Plan d’action sur les engrais : urgence de clarifier les ambitions et le soutien concret

Aujourd’hui, la Commission européenne a présenté son très attendu Plan d’action sur les engrais. Farm Europe salue la reconnaissance par la Commission européenne de l’ampleur du défi et de la nécessité d’agir de toute urgence. Toutefois, des éléments pratiques essentiels manquent afin d’envoyer un signal fort aux agriculteurs et à l’industrie, notamment concernant le niveau du soutien d’urgence le plus nécessaire via la réserve de crise, ainsi que des orientations politiques concrètes en amont des révisions du SEQE, en ce qui concerne la trajectoire des quotas gratuits et du MACF appliqués aux engrais.

L’engagement visant à créer des passerelles entre le CRCF et les revenus du SEQE constitue une avancée dans la bonne direction afin de créer un véritable modèle économique pour les réductions d’émissions via des incitations destinées aux agriculteurs, sans que l’agriculture ne soit couverte par le SEQE. Cependant, cet engagement devrait être accompagné de mesures plus fortes à court terme afin de surmonter la crise actuelle.

L’intention de garantir une cohérence politique entre le plan d’action sur les engrais et la future stratégie sur l’élevage constitue également une orientation positive du plan d’action. À cet égard, la volonté de promouvoir le transfert de nutriments des régions d’élevage présentant des excédents structurels vers des régions ayant des besoins en nutriments au sein du marché unique est une avancée positive. La volonté de libérer le potentiel du digestat via une extension du règlement RENURE, de stimuler la production de biométhane, de favoriser les engrais biosourcés et d’ouvrir davantage la voie à l’innovation renforçant la circularité sont également des pas dans la bonne direction.

En termes pratiques, la politique européenne devrait se concentrer sur « l’efficacité », en s’éloignant des réglementations qui découragent la production ou encouragent même les réductions. La possibilité offerte aux États membres de rouvrir leur plan stratégique de la PAC en mettant l’accent sur l’efficacité constitue un signal positif, brouillé toutefois par le mélange entre de nouveaux éco-régimes potentiels et les mesures agro-environnementales, alors qu’il conviendrait au contraire d’encourager la complémentarité entre ces interventions, en clarifiant le périmètre de la révision des plans stratégiques nationaux.

Ces avancées du plan d’action à moyen et long terme doivent être accompagnées de toute urgence par des mesures de soutien à court terme afin d’assurer la continuité des systèmes alimentaires européens face à un choc majeur depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, aggravé par le blocage du détroit d’Ormuz. Les agriculteurs européens font face à une situation de plus en plus intenable, déjà visible à travers les pertes de terres agricoles partout en Europe.

Avec des prix des engrais azotés toujours supérieurs de 70 % aux niveaux de 2024 en avril 2026, les agriculteurs européens réduisent déjà les surfaces cultivées et se détournent de certaines cultures, notamment le blé. La réserve agricole d’urgence de la Commission reste indéfinie tant en termes de montant que de critères d’éligibilité. La seule mesure pleinement opérationnelle à court terme — le cadre temporaire d’aides d’État adopté le 29 avril — repose sur les États membres. Cela ne suffit pas. Les agriculteurs doivent savoir dès aujourd’hui sur quel soutien ils pourront compter avant la prochaine saison des semis.

Appel à la Commission européenne pour garantir la conformité aux règles relatives aux OGM et la transparence du marché avant l’accord UE–Mercosur

Farm Europe and Eat Europe have addressed a letter to the European Commission raising concerns regarding the import of genetically modified (GM) cane sugar from Brazil and the implications for compliance with EU legislation, traceability standards, and market transparency after the recent provisional entry into force of the EU–Mercosur Agreement.

Brazil, the world’s largest producer and exporter of sugar, authorises and cultivates genetically modified sugar cane varieties alongside conventional ones. However, according to available information, no effective segregation between GM and non-GM sugar cane is carried out during processing, raising concerns that raw sugar exported to the European Union may derive from mixed production streams.

Over the past five years, EU Member States have imported approximately 3.6 million tonnes of sugar from Brazil, including more than 750,000 tonnes in the last year alone. These volumes are expected to rise further under the EU–Mercosur Agreement, which introduces a new annual duty-free quota of 180,000 tonnes of sugar.

Under EU legislation, food and feed consisting of, containing, or produced from genetically modified organisms must be authorised before being placed on the EU market. While certain genetically modified sugar beet varieties are authorised in the Union for import and processing, no genetically modified sugar cane varieties appear to be currently authorised under the EU GMO framework for food and feed uses.

In their letter, Eat Europe and Farm Europe warn that the inability to reliably distinguish between GM and non-GM sugar imports raises significant concerns regarding regulatory compliance, traceability, consumer transparency, food safety, and environmental protection.

The organisations are calling on the European Commission to clarify which measures are currently in place — or are envisaged — to ensure that sugar imported into the EU complies with existing GMO legislation and that adequate traceability and control are guaranteed throughout the supply chain. Eat Europe and Farm Europe emphasise that, in the context of bilateral relations with Brazil and the implementation phase of the EU–Mercosur Agreement, efforts should be made to ensure effective segregation between GM and non-GM sugar production streams in order to prevent non-compliant products from entering the European market.

The letter also requests further information on the implementation of the monitoring mechanisms established under Regulation (EU) 2026/687 concerning safeguard clauses within the EU–Mercosur framework. In particular, Eat Europe and Farm Europe seek clarification regarding the tools and data sources the Commission intends to rely on to monitor import volumes, price developments, and market dynamics for sensitive agricultural sectors such as sugar, meat products, and rice.

The organisations underline that effective and timely monitoring of trade flows is essential not only for the possible activation of safeguard measures, but also for ensuring compliance with EU regulatory requirements related to genetically modified organisms and traceability.

Eat Europe and Farm Europe also stress the importance of transparency for market operators and stakeholders, calling for accessible monitoring instruments such as dedicated dashboards or reporting mechanisms allowing up-to-date tracking of relevant market developments.

La commission AGRI appelle à garantir un financement pour l’agriculture au sein du Fonds européen pour la compétitivité

Farm Europe se félicite chaleureusement de l’adoption aujourd’hui par la commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen (COMAGRI) du projet d’avis du député européen Carlo Fidanza sur le Fonds européen pour la compétitivité (FEC).

Le FEC constitue une source essentielle de financements supplémentaires, en dehors de la politique agricole commune (PAC), pour contribuer à la transition vers des systèmes alimentaires plus efficaces. Il est donc indispensable de mentionner explicitement l’agriculture, la sécurité alimentaire et les chaînes de valeur agroalimentaires au sein du FEC. L’affectation des fonds doit être contraignante, transparente, prévisible et clairement ouverte aux agriculteurs.

Le projet d’avis identifie le Fonds pour la compétitivité comme un instrument clé pour financer des projets d’intérêt européen de grande envergure qui dépassent les capacités des États membres pris individuellement. Ces investissements sont considérés comme essentiels pour renforcer la résilience du système agroalimentaire de l’UE, notamment face aux pressions croissantes d’ordre climatique, économique et géopolitique.

Dans un contexte d’instabilité géopolitique croissante, la commission souligne que le contrôle des ressources alimentaires constitue un élément clé de la résilience économique et contribue à la capacité globale de sécurité et de défense de l’UE. L’allocation d’un budget au sein du FEC pour des capacités de stockage stratégique des produits agricoles et des intrants clés est donc essentielle.

Farm Europe souligne la nécessité, telle qu’énoncée dans l’avis, d’un soutien dédié du FEC à l’innovation et à l’eau dans le secteur agricole, notamment aux investissements en matière de résilience hydrique (efficacité de l’irrigation, stockage de l’eau, gestion durable des ressources hydriques pour l’agriculture) et de numérisation (agriculture de précision, services numériques, outils d’aide à la décision et infrastructures de données). De tels investissements sont jugés essentiels pour maintenir la production agricole et préserver l’excellence agroalimentaire européenne.

Nous appelons désormais le Parlement européen à confirmer ce signal positif en séance plénière. Un soutien fort offrira des perspectives claires et positives pour l’ensemble du secteur agroalimentaire.

Farm Europe salue le soutien du Parlement à un avenir rentable et durable du secteur de l’élevage de l’UE 

Farm Europe salue chaleureusement l’adoption aujourd’hui par le Parlement européen du rapport de l’eurodéputé Carlo Fidanza sur « Comment garantir un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE à la lumière de la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire, la résilience des agriculteurs et les défis posés par les maladies animales ? ».

Ce vote représente une avancée significative dans la promotion d’un secteur de l’élevage de l’UE résilient, compétitif, durable et diversifié.

Farm Europe souligne en particulier l’appel du rapport à replacer la production au cœur de l’orientation des politiques, en tenant compte de la diversité de nos modèles et de l’ambition de maintenir la production sur l’ensemble du territoire de l’UE, en considérant également la contribution de l’élevage à l’environnement et à l’économie rurale. L’accent mis sur la performance, à travers une optimisation complète des bénéfices positifs de l’élevage, ainsi que sur les investissements pour préparer l’avenir, devrait également constituer une orientation politique centrale dans la future stratégie européenne pour l’élevage.

Le déclin de la production et la décapitalisation ne sont pas irréversibles ; ces tendances doivent au contraire être inversées. Le secteur doit être reconnu pour son rôle dans la fourniture d’une alimentation saine et équilibrée, ainsi que pour ses contributions environnementales, notamment la gestion des prairies, tout en étant soutenu dans la réduction de ses émissions grâce à des investissements ciblés dans la génétique, la nutrition, les infrastructures, et la valorisation des effluents pour la production de biogaz et de biofertilisants.

Ce fort soutien du Parlement européen établit une base solide pour la stratégie sur l’élevage que la Commission européenne doit présenter le 7 juillet 2026.

L’UE doit lever les obstacles économiques et réglementaires afin de relancer l’investissement dans l’élevage, à travers un plan global permettant une modernisation à grande échelle du secteur, la mise en œuvre d’une véritable stratégie de décarbonation, la promotion de l’amélioration génétique et l’encouragement d’initiatives de qualité répondant aux attentes des consommateurs.

Budget Européen 2028-2034 : un appel du Parlement Européen à la responsabilité et la cohérence

Le parlement européen a adopté ce jour sa position sur les propositions de budget européen pour la période 2028-2034.

Partant du constat que la sécurité alimentaire est une composante vitale de l’autonomie stratégique de l’Union Européenne, que le secteur agricole est particulièrement vulnérable face aux chocs économiques, que la transition de l’économie européenne vers une économie carbone neutre ne pourra se faire sans plus d’agriculture, le parlement européen fait preuve d’une responsabilité politique en s’opposant au traitement de l’agriculture tel qu’envisagé par la commission européenne dans son projet présenté en juillet 2025. 

Il appelle à une véritable cohérence politique entre l’impératif de souveraineté européenne tant alimentaire, énergétique qu’en matière de bioéconomie – qui nécessite une agriculture européenne plus forte- et les défis d’accroissement de la productivité, de hausse des coûts de production, de niveau de vie des agriculteurs européens, de nourriture de qualité et abordable pour tous les européens, de vitalité des zones rurales et de renouvellement des générations et de gestion des crises tant climatiques, économiques que géopolitiques. 

Dans ce contexte, Farm Europe salue la demande du parlement européen d’une PAC forte, autonome et dotée d’un budget maintenu en valeur économique, soit 433 milliards d’euros à dédier à l’agriculture européenne pour la période 2028-234. Seule une politique européenne agricole correctement dotée, véritablement commune et ayant comme priorité l’accroissement durable de la production agricole européenne permettra à l’Europe de demeurer une puissance mondiale de premier ordre, souveraine et maître de son avenir. 

Farm Europe félicite les rapporteurs du parlement européen, notamment MEP Siegfried Muresan, ainsi que les rapporteurs de commissions parlementaires, en particulier MEP Stefano Bonaccini pour la Comagri, pour le travail sérieux et responsable conduit dans l’intérêt de l’Europe et des européens.

Eat Europe et Farm Europe appellent les députés européens à renforcer le mécanisme de sauvegarde pour le riz avant un vote décisif

Eat Europe et Farm Europe appellent les membres du Parlement européen à soutenir des amendements cruciaux à la révision du Système de préférences généralisées (SPG) avant le vote en séance plénière du 28 avril, avertissant que le mécanisme de sauvegarde proposé pour le secteur rizicole de l’UE risque d’être inefficace dans sa forme actuelle.

Bien que la réforme introduise une clause de sauvegarde automatique importante visant à anticiper et gérer les crises de marché, les deux organisations avertissent, dans une lettre adressée à l’ensemble des députés européens, que des seuils d’activation excessivement élevés pourraient fortement limiter son utilité et laisser les producteurs européens de riz exposés à des chocs de marché évitables.

Au cœur des préoccupations figure le seuil d’augmentation de 45 % requis pour déclencher le mécanisme de sauvegarde. Comme déjà souligné à l’issue des négociations en trilogue, Eat Europe et Farm Europe estiment que ce niveau est déconnecté des réalités du marché et empêcherait une intervention en temps utile dans des situations où une action précoce est essentielle pour éviter des dommages structurels au secteur.

« Un mécanisme de sauvegarde automatique doit être opérationnel, et non théorique », déclarent les organisations. « Si les seuils sont fixés trop haut, l’instrument échouera précisément au moment où il est le plus nécessaire. »

Les organisations appellent les législateurs à soutenir une réduction du seuil de déclenchement à 20 %, qu’elles qualifient d’ajustement ciblé, proportionné et techniquement réalisable. Elles soulignent qu’une telle modification ne rouvrirait pas ni ne remettrait en cause l’accord global issu du trilogue, mais garantirait plutôt son efficacité concrète.

Elles mettent également en avant des préoccupations techniques non résolues liées à la méthodologie de calcul, notamment l’utilisation d’un système de référence basé sur une moyenne mobile, qui reste insuffisamment réactif aux fluctuations rapides du marché.

Selon Eat Europe et Farm Europe, l’amélioration du mécanisme de sauvegarde pour le riz établirait également un précédent important pour d’autres secteurs agricoles vulnérables de l’UE, tels que le sucre et l’éthanol, confrontés à une exposition similaire à la volatilité des marchés mondiaux.

« Il ne s’agit pas de rouvrir les négociations », poursuit le communiqué. « Il s’agit de garantir qu’un outil de prévention des crises fonctionne en pratique et assure une protection réelle aux producteurs européens. »

Les organisations appellent donc les membres du Parlement européen à soutenir les amendements proposés, soulignant qu’une absence d’action pourrait exposer le secteur rizicole de l’UE à des dommages économiques graves et potentiellement irréversibles.

La reconnaissance des biocarburants et de la bioénergie par AccelerateEU constitue un progrès, mais un suivi concret est nécessaire

Aujourd’hui, la Commission européenne a publié sa communication sur l’Union de l’énergie AccelerateEU, définissant un plan d’action visant à faire face à la crise des prix de l’énergie, notamment déclenchée par la fermeture du détroit d’Ormuz en raison du conflit en cours en Iran. Farm Europe se félicite de plusieurs éléments clés de cette communication ayant un impact direct sur les agriculteurs européens, les producteurs de bioénergie et de biocarburants, ainsi que sur l’industrie des engrais, tout en appelant la Commission à traduire ces engagements en actions politiques concrètes et durables.

Farm Europe salue en particulier l’engagement de la Commission européenne à cartographier les capacités de raffinage existantes dans l’UE et à travailler sur des mesures visant à accroître la production domestique de biocarburants durables d’ici mai 2026. À un moment où la flambée des prix des carburants affecte fortement les agriculteurs et les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires, le renforcement de la production locale de biocarburants durables constitue à la fois une mesure de soulagement à court terme et un investissement stratégique à long terme. La production européenne de biomasse peut et doit jouer un rôle clé dans la réduction de notre dépendance aux combustibles fossiles importés, et cette reconnaissance par la Commission envoie un signal important.

Dans ce contexte, la reconnaissance dans la communication du rôle stratégique crucial du biogaz et du biométhane pour remplacer les combustibles fossiles importés, en particulier dans les secteurs où l’électrification reste difficile, est vivement saluée. Le fait de reconnaître que les projets de biométhane à la ferme et en coopérative peuvent réduire la dépendance aux énergies fossiles tout en générant des revenus supplémentaires pour les agriculteurs et en créant de la valeur locale en milieu rural souligne le caractère gagnant-gagnant des chaînes de valeur de la bioénergie, des agriculteurs aux bioraffineries.

Cependant, les bonnes intentions ne doivent pas rester lettre morte. Pour que le secteur se développe à l’échelle et au rythme nécessaires, l’UE doit répondre à trois exigences : un cadre réglementaire stable et favorable, qui élimine la bureaucratie et les restrictions injustifiées pesant sur l’utilisation des biocarburants issus de cultures ; un environnement d’investissement à long terme offrant aux agriculteurs et à l’industrie la visibilité nécessaire pour s’engager ; et une demande stable et garantie à long terme pour la bioénergie.

Farm Europe souligne également l’engagement de l’exécutif à cartographier les alternatives aux matières premières fossiles utilisées pour les engrais et à promouvoir des solutions circulaires biosourcées. Le couplage de la production de biométhane avec la récupération de nutriments recyclés constitue un exemple emblématique de la manière dont l’agriculture peut contribuer simultanément à la sécurité énergétique et à la réduction des dépendances dangereuses vis-à-vis des engrais importés.

Dans l’ensemble, cette communication représente une avancée réelle et encourageante, traduisant un changement significatif dans l’approche de la Commission quant au rôle des biocarburants et de la bioénergie dans la transition énergétique de l’UE. Trop longtemps, ces secteurs ont été sous-évalués dans la politique énergétique européenne. La communication d’aujourd’hui commence à corriger cette situation. Toutefois, elle doit constituer un point de départ et non une finalité. 

NTG : Farm Europe et Eat Europe saluent l’approbation du Conseil en première lecture et appellent le Parlement européen à clôturer le dossier sans délai

Farm Europe et Eat Europe saluent chaleureusement l’adoption aujourd’hui par le Conseil de son orientation en première lecture sur les nouvelles techniques génomiques (NTG), ouvrant la voie à leur adoption finale par le Parlement.

« Les NTG sont indispensables et les agriculteurs sont prêts à exploiter pleinement leur potentiel. Nous ne pouvons pas nous permettre de nouveaux retards ou reculs, aux conséquences incalculables tant pour la durabilité environnementale et économique que pour la compétitivité des agriculteurs européens sur le marché mondial », a commenté Farm Europe.

L’adoption par le Conseil de sa position formelle envoie un signal important aux agriculteurs et aux consommateurs européens. Elle place désormais une responsabilité claire sur le Parlement européen afin d’avancer rapidement. Sans adoption rapide, les agriculteurs resteront privés des outils nécessaires pour renforcer la résilience, la compétitivité et la durabilité du secteur agricole.

Farm Europe et Eat Europe estiment que le compromis trouvé lors des négociations en trilogue représente une étape cruciale vers la mise en place d’un cadre réglementaire européen clair, équilibré et compétitif. Son adoption rapide est essentielle pour permettre enfin le déploiement concret d’innovations devenues indispensables afin de répondre aux défis posés par le changement climatique, la pression croissante des ravageurs et des maladies, la résilience hydrique, ainsi que la réduction progressive des produits de protection des cultures disponibles.

Cet accord offre une opportunité nécessaire tant pour les agriculteurs que pour les consommateurs. Il soutiendra la voie vers une intensification durable, permettant à l’agriculture européenne de produire plus et mieux, tout en posant les bases d’une économie résiliente et de plus en plus neutre en carbone, dans laquelle l’agriculture fait partie de la solution. Toutefois, ces bénéfices ne se concrétiseront que si le Parlement européen adopte sa position en deuxième lecture sans délai.

Bien que cet accord soit nécessairement un compromis, il représente néanmoins une lueur au bout du tunnel après des années durant lesquelles les agriculteurs européens ont été contraints par des choix politiques plaçant trop souvent l’idéologie avant la science, laissant les consommateurs dans l’incertitude quant à la nature réelle de leurs options alimentaires. Pour cette raison, Farm Europe et Eat Europe appellent le Parlement européen à assumer ses responsabilités et à garantir une adoption rapide du texte, afin que les agriculteurs puissent enfin accéder aux outils dont ils ont un besoin urgent.

Eat Europe et Farm Europe : « La rigueur scientifique est essentielle dans le débat sur l’alcool et les maladies cardiovasculaires »

Dans le cadre des discussions sur le Plan de l’UE pour la santé cardiovasculaire, et du débat en cours au Parlement européen sur l’initiative non législative (INI) relative aux maladies cardiovasculaires, Eat Europe et Farm Europe ont adressé une lettre à l’ensemble des membres de la commission de la santé publique du Parlement européen, appelant les institutions européennes à traiter la question de la consommation d’alcool avec une approche sérieuse et équilibrée, solidement fondée sur des données scientifiques.

La prévention des maladies cardiovasculaires constitue une priorité de santé publique, tout comme il est essentiel de lutter de manière déterminée contre l’abus d’alcool, l’un des facteurs de risque les plus importants. Les deux organisations soulignent l’importance de distinguer clairement entre abus et consommation modérée, en évitant les simplifications excessives susceptibles de compromettre l’efficacité des politiques proposées.

Parler de manière générale de « consommation d’alcool » peut être trompeur. La littérature scientifique montre que les effets sur la santé dépendent de multiples facteurs, notamment le type de boisson, les modes et le contexte de consommation, ainsi que le mode de vie global. En particulier, le vin n’est pas simplement une solution d’éthanol, mais un phytocomplexe caractérisé par une matrice de composants – notamment des polyphénols, des anthocyanes, du resvératrol et d’autres composés bioactifs – qui peuvent contribuer à moduler ses effets globaux sur l’organisme.

Des études récentes suggèrent également qu’une consommation modérée de vin, dans le cadre d’un régime alimentaire et d’un mode de vie équilibrés, pourrait être associée à des effets bénéfiques sur le système cardiovasculaire. Ces résultats ne devraient pas être écartés comme de simples « idées reçues » ni stigmatisés dans le débat public.

Dans ce contexte, Eat Europe et Farm Europe expriment leur préoccupation face à des approches qui négligent une part significative des données scientifiques au profit de stratégies uniformes et non différenciées. Des politiques fondées uniquement sur des mesures restrictives risquent d’être non seulement inefficaces, mais aussi contre-productives. En particulier, l’hypothèse d’une augmentation généralisée de la fiscalité ne semble pas produire de résultats concrets en matière de santé publique et pourrait au contraire encourager un report vers des produits de moindre qualité.

Dans le même temps, les organisations reconnaissent que les initiatives d’information en cours – y compris les outils d’étiquetage et la communication hors étiquette – contribuent à une meilleure sensibilisation des consommateurs et favorisent des choix plus responsables.

« Dans un domaine aussi sensible, il est essentiel de rester ancré dans les faits plutôt que dans l’idéologie. Distinguer entre consommation modérée et abus est essentiel pour concevoir des politiques à la fois efficaces et crédibles », a déclaré Luigi Scordamaglia, président d’Eat Europe.

« L’Union européenne a l’opportunité d’adopter une approche équilibrée qui reconnaît la complexité scientifique de la question tout en préservant à la fois la santé publique et un secteur agroalimentaire stratégique », a ajouté Yves Madre, président de Farm Europe.

À l’approche du vote sur l’INI prévu début mai, Eat Europe et Farm Europe appellent le Parlement européen à adopter une approche plus équilibrée et fondée sur les données scientifiques — qui distingue les comportements à risque des modes de consommation responsables et reconnaisse la complexité du sujet sans recourir à des narratifs simplistes.

Farm Europe et UCAB lancent un dialogue structuré sur l’avenir de l’agriculture dans une UE élargie

Aujourd’hui, Farm Europe et le Ukrainian Agribusiness Club (UCAB) annoncent le lancement d’un dialogue stratégique ainsi que la signature d’un protocole d’accord formalisant leur coopération, dans le but de définir une trajectoire commune pour l’avenir de l’agriculture européenne et ukrainienne dans le contexte du processus d’élargissement de l’Union européenne. Si cet élargissement offre d’importantes opportunités politiques et géopolitiques, il soulève également des défis structurels majeurs pour les secteurs agricoles de l’UE et de l’Ukraine. Relever ces défis nécessite anticipation, analyse approfondie, renforcement de la compréhension mutuelle et élaboration de solutions convergentes.

Ce dialogue, facilité par Dacian Cioloș, ancien Premier ministre de Roumanie et ancien commissaire européen à l’Agriculture, portera sur la définition d’une trajectoire commune pour l’agriculture et les chaînes de valeur agroalimentaires. Il visera à maximiser les bénéfices de l’intégration pour les deux parties, tout en atténuant les risques potentiels, en élaborant des recommandations conjointes fondées sur une évaluation partagée des défis et des opportunités.

L’initiative se concentrera sur les enjeux stratégiques les plus pressants afin de garantir que l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne renforce la souveraineté alimentaire de l’Europe et consolide le rôle des agriculteurs dans la transition vers une économie climatiquement neutre, notamment à travers le développement de la bioéconomie.

Les principaux axes de travail incluront :

  • la définition d’une trajectoire commune vers la performance économique et environnementale, tant pour les systèmes de cultures que pour les systèmes d’élevage ;
  • la dimension socio-économique de l’agriculture, en particulier dans les zones confrontées à l’exode rural ;
  • les transitions numérique et climatique dans l’agriculture ;
  • ainsi qu’une évaluation de la résilience des systèmes agroalimentaires de l’UE et de l’Ukraine, y compris les enseignements tirés des conditions de guerre.

À travers ce dialogue structuré, Farm Europe et l’UCAB entendent contribuer à une vision prospective, cohérente et équilibrée de l’agriculture dans une Union européenne élargie.

Dacian Cioloș (facilitateur du dialogue)
« L’élargissement de l’Union européenne à l’Ukraine n’est pas seulement une décision géopolitique — c’est une transformation de notre modèle agricole. L’agriculture est une composante majeure de l’autonomie stratégique ; ce chapitre ne peut se limiter à une négociation technocratique et administrative. Il doit pleinement s’inscrire dans un dialogue politique où les parties prenantes débattent et proposent des pistes aux décideurs. Je me félicite donc de cette initiative commune et serai ravi d’en superviser le processus et d’en assurer la facilitation. »

Luc Vernet, Secrétaire général de Farm Europe
« Avec cette initiative, nous voulons aller au-delà des débats de court terme et des postures. Nous contribuerons à une réflexion structurée, fondée sur des faits, sur l’avenir de l’agriculture européenne. L’élargissement doit renforcer — et non affaiblir — notre capacité collective à produire, à innover et à garantir la sécurité alimentaire. Cela exige une approche commune, des priorités claires et la volonté d’investir dans l’agriculture de demain. Je remercie l’UCAB pour son engagement dans ce travail constructif avec Farm Europe. »

Oleh Khomenko, Directeur exécutif, UCAB (Ukrainian Agribusiness Club)
« Le secteur agricole ukrainien a démontré sa résilience dans des circonstances extraordinaires. À mesure que nous nous rapprochons de l’Union européenne, il est essentiel de construire une compréhension commune avec nos partenaires européens des défis que nous partageons pour garantir la compétitivité de nos secteurs et assurer la sécurité alimentaire dont l’Europe et le monde ont besoin. Ce dialogue constitue une étape clé pour veiller à ce que l’intégration crée des opportunités pour les agriculteurs des deux côtés et contribue à un système agroalimentaire européen plus fort et plus résilient. L’agriculture étant essentielle à l’économie ukrainienne et compte tenu de son influence à l’échelle mondiale, cela nécessitera une réflexion stratégique au niveau de l’UE, tant avant qu’après le processus d’élargissement. »