question d’équité, mais aussi de crédibilité politique. Les membres du Parlement européen sont parfaitement clairs sur ce point, avec une très large majorité des membres de la commission AGRI ayant déposé des amendements à la réforme de l’OCM unique afin d’exiger que les produits importés respectent les normes de production de l’UE. »

Le 3 septembre constitue donc une journée importante : non pas un aboutissement, mais une étape supplémentaire dans la construction d’une véritable réciprocité.

Farm Europe lance son Simulateur Budgétaire

 Alors que les négociations sur le Cadre financier pluriannuel (CFP) 2028–2034 et l’avenir de la Politique agricole commune (PAC) entrent dans une phase décisive, Farm Europe lance son Simulateur budgétaire de la PAC 2028–2034 : un outil interactif en ligne qui permet aux décideurs, aux analystes et aux agriculteurs de modéliser l’architecture financière de la future PAC et de mesurer, en temps réel et à différentes échelles, les conséquences concrètes des choix actuellement sur la table aux niveaux européen, national et des exploitations agricoles.

Dans sa proposition de juillet 2025, la Commission européenne (CE) a proposé de regrouper les budgets des principales politiques européennes, y compris celui de la PAC, au sein d’un Fonds unique pour les Partenariats nationaux et régionaux (PNR), laissant ainsi aux États membres une marge de manœuvre bien plus importante pour arbitrer l’allocation de fonds jusqu’alors réservés à des politiques spécifiques. Derrière les chiffres globaux, l’impact réel d’une telle réforme sur les agriculteurs, les États membres et la souveraineté alimentaire de l’Europe dépend d’un ensemble complexe de paramètres techniques. Le Simulateur budgétaire a été conçu pour rendre cette complexité compréhensible par tous.

L’outil permet, d’une part, d’observer, à travers des scénarios prédéfinis, les effets de la proposition de règlement sur la PAC sans amendements et, d’autre part, grâce à un scénario entièrement personnalisable, de définir les principaux paramètres macroéconomiques de la future PAC : l’enveloppe budgétaire réservée à la PAC, le niveau de cofinancement des États membres, ainsi que d’autres paramètres potentiels tels que la flexibilité disponible pour le préfinancement (frontloading) ou les objectifs de développement rural. L’utilisateur peut ensuite observer comment ces choix se répercutent sur les 27 États membres, conformément aux clés de répartition et aux priorités propres à chacun.

À partir de là, l’utilisateur peut analyser en détail la situation de chaque État membre afin de réaffecter les fonds européens entre les différentes interventions prévues dans le nouveau règlement relatif au Fonds unique de la PAC, ajuster les taux de cofinancement nationaux et mesurer les effets de ces décisions au niveau national, tant sur les dépenses de l’Union que sur les dépenses publiques totales, tout en tenant compte d’indicateurs tels que les seuils minimaux de dépenses environnementales et les niveaux minimums de cofinancement.

Chaque projection est comparée au scénario de référence des Plans stratégiques de la PAC 2021–2027, de sorte que les variations induites par chaque scénario apparaissent immédiatement. Pour établir cette référence, Farm Europe s’est appuyé sur les allocations prévues dans les Plans stratégiques de la PAC de chaque État membre.

Au-delà des tableaux budgétaires, le simulateur traduit les chiffres en impacts concrets : une vue au niveau des exploitations agricoles estime les effets sur les revenus selon le pays, le type d’exploitation et la taille économique ; une carte choroplèthe de l’Europe permet de comparer les variations entre États membres ; et un tableau de correspondance des interventions montre comment les mesures actuelles de la PAC s’intègrent dans le nouveau cadre proposé. Deux scénarios prédéfinis – la proposition de la Commission de juillet 2025 et un scénario amendé de la Commission (fondé en partie sur la lettre de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen) – ainsi qu’un mode entièrement manuel offrent des points de référence immédiats pour les négociations tout en permettant d’explorer un large éventail de possibilités.

Le simulateur repose exclusivement sur des sources officielles : le règlement relatif aux Plans stratégiques de la PAC 2021–2027, les propositions législatives de la Commission de juillet 2025 concernant le Fonds unique de la PAC et le Fonds PNR, le règlement sur le cadre de performance et ses coefficients de suivi des dépenses environnementales, ainsi que les tableaux financiers des Plans stratégiques de la PAC approuvés par les États membres. Farm Europe a développé cet outil avec la conviction qu’une analyse transparente, fondée sur des données objectives, constitue la meilleure garantie d’une Politique agricole commune forte, autonome et correctement financée.

Lien vers le simulateur budgétaire :
https://www.farm-europe.eu/wp-content/uploads/2026/07/CAP_simulator_PUBLIC_final.html

Le carbon farming définit, le marché ne peut attendre 2034

Une semaine après avoir publié l’Acte délégué relatif au cadre européen de certification des absorptions de carbone et du carbon farming (CRCF), la Commission européenne a présenté aujourd’hui sa proposition de révision du Système d’échange de quotas d’émission (ETS). Celle-ci se limite à prévoir une évaluation, dans le cadre d’une révision en 2034, de la possibilité d’autoriser la vente de crédits issus du carbon farming sur le marché ETS. Elle prévoit également de permettre aux États membres de mobiliser les recettes de l’ETS afin de soutenir des investissements visant à réduire les émissions agricoles liées à une fertilisation intelligente, notamment en favorisant l’adoption par les agriculteurs d’engrais biosourcés, organiques et circulaires.

Farm Europe et Eat Europe considèrent ces premières avancées comme positives, mais regrettent la décision de réintroduire les crédits carbone internationaux, qui risquent de détourner la demande des solutions domestiques et des investissements en Europe, ainsi que le nouveau report de la reconnaissance des crédits issus du carbon farming. Les deux organisations regrettent également que la révision de l’ETS ne propose pas de suspendre clairement l’application de l’ETS et du Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) aux engrais, ce qui permettrait de déplacer les incitations, en passant d’une logique de pénalisation de la production à une logique de stimulation de la demande d’engrais à faible empreinte carbone. À tout le moins, la prolongation de l’allocation gratuite de quotas devrait s’accompagner d’une révision de la trajectoire du CBAM ainsi que de la possibilité de vendre des crédits de carbon farming sur le marché ETS.

Farm Europe et Eat Europe appellent la Commission européenne ainsi que les co-législateurs à ne pas reporter davantage la possibilité de connecter les crédits CRCF issus du carbon farming au marché ETS, afin de créer un véritable modèle économique pour la réduction des émissions dans l’agriculture européenne. Si la proposition prévoit un réexamen en 2034, suivi d’une éventuelle prise en compte des crédits issus du carbon farming, ce secteur a besoin d’un marché dès aujourd’hui. L’agriculture constitue un pilier essentiel de la décarbonation d’une grande partie de l’économie européenne, bien au-delà du seul secteur alimentaire. Le secteur agricole nécessite des investissements massifs ainsi qu’une cohérence des politiques publiques afin de pouvoir fournir du carbone circulaire et biogénique, indispensable pour jeter les bases d’une économie compétitive et neutre en carbone.

« L’adoption, la semaine dernière, des méthodologies relatives au carbon farming, associée à l’engagement de la Commission d’examiner des liens directs entre le CRCF et l’ETS, constitue une évolution encourageante dans les efforts visant à créer un véritable levier pour la réduction des émissions dans l’agriculture », a réagi Luc Vernet, Secrétaire général de Farm Europe, avant d’ajouter : « Il est désormais temps de passer des concepts aux décisions concrètes. Les agriculteurs ne peuvent pas attendre 2034 pour être justement rémunérés pour leurs efforts de réduction des émissions. »

Concernant l’allocation gratuite de quotas, nous saluons la proposition visant à ralentir la réduction des quotas gratuits pour les secteurs couverts par le CBAM et à prolonger leur suppression progressive jusqu’en 2038. Toutefois, cette prolongation doit impérativement s’accompagner d’une révision de la trajectoire du CBAM applicable aux engrais.

« Les deux mécanismes sont intrinsèquement liés et devraient fonctionner de manière coordonnée. Prolonger l’allocation gratuite tout en maintenant le CBAM pour les engrais créerait des divergences entre deux instruments conçus pour répondre au même risque de fuite de carbone, compromettant ainsi la cohérence et l’efficacité du cadre européen de tarification du carbone », a déclaré Luigi Scordamaglia, Président d’Eat Europe.

À l’heure actuelle, les marchés volontaires du carbone n’offrent pas aux agriculteurs des perspectives réelles et prévisibles leur permettant de déclencher les investissements nécessaires à la réduction des émissions et aux absorptions de carbone, notamment dans les engrais bas carbone. La révision de l’ETS représente une occasion unique de combler cette lacune. Elle définit la manière dont les absorptions permanentes de carbone réalisées sur le territoire européen pourraient être intégrées au système d’échange afin de contribuer à compenser les émissions résiduelles des secteurs les plus difficiles à décarboner. La Commission européenne examinera également la possibilité que les unités issues du carbon farming et de la séquestration naturelle du carbone puissent, à l’avenir, être reconnues comme des absorptions permanentes. À ce stade, seuls le BioCCS et le DACCS sont inclus dans le système ETS.

Par ailleurs, la Commission propose d’affecter une partie des recettes de l’ETS à des investissements visant à réduire les émissions agricoles grâce à une utilisation plus efficace des engrais et à soutenir les agriculteurs dans l’adoption d’engrais biosourcés, organiques et circulaires. Le Fonds pour la modernisation soutiendra également des investissements dans les marchés pilotes destinés à développer la production d’engrais bas carbone et biosourcés à des prix abordables.

Vote regrettable de la commission AGRI sur cadre de performance

Farm Europe regrette l’occasion manquée à la suite du vote intervenu aujourd’hui au sein de la commission de l’agriculture et du développement rural (AGRI) du Parlement européen, qui a approuvé des amendements de compromis maintenant le cadre de performance de la Politique agricole commune (PAC) dans le règlement horizontal proposé relatif au suivi des dépenses budgétaires et de la performance.

Si le compromis adopté apporte certaines améliorations à la proposition initiale de la Commission européenne, il ne parvient toutefois pas à préserver l’architecture spécifique de gouvernance et de responsabilité de la PAC. En maintenant le cadre de performance de la PAC en dehors du règlement relatif à la PAC, la commission AGRI a validé une approche qui risque d’affaiblir la cohérence et l’efficacité de cette politique.

La PAC est une politique européenne commune unique, dotée de ses propres objectifs, de son propre système de gouvernance et de son propre modèle de mise en œuvre. Son cadre de performance doit donc rester intégré au cadre législatif de la PAC, où les indicateurs et les outils de suivi peuvent être conçus de manière à refléter fidèlement les réalités de l’agriculture et du développement rural.

Le transfert de ces dispositions vers un règlement horizontal couvrant un large éventail de politiques de l’Union européenne crée un précédent susceptible de diluer progressivement l’autonomie de la PAC et de compromettre la capacité de cette politique à démontrer sa contribution aux priorités stratégiques de l’Europe, notamment la sécurité alimentaire, la compétitivité, la résilience et la durabilité environnementale.

Alors que les discussions sur le futur cadre financier pluriannuel et la PAC après 2027 se poursuivent, Farm Europe appelle le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne à rétablir une architecture de performance propre à la PAC lors des prochaines négociations interinstitutionnelles. Préserver l’intégrité du cadre de gouvernance de la PAC demeure essentiel pour garantir que cette politique puisse répondre efficacement aux défis auxquels est confrontée l’agriculture européenne.

Evolutions positives sur le rôle de l’agriculture au sein de l’ECF

Farm Europe et Eat Europe suivent de près les négociations sur le Fonds européen pour la compétitivité (European Competitiveness Fund – ECF) et saluent les avancées positives réalisées au Parlement européen, qui visent à reconnaître de manière croissante le rôle stratégique de l’agriculture et de l’ensemble de la chaîne agroalimentaire dans le renforcement de la compétitivité, de la résilience et de la sécurité de l’Europe.

Dès le début du processus législatif, Farm Europe et Eat Europe ont proposé des amendements visant à garantir que l’agriculture, l’alimentation et, plus largement, la bioéconomie demeurent au cœur du Fonds européen pour la compétitivité. Ces efforts se sont révélés essentiels pour empêcher les tentatives de marginalisation du secteur en supprimant sa place spécifique tant au sein du Fonds européen pour la compétitivité que d’Horizon Europe.

Après un démarrage difficile, marqué par certaines propositions au sein de la commission ITRE visant à diluer l’agriculture dans un chapitre plus large consacré à la « prospérité durable », les discussions qui émergent aujourd’hui parmi les négociateurs de la commission ITRE constituent une évolution encourageante dans la bonne direction. Elles témoignent d’une prise de conscience croissante du fait que l’agriculture et l’alimentation ne sont pas seulement bénéficiaires des politiques de compétitivité, mais qu’elles sont aussi des moteurs essentiels de la puissance industrielle de l’Europe, de sa capacité d’innovation, de son autonomie stratégique et de sa résilience économique.

Alors que les négociations se poursuivent, il est désormais essentiel de consolider cette dynamique en veillant à ce que l’agriculture et l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire bénéficient de la reconnaissance qu’elles méritent grâce à des possibilités de financement dédiées dans le cadre des priorités pertinentes du Fonds européen pour la compétitivité. Les investissements en faveur de la transition numérique, de l’énergie propre, de la gestion durable de l’eau, de la constitution de stocks stratégiques, de l’innovation et de la transformation industrielle sont indispensables pour permettre au secteur de déployer pleinement son potentiel et de combler le déficit d’investissement existant.

Le Parlement européen a aujourd’hui l’opportunité d’envoyer un signal politique fort en confirmant que l’agriculture et l’alimentation constituent des piliers stratégiques du Fonds européen pour la compétitivité. Nous encourageons l’ensemble des groupes politiques à confirmer ces premiers résultats positifs dans le rapport final. Il est essentiel que la position finale du Parlement européen reflète les recommandations de la commission AGRI et assure une plus grande convergence avec les propositions de la Commission et la position du Conseil, en reconnaissant l’importance stratégique du secteur ainsi que la nécessité d’un soutien dédié lui permettant de continuer à renforcer la compétitivité, la durabilité et la sécurité de l’Europe.

Fort soutien des États membres en faveur du renforcement de la politique européenne de promotion

Farm Europe et Eat Europe saluent le message politique fort adressé lors du dernier Conseil « Agriculture et Pêche », au cours duquel dix États membres, sous l’impulsion de l’Italie et avec le soutien de plusieurs autres ministres intervenus dans le débat, ont appelé la Commission européenne à revenir sur les réductions proposées du budget consacré à la politique européenne de promotion agricole.

Cette initiative confirme les préoccupations que Farm Europe et Eat Europe avaient exprimées dès l’annonce par la Commission de son intention de réduire de près de 50 % le budget de promotion pour 2027, le faisant passer de 205 millions d’euros à 112 millions d’euros. Une telle décision affaiblirait l’un des instruments les plus efficaces de l’Union européenne pour renforcer la compétitivité de son secteur agroalimentaire.

« La politique européenne de promotion n’est pas une dépense, mais un investissement stratégique », a déclaré Yves Madre, Président de Farm Europe. « Elle est essentielle pour promouvoir le modèle européen de production, ses normes élevées en matière d’environnement, de qualité et de protection sociale, tout en soutenant les revenus des agriculteurs et en aidant les entreprises européennes à conquérir de nouveaux marchés. À l’heure où les incertitudes géopolitiques s’intensifient, où les relations commerciales évoluent et où la course à l’ouverture de nouvelles opportunités d’exportation s’accélère, cette politique est plus stratégique que jamais. »

Farm Europe et Eat Europe soulignent que la politique de promotion génère une valeur économique concrète en soutenant les régimes de qualité, les indications géographiques et la compétitivité internationale de l’agriculture européenne. Elle constitue également un instrument essentiel pour faire reconnaître, auprès des consommateurs du monde entier, la valeur ajoutée des produits européens ainsi que les normes qui les sous-tendent.

« Plus préoccupante encore que l’ampleur de cette réduction est le fait que la politique de promotion soit régulièrement considérée comme une politique « jetable ». Une année, son budget est augmenté ; l’année suivante, il est drastiquement réduit, tandis que les ressources sont déplacées d’une ligne budgétaire à une autre, au détriment de la prévisibilité dont les agriculteurs et les entreprises agroalimentaires ont besoin », a déclaré Luigi Scordamaglia, Président d’Eat Europe. « Cela donne l’impression que la Commission retire des moyens d’une main pour en restituer une partie de l’autre, sans véritable renforcement de la politique de promotion. Une telle approche fragilise la confiance des entreprises et des États membres et rend toute planification à long terme pratiquement impossible. »

Farm Europe et Eat Europe appellent la Commission européenne à tenir compte du message clair envoyé par les États membres et à rétablir un budget de promotion à la hauteur de l’importance stratégique de cette politique. Si l’Union européenne souhaite réellement renforcer son secteur agricole et accroître sa présence sur les marchés mondiaux, ses ambitions politiques doivent être soutenues par des ressources financières stables et suffisantes.

Objection sur le soja : la politique européenne en matière de biocarburants doit reposer sur des critères de durabilité fondés sur les faits et adaptés aux réalités régionales

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui, par 388 voix pour, 248 contre et 24 abstentions, l’objection à l’acte délégué qui aurait classé le soja parmi les matières premières présentant un risque élevé de changement indirect dans l’affectation des sols (ILUC) et supprimé progressivement sa contribution aux objectifs européens en matière d’énergies renouvelables d’ici à 2030.

Farm Europe salue ce vote, qui ne doit pas être interprété comme un recul de l’engagement de l’Union dans la lutte contre la déforestation, mais comme une opportunité d’améliorer l’approche européenne en matière de biocarburants. Le Parlement a rejeté aujourd’hui une méthodologie qui aurait appliqué un principe général d’exclusion au soja, sans différencier le niveau réel de risque selon les diverses situations régionales et sans reconnaître la contribution importante du soja cultivé dans l’Union européenne aux enjeux de souveraineté alimentaire et protéique de l’Union.

Farm Europe soutient pleinement la suppression progressive des matières premières fortement liées à la déforestation, en particulier l’huile de palme. Toutefois, en Europe, le soja est une culture à usages multiples, dont l’ensemble des débouchés est essentiel à sa viabilité économique. Au sein des bioraffineries européennes, la complémentarité entre les biocarburants, l’alimentation humaine et l’alimentation animale doit être pleinement reconnue, en particulier dans le contexte de la stratégie européenne sur les protéines présentée par la Commission européenne le 7 juillet. Exclure le soja du marché des biocarburants aurait davantage fragilisé le modèle économique de sa production dans l’Union, précisément au moment où celle-ci cherche à renforcer, et non à affaiblir, son autonomie protéique et sa résilience stratégique.

Farm Europe appelle désormais la Commission européenne à présenter rapidement un acte délégué révisé qui maintienne la suppression progressive des matières premières pour lesquelles une expansion significative vers des terres à fort stock de carbone est constatée, tout en introduisant une évaluation robuste, fondée sur la science et différenciée selon l’origine des productions. Étant donné que le soja est couvert par le règlement européen sur la déforestation (EUDR), le système de classification des pays prévu par ce règlement constitue une base immédiatement opérationnelle : le soja provenant de pays classés à faible risque de déforestation — y compris le soja cultivé dans l’Union européenne dans le respect des normes européennes exigeantes en matière d’environnement, de climat et de biodiversité, et contribuant à la diversification des rotations ainsi qu’à la fertilité des sols — devrait rester éligible au titre des exigences de durabilité de la directive sur les énergies renouvelables (RED).

Farm Europe réitère également son appel à la création d’une catégorie de « Biocarburants durables », garantis sans déforestation et conformes à la politique agricole commune (PAC), afin de reconnaître les spécificités des biocarburants issus de cultures destinées à l’alimentation humaine et animale qui respectent les exigences de durabilité prévues par la PAC, en particulier les règles de conditionnalité.

Plan Protéines : la Commission européenne reconnaît le rôle stratégique des biocarburants européens issus des cultures

L’adoption aujourd’hui par la Commission européenne du Plan européen pour les protéines, un plan visant à renforcer la résilience, l’autonomie stratégique et la durabilité du système protéique de l’Union européenne, adopté conjointement avec la Stratégie européenne pour l’élevage, constitue une avancée positive. Farm Europe se félicite tout particulièrement de la reconnaissance, longtemps attendue, par la Commission européenne du rôle des biocarburants « Made in Europe » comme levier stratégique majeur tant pour les protéines que pour l’énergie, deux chaînes de valeur étroitement interconnectées.

Le plan marque une reconnaissance attendue de longue date du fait que la dépendance de l’Union aux importations d’aliments riches en protéines ne constitue pas seulement un enjeu agricole, mais également une vulnérabilité stratégique. En 2025, seuls 25,8 % des protéines issues des oléagineux et des cultures protéiques utilisées dans l’alimentation animale au sein de l’UE provenaient de la production européenne, exposant ainsi les chaînes d’approvisionnement aux chocs géopolitiques et aux fluctuations des marchés. Dans ce contexte, le plan fixe comme référence un objectif de 35 % d’aliments riches en protéines produits dans l’UE d’ici 2035. Il s’articule autour de trois piliers : développer une offre durable de protéines produites dans l’Union, renforcer la résilience, la compétitivité et la préparation de l’ensemble du système protéique européen, et consolider les chaînes de valeur en stimulant la demande ainsi qu’en favorisant les solutions locales et les circuits courts.

L’approche qui sous-tend ce plan mérite également d’être saluée : une approche fondée sur les incitations, offrant aux agriculteurs des perspectives économiques viables pour produire des protéines en Europe. Toutefois, des propositions concrètes devront être présentées afin de réellement stimuler les chaînes de valeur à forte valeur ajoutée dans le domaine des protéines, ainsi que de développer un véritable modèle économique pour l’agriculture carbone.

Dans ce contexte, Farm Europe souligne que le plafonnement de l’utilisation des cultures alimentaires et fourragères européennes pour la production de biocarburants limite la capacité à développer des chaînes de valeur à double finalité – alimentaire et non alimentaire. Porter la part des biocarburants produits localement à 10 % offrirait non seulement de nouvelles opportunités de marché aux agriculteurs, mais permettrait également de réduire les émissions du secteur des transports de plus de 80 millions de tonnes par an, tout en produisant 50 millions de tonnes de coproduits protéiques à forte valeur ajoutée, couvrant ainsi 75 % des besoins européens en protéines pures (contre 25 % aujourd’hui).

Contexte

Une stratégie protéique attendue de longue date, ouvrant la voie à une nouvelle dynamique d’investissements

1) DÉVELOPPER L’OFFRE EUROPÉENNE EN PROTÉINES

Le plan place les incitations aux agriculteurs au cœur de la transition. Il encourage les États membres à mobiliser les aides couplées au revenu, les mesures agroenvironnementales et climatiques ainsi que les nouveaux paiements de transition proposés dans le cadre de la future PAC, conçus comme des instruments de réduction des risques couvrant les coûts d’investissement et d’adaptation liés à l’introduction des cultures protéiques dans les rotations. Farm Europe salue également la création d’un secteur spécifique dédié aux cultures protéiques dans la PAC après 2027, avec la reconnaissance obligatoire des organisations de producteurs et des organisations interprofessionnelles, ainsi que des interventions sectorielles soutenant les investissements, l’innovation, la commercialisation, le stockage et la gestion des risques. Plus de 190 millions d’euros ayant déjà été investis dans la recherche et l’innovation sur les cultures protéiques, un renforcement du transfert de connaissances et des services de conseil sera essentiel pour transformer ces investissements en résultats concrets sur le terrain.

L’accent mis sur les légumineuses dans les rotations, qui réduisent les besoins en engrais et les émissions de gaz à effet de serre grâce à la fixation de l’azote, garantit la cohérence avec le Plan d’action sur les engrais. Il est tout aussi positif que le rôle des prairies soit reconnu, celles-ci contribuant au stockage du carbone, à la réduction de la dépendance aux aliments importés et à la lutte contre l’abandon des terres, qui constitue un risque structurel croissant pour l’agriculture européenne. L’élaboration d’une méthodologie de certification dans le cadre du règlement sur les absorptions de carbone et l’agriculture carbone (CRCF), couvrant les pratiques permettant de réduire les émissions de N₂O grâce à l’utilisation de légumineuses, devrait enfin ouvrir l’accès aux incitations carbone pour les producteurs de cultures protéiques.

2) ÉCONOMIE CIRCULAIRE ET BIOCARBURANTS

Le plan reconnaît que les coproduits issus de la transformation des cultures représentent environ 34 % des apports protéiques du cheptel européen, et que les seuls coproduits issus des usages énergétiques européens représentent 47,2 % de l’ensemble des tourteaux d’oléagineux utilisés dans l’Union. Il s’agit d’une reconnaissance décisive d’une réalité que Farm Europe met en avant depuis longtemps : la production européenne de biocarburants et l’autonomie protéique vont de pair, puisque la transformation des oléagineux produits dans l’Union fournit simultanément une énergie d’origine européenne et des protéines de haute qualité pour l’alimentation animale, au sein de bioraffineries intégrées implantées dans les territoires ruraux.

La révision de la directive sur les énergies renouvelables devra évaluer les moyens d’accroître la production de biocarburants durables d’origine européenne, de cultures protéiques et de matières premières agricoles. Farm Europe appelle la Commission à traduire cet engagement dans un cadre stable et ambitieux pour l’après-2030 en faveur des biocarburants issus des cultures et des bioraffineries intégrées, qui demeurent le levier le plus immédiat pour réduire simultanément les dépendances européennes en matière de protéines et d’énergie. Le futur paquet législatif « omnibus » consacré à l’énergie devrait également être l’occasion de renforcer le potentiel de ces chaînes de valeur sans attendre 2030.

3) RÉSILIENCE DES CHAÎNES D’APPROVISIONNEMENT : PRODUIRE D’ABORD, DIVERSIFIER ENSUITE

Le constat lucide du plan concernant la dépendance quasi totale de l’Union aux importations de vitamines et d’acides aminés, fortement concentrées en Asie de l’Est, appelle une réponse rapide. L’étude annoncée sur ces dépendances, l’exploration des possibilités offertes par le futur Fonds européen pour la compétitivité afin de soutenir les capacités européennes de production d’additifs pour l’alimentation animale, la poursuite de la simplification des règles applicables aux additifs dans le cadre du paquet « Food and Feed Omnibus », ainsi que l’attention accordée à la transparence des marchés, au stockage stratégique et aux achats conjoints dans le cadre du mécanisme européen de préparation et de réponse aux crises de sécurité alimentaire, vont dans la bonne direction.

En matière commerciale, le plan indique clairement que l’objectif n’est pas de remplacer une dépendance par une autre, mais de réduire la dépendance globale tout en diversifiant les sources d’approvisionnement. Cette logique doit se traduire par une hiérarchie claire : la production européenne d’abord, la diversification ensuite. L’Ukraine est identifiée comme principal partenaire pour cette diversification, ayant doublé sa production de cultures riches en protéines ces dernières années. À l’inverse, renforcer la dépendance vis-à-vis des fournisseurs du Mercosur ne saurait constituer une réponse à une vulnérabilité stratégique que le plan lui-même reconnaît.

Nous saluons également l’engagement visant à mieux aligner les normes de production applicables aux produits importés, conformément au principe de réciprocité, ainsi que la reconnaissance par le plan du fait que l’Union européenne figure parmi les producteurs mondiaux les plus performants de protéines animales en matière d’émissions de gaz à effet de serre par unité produite. Une réduction de la production animale européenne entraînerait essentiellement un transfert de la consommation, et donc des émissions, vers des importations plus intensives en carbone.

4) STIMULER LA DEMANDE ET PRÉFÉRENCE EUROPÉENNE

Du côté de la demande, le plan prévoit le recours à l’étiquetage de l’origine via les normes de commercialisation applicables aux cultures protéiques, l’intégration des légumineuses dans la future campagne « Buy European », des marchés publics fondés sur une approche du « meilleur rapport qualité-prix » valorisant les efforts en matière de qualité et de durabilité, ainsi que des actions éducatives dans le cadre du programme européen de distribution de denrées alimentaires dans les écoles. Farm Europe se félicite tout particulièrement de l’émergence d’une véritable dimension de préférence européenne, dont l’absence avait été regrettée dans la Stratégie pour l’élevage. L’engagement de développer des labels volontaires ou des mentions de qualité facultatives certifiant que les produits d’origine animale sont élaborés exclusivement à partir d’aliments pour animaux d’origine européenne, nationale, régionale ou locale contribuera également à mieux valoriser les filières d’alimentation animale locales.

5) GOUVERNANCE ET MOYENS

La crédibilité du plan dépendra en définitive de sa mise en œuvre. L’objectif de 35 % constitue un repère plutôt qu’un objectif juridiquement contraignant, et le plan n’est pas accompagné d’un programme budgétaire spécifique. Il repose sur la mobilisation des instruments existants et futurs, notamment la PAC après 2027, les Plans nationaux et régionaux de partenariat et le Fonds européen pour la compétitivité, complétés par des partenariats public-privé avec les institutions financières. Les progrès seront suivis au moyen de dialogues annuels sur les protéines avec les États membres ainsi que par l’observatoire des marchés des céréales, des oléagineux et des cultures protéiques. Farm Europe regrette que le niveau d’ambition affiché ne s’accompagne pas de mécanismes de mise en œuvre tout aussi solides, et appelle les États membres à utiliser pleinement les outils disponibles, ainsi que la Commission à veiller à ce que ces dialogues sur les protéines se traduisent par des progrès mesurables sur le terrain. Les négociations sur le prochain cadre financier pluriannuel constitueront le premier véritable test de cette ambition collective.