Aujourd’hui, la Commission européenne a publié sa communication sur l’Union de l’énergie AccelerateEU, définissant un plan d’action visant à faire face à la crise des prix de l’énergie, notamment déclenchée par la fermeture du détroit d’Ormuz en raison du conflit en cours en Iran. Farm Europe se félicite de plusieurs éléments clés de cette communication ayant un impact direct sur les agriculteurs européens, les producteurs de bioénergie et de biocarburants, ainsi que sur l’industrie des engrais, tout en appelant la Commission à traduire ces engagements en actions politiques concrètes et durables.
Farm Europe salue en particulier l’engagement de la Commission européenne à cartographier les capacités de raffinage existantes dans l’UE et à travailler sur des mesures visant à accroître la production domestique de biocarburants durables d’ici mai 2026. À un moment où la flambée des prix des carburants affecte fortement les agriculteurs et les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires, le renforcement de la production locale de biocarburants durables constitue à la fois une mesure de soulagement à court terme et un investissement stratégique à long terme. La production européenne de biomasse peut et doit jouer un rôle clé dans la réduction de notre dépendance aux combustibles fossiles importés, et cette reconnaissance par la Commission envoie un signal important.
Dans ce contexte, la reconnaissance dans la communication du rôle stratégique crucial du biogaz et du biométhane pour remplacer les combustibles fossiles importés, en particulier dans les secteurs où l’électrification reste difficile, est vivement saluée. Le fait de reconnaître que les projets de biométhane à la ferme et en coopérative peuvent réduire la dépendance aux énergies fossiles tout en générant des revenus supplémentaires pour les agriculteurs et en créant de la valeur locale en milieu rural souligne le caractère gagnant-gagnant des chaînes de valeur de la bioénergie, des agriculteurs aux bioraffineries.
Cependant, les bonnes intentions ne doivent pas rester lettre morte. Pour que le secteur se développe à l’échelle et au rythme nécessaires, l’UE doit répondre à trois exigences : un cadre réglementaire stable et favorable, qui élimine la bureaucratie et les restrictions injustifiées pesant sur l’utilisation des biocarburants issus de cultures ; un environnement d’investissement à long terme offrant aux agriculteurs et à l’industrie la visibilité nécessaire pour s’engager ; et une demande stable et garantie à long terme pour la bioénergie.
Farm Europe souligne également l’engagement de l’exécutif à cartographier les alternatives aux matières premières fossiles utilisées pour les engrais et à promouvoir des solutions circulaires biosourcées. Le couplage de la production de biométhane avec la récupération de nutriments recyclés constitue un exemple emblématique de la manière dont l’agriculture peut contribuer simultanément à la sécurité énergétique et à la réduction des dépendances dangereuses vis-à-vis des engrais importés.
Dans l’ensemble, cette communication représente une avancée réelle et encourageante, traduisant un changement significatif dans l’approche de la Commission quant au rôle des biocarburants et de la bioénergie dans la transition énergétique de l’UE. Trop longtemps, ces secteurs ont été sous-évalués dans la politique énergétique européenne. La communication d’aujourd’hui commence à corriger cette situation. Toutefois, elle doit constituer un point de départ et non une finalité.