Farm Europe et UCAB lancent un dialogue structuré sur l’avenir de l’agriculture dans une UE élargie

Aujourd’hui, Farm Europe et le Ukrainian Agribusiness Club (UCAB) annoncent le lancement d’un dialogue stratégique ainsi que la signature d’un protocole d’accord formalisant leur coopération, dans le but de définir une trajectoire commune pour l’avenir de l’agriculture européenne et ukrainienne dans le contexte du processus d’élargissement de l’Union européenne. Si cet élargissement offre d’importantes opportunités politiques et géopolitiques, il soulève également des défis structurels majeurs pour les secteurs agricoles de l’UE et de l’Ukraine. Relever ces défis nécessite anticipation, analyse approfondie, renforcement de la compréhension mutuelle et élaboration de solutions convergentes.

Ce dialogue, facilité par Dacian Cioloș, ancien Premier ministre de Roumanie et ancien commissaire européen à l’Agriculture, portera sur la définition d’une trajectoire commune pour l’agriculture et les chaînes de valeur agroalimentaires. Il visera à maximiser les bénéfices de l’intégration pour les deux parties, tout en atténuant les risques potentiels, en élaborant des recommandations conjointes fondées sur une évaluation partagée des défis et des opportunités.

L’initiative se concentrera sur les enjeux stratégiques les plus pressants afin de garantir que l’intégration de l’Ukraine dans l’Union européenne renforce la souveraineté alimentaire de l’Europe et consolide le rôle des agriculteurs dans la transition vers une économie climatiquement neutre, notamment à travers le développement de la bioéconomie.

Les principaux axes de travail incluront :

  • la définition d’une trajectoire commune vers la performance économique et environnementale, tant pour les systèmes de cultures que pour les systèmes d’élevage ;
  • la dimension socio-économique de l’agriculture, en particulier dans les zones confrontées à l’exode rural ;
  • les transitions numérique et climatique dans l’agriculture ;
  • ainsi qu’une évaluation de la résilience des systèmes agroalimentaires de l’UE et de l’Ukraine, y compris les enseignements tirés des conditions de guerre.

À travers ce dialogue structuré, Farm Europe et l’UCAB entendent contribuer à une vision prospective, cohérente et équilibrée de l’agriculture dans une Union européenne élargie.

Dacian Cioloș (facilitateur du dialogue)
« L’élargissement de l’Union européenne à l’Ukraine n’est pas seulement une décision géopolitique — c’est une transformation de notre modèle agricole. L’agriculture est une composante majeure de l’autonomie stratégique ; ce chapitre ne peut se limiter à une négociation technocratique et administrative. Il doit pleinement s’inscrire dans un dialogue politique où les parties prenantes débattent et proposent des pistes aux décideurs. Je me félicite donc de cette initiative commune et serai ravi d’en superviser le processus et d’en assurer la facilitation. »

Luc Vernet, Secrétaire général de Farm Europe
« Avec cette initiative, nous voulons aller au-delà des débats de court terme et des postures. Nous contribuerons à une réflexion structurée, fondée sur des faits, sur l’avenir de l’agriculture européenne. L’élargissement doit renforcer — et non affaiblir — notre capacité collective à produire, à innover et à garantir la sécurité alimentaire. Cela exige une approche commune, des priorités claires et la volonté d’investir dans l’agriculture de demain. Je remercie l’UCAB pour son engagement dans ce travail constructif avec Farm Europe. »

Oleh Khomenko, Directeur exécutif, UCAB (Ukrainian Agribusiness Club)
« Le secteur agricole ukrainien a démontré sa résilience dans des circonstances extraordinaires. À mesure que nous nous rapprochons de l’Union européenne, il est essentiel de construire une compréhension commune avec nos partenaires européens des défis que nous partageons pour garantir la compétitivité de nos secteurs et assurer la sécurité alimentaire dont l’Europe et le monde ont besoin. Ce dialogue constitue une étape clé pour veiller à ce que l’intégration crée des opportunités pour les agriculteurs des deux côtés et contribue à un système agroalimentaire européen plus fort et plus résilient. L’agriculture étant essentielle à l’économie ukrainienne et compte tenu de son influence à l’échelle mondiale, cela nécessitera une réflexion stratégique au niveau de l’UE, tant avant qu’après le processus d’élargissement. »

Engrais : mécanisme alternatif de tarification du CO₂ nécessaire pour accompagner les transitions agricoles

En réponse à la crise géopolitique et économique déclenchée par la guerre, la Commission européenne a convoqué en urgence les entreprises du secteur des engrais ainsi que les représentants du secteur agricole afin d’analyser l’impact sur l’agriculture européenne et la production européenne d’engrais. Farm Europe salue cette initiative, qui a mis en évidence la nécessité d’évoluer vers une approche plus intégrée de la chaîne de valeur afin de promouvoir des solutions bas carbone centrées sur les agriculteurs et leur capacité à combiner performance économique et environnementale.

Lors de la réunion, Farm Europe a souligné que la guerre n’a fait qu’exacerber des défis liés aux engrais que les agriculteurs, certains États membres et des députés européens alertent depuis des mois. Ces défis sont structurels et non conjoncturels. Limiter leur explication aux seuls événements au Moyen-Orient reviendrait à faire preuve d’une vision coupablement court-termiste ou d’un refus de s’attaquer aux causes profondes du problème.

Par l’intégration des engrais dans le système d’échange de quotas d’émission (ETS), l’Union européenne a choisi de conduire sa transition verte en augmentant structurellement les prix des engrais pour les agriculteurs européens, parallèlement à une taxe carbone aux frontières destinée à égaliser la tarification du CO₂ entre producteurs européens et importateurs via le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM).

Cependant, un tel cadre fondé sur les coûts, axé sur la verdisation de l’offre plutôt que sur la stimulation de la demande bas carbone, se révèle inefficace : l’Europe perd sa production d’engrais conventionnels (10 millions de tonnes de capacités de production ont été arrêtées ou mises en suspens), sa production agricole avec une réduction de 4 Mha de surfaces céréalières, et, dans le même temps, la transition vers des engrais bas carbone ne se réalise pas dans l’UE, la plupart des projets bas carbone ayant été annulés ou nécessitant des subventions importantes pour survivre.

Alors que la Commission refuse toujours de suspendre le CBAM sur les engrais importés, un véritable changement de paradigme est urgent concernant le modèle de financement de la transition pour la chaîne de valeur engrais-céréales, afin d’établir les conditions d’une chaîne de valeur compétitive, durable et résiliente en Europe.

Pour ce faire, Farm Europe estime que le modèle actuel ETS-CBAM de financement de la transition doit être révisé avant 2030 afin de créer une trajectoire de financement crédible pour la transition agricole vers des chaînes de valeur bas carbone. Le cadre de certification des absorptions de carbone (CRCF) peut être mobilisé pour devenir la pierre angulaire de la décarbonation de la chaîne de valeur, en fournissant de véritables incitations et une tarification équitable du CO₂ tout au long de la chaîne, en combinant les efforts de réduction des émissions liées aux engrais et aux pratiques agricoles, et en permettant aux agriculteurs de vendre leurs crédits carbone sur des marchés régulés.

Aujourd’hui, les systèmes et marchés volontaires de certification carbone ne couvrent pas les coûts de la carbonisation agricole, tandis qu’un alignement avec les niveaux de prix des marchés régulés rendrait les investissements dans les technologies bas carbone viables, à condition que l’UE maintienne une approche technologiquement neutre des engrais bas carbone et privilégie des solutions « Made in EU », compte tenu des risques élevés de contournement liés aux chaînes de valeur vertes mondiales. Dans ce contexte, les obstacles réglementaires aux engrais organiques — y compris le lisier, le digestat issu de la méthanisation et les nutriments organiques transformés — devraient également être levés, et un véritable effet de levier déployé, notamment via le Fonds européen pour la compétitivité, afin de stimuler les investissements.

Soutien à la clause de sauvegarde italienne sur le riz, à étendre à d’autres secteurs agricoles

Dans un contexte de tensions géopolitiques de plus en plus structurelles — de l’invasion de l’Ukraine par la Russie aux conflits au Moyen-Orient — l’Union européenne est appelée à renforcer ses instruments de défense commerciale afin de protéger ses secteurs productifs stratégiques. Dans ce cadre, les mesures de sauvegarde représentent des outils essentiels pour garantir l’équité et la durabilité du commerce mondial.

Eat Europe et Farm Europe saluent et soutiennent l’initiative proposée au Conseil par l’Italie et soutenue par plusieurs pays de l’UE, visant à rendre l’activation des clauses de sauvegarde plus efficace dans le cadre de la révision du règlement SPG. En vue du vote en séance plénière sur l’accord issu du trilogue à la fin de l’année 2025, il est important que les ministres européens de l’Agriculture tirent la sonnette d’alarme. Comme nous l’avons déjà souligné, malgré l’élément positif d’automaticité — crucial pour garantir des réponses rapides aux perturbations des marchés — sans un ajustement des seuils d’activation, ces mécanismes risquent de ne pas produire les effets escomptés.

Pour cette raison, Eat Europe et Farm Europe ont travaillé activement — en collaboration avec des représentants d’agriculteurs d’autres pays producteurs, à commencer par l’Espagne — à proposer une réduction du seuil d’activation à 20 %, afin de rendre la clause plus conforme aux réalités du marché et plus efficace pour protéger les producteurs européens.

Parallèlement, la situation économique actuelle montre que le riz n’est pas le seul secteur nécessitant des outils de protection renforcés. Plusieurs secteurs agricoles européens font actuellement face à des difficultés croissantes.

Dans cette perspective, une proposition a également été avancée pour étendre l’application des clauses de sauvegarde automatiques à d’autres produits sensibles. Parmi ceux-ci, le secteur du sucre constitue un exemple clair : il traverse une phase particulièrement critique en raison de la pratique du perfectionnement actif, aggravée par l’ouverture de nouveaux contingents à droit nul en provenance de pays tiers, notamment dans la zone Mercosur et en Australie.

Cet exemple démontre clairement que les politiques agricoles, commerciales, énergétiques et industrielles sont désormais profondément interconnectées. C’est pourquoi il devient de plus en plus nécessaire d’adopter une approche transversale des politiques européennes. Nous soutenons l’action du gouvernement italien visant à identifier d’autres produits agricoles et agro-industriels qui, s’ils ne sont pas correctement suivis, pourraient déstabiliser la production et les secteurs européens. Il ne s’agit pas de protéger un seul produit, mais de changer la méthode de travail : anticiper les risques, comprendre les interactions entre politiques et protéger de manière cohérente les intérêts stratégiques de l’Union.

Il est désormais essentiel que la demande formulée au Conseil AGRIFISH soit entendue non seulement par les ministres de l’Agriculture, mais aussi par l’ensemble des ministres de l’UE impliqués dans l’élaboration et la mise en œuvre des accords commerciaux européens. Les décisions en matière de commerce international ont des effets directs sur la durabilité économique des chaînes de valeur agricoles et sur la résilience du système productif européen. Les négociations sur la révision du règlement SPG sont déjà à un stade avancé, et la balle est désormais dans le camp du Parlement européen, qui a une réelle opportunité d’introduire des amendements et de corriger les déséquilibres qui subsistent et que nous avons à plusieurs reprises mis en évidence avant l’adoption finale du texte.

L’Europe ne doit pas se refermer sur elle-même, mais elle doit cesser d’être naïve. Produire pour accroître l’autosuffisance n’est pas du protectionnisme ; c’est de la résilience. Cela signifie reconnaître que le système agricole européen est un bien commun stratégique. Le commerce est essentiel, mais il doit venir compléter la production européenne, et non la remplacer par des matières premières produites dans des contextes qui ne respectent pas notre modèle social et environnemental.

Si nous perdons la capacité de produire en Europe, nous perdons aussi notre liberté politique. Dans le contexte géopolitique actuel — instable et en constante évolution — la souveraineté alimentaire européenne ne peut plus être remise en question.

Crise alimentaire : assez d’évaluations, une action immédiate est nécessaire.

Alors que la crise internationale au Moyen-Orient continue de produire des effets concrets et croissants sur les marchés agricoles, les coûts des intrants et les prix alimentaires, Eat Europe et Farm Europe constatent que l’Union européenne semble encore enfermée dans une phase d’analyse et de discussion qui risque d’être non seulement insuffisante, mais aussi préjudiciable.

« À un moment où les entreprises agricoles et l’ensemble de la chaîne agroalimentaire font face à une hausse des coûts et à une incertitude croissante, continuer à repousser les décisions opérationnelles revient à aggraver la situation », a commenté Luigi Scordamaglia, président d’Eat Europe, à l’issue des dernières réunions des mécanismes européens de réponse à la crise alimentaire, qui semblent produire peu d’avancées. « Ce n’est plus le temps des évaluations. La crise est déjà là. »

Même les plus hautes autorités économiques européennes soulignent la gravité de la situation : les effets du choc actuel devraient se déployer progressivement mais profondément, avec des dommages déjà accumulés qui ne pourront pas être résorbés à court terme. Ignorer ou sous-estimer ces signaux constituerait une erreur stratégique.

« L’Union européenne doit changer d’approche : ne pas seulement observer et analyser, mais agir avec rapidité, vision et des outils appropriés. Des mesures immédiates et structurelles sont nécessaires », a déclaré Yves Madre, président de Farm Europe. « Il est essentiel d’activer sans délai des mesures de contingence pour soutenir les entreprises agricoles et agroalimentaires affectées par la hausse des coûts et les tensions sur les marchés, et d’agir immédiatement sur les prix des engrais en les excluant du champ d’application du SEQE, et par conséquent du MACF, tout en définissant une stratégie de décarbonation dédiée aux agriculteurs et à l’industrie des engrais, axée sur la demande, à travers de véritables incitations plutôt que sur la création artificielle d’une offre sans marché. »

Mais cela ne suffit pas.

Dans le même temps, un système européen plus résilient doit être construit — capable de prévenir et de gérer les crises sans en amplifier les effets. Dans cette perspective, il est urgent de lancer des actions concrètes en matière de stockage stratégique des denrées alimentaires afin de renforcer la sécurité alimentaire européenne, comme l’ont déjà proposé Eat Europe et Farm Europe.

Cela nécessite à la fois l’allocation d’un budget dédié d’au moins 20 milliards d’euros au sein du fonds de compétitivité pour des investissements dans le stockage et la logistique du secteur agroalimentaire, ainsi que la définition d’un nouveau cadre de gestion des stocks dans le cadre de l’OCM (Organisation commune de marché), en tant qu’élément du paquet pour une PAC moderne et tournée vers l’avenir, garantissant son efficacité et son orientation réelle vers la gestion des crises.

« Plus de retard : l’inertie a un coût. Continuer à reporter les décisions opérationnelles dans l’attente de nouvelles données ou analyses revient à laisser les entreprises et les citoyens exposés à une crise en évolution rapide. L’inertie institutionnelle risque de transformer une crise maîtrisable en crise structurelle », a conclu Luigi Scordamaglia.

L’Europe dispose des outils, des ressources et de l’expertise pour agir. Ce qui manque aujourd’hui, c’est la rapidité d’action. Il est temps de passer des paroles aux actes.

COMAGRI soutient les conditions d’un avenir rentable et durable 

Farm Europe se félicite chaleureusement de l’adoption aujourd’hui par la commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen (COMAGRI) du rapport de l’eurodéputé Carlo Fidanza intitulé « comment assurer un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE au regard de la nécessité de garantir la sécurité alimentaire, la résilience des agriculteurs et des défis posés par les maladies animales ? ».

Ce vote représente une avancée significative pour la promotion d’un secteur de l’élevage européen résilient, compétitif, durable et diversifié.

Farm Europe souligne en particulier l’appel du rapport à remettre la production au cœur de l’orientation politique, en tenant compte de la diversité de nos modèles et de l’ambition de maintenir la production sur l’ensemble du territoire de l’UE. L’accent mis sur la performance, en optimisant pleinement les bénéfices de l’élevage, ainsi que sur les investissements pour préparer l’avenir, devrait également constituer une orientation politique centrale à refléter dans la prochaine stratégie européenne pour l’élevage.

L’UE doit lever les obstacles économiques et réglementaires afin de relancer l’investissement dans l’élevage, à travers un plan global permettant une modernisation à grande échelle du secteur, la mise en œuvre d’une véritable stratégie de décarbonation, la promotion de l’amélioration génétique, et l’encouragement d’initiatives de qualité répondant aux attentes des consommateurs.

Le déclin de la production et la décapitalisation ne sont pas irréversibles ; au contraire, ces tendances doivent être inversées. Le secteur doit être reconnu pour son rôle dans la fourniture d’une alimentation saine et équilibrée ainsi que pour ses contributions environnementales, notamment la gestion des pâturages, tout en étant soutenu dans la réduction de ses émissions grâce à des investissements ciblés dans la génétique, la nutrition, les infrastructures et l’utilisation des effluents pour la production de biogaz et de biofertilisants.

Nous appelons désormais le Parlement européen à confirmer ce signal positif en séance plénière. Un soutien fort constituera une base essentielle pour la future stratégie sur l’élevage annoncée par la Commission européenne pour juin 2026.

Les ministres de l’UE ouvrent la voie à des incitations renforcées pour la bioéconomie

Farm Europe se félicite de l’adoption des conclusions du Conseil sur le cadre stratégique de la Commission européenne pour une bioéconomie européenne compétitive et durable. Il s’agit d’une avancée importante pour renforcer et développer la bioéconomie en Europe, en libérant l’innovation, l’investissement et une production européenne durable de biomasse.

Les conclusions mettent à juste titre davantage l’accent sur l’utilisation efficace de la biomasse, en reconnaissant la nature intégrée des chaînes de valeur de la bioéconomie et de leurs procédés industriels, comme c’est le cas des bioraffineries, qui produisent simultanément plusieurs produits finaux. Cette approche reflète mieux la réalité des industries biosourcées modernes que le principe de cascade et permet d’optimiser l’utilisation de la biomasse entre les matériaux, les produits chimiques, l’alimentation humaine et animale ainsi que l’énergie.

Le texte introduit également une ambition renouvelée de développer une production européenne durable de biomasse, en reconnaissant qu’une bioéconomie résiliente et compétitive repose sur une base d’approvisionnement domestique solide. Dès lors, préserver la capacité de l’agriculture européenne à produire une biomasse durable est essentiel à la fois pour atteindre les objectifs climatiques et pour réduire la dépendance aux ressources fossiles. C’est pourquoi les conclusions soulignent à juste titre le rôle stratégique du secteur agroalimentaire au sein de la bioéconomie ainsi que l’importance de permettre aux agriculteurs de participer à des chaînes de valeur à plus forte valeur ajoutée.

Un autre élément clé est la reconnaissance claire des bioraffineries comme l’une des solutions biosourcées centrales pour accélérer l’innovation et le déploiement industriel. De cette manière, le Conseil reconnaît l’importance des plateformes industrielles capables de transformer la biomasse en une large gamme de produits à haute valeur ajoutée, maximisant ainsi la création de valeur en Europe. Toutefois, le passage à l’échelle ne pourra être atteint qu’au moyen d’investissements significatifs et de mesures de marché visant à stimuler la demande de produits biosourcés, deux priorités explicitement mentionnées par les ministres de l’UE.

Enfin, les conclusions reconnaissent à juste titre le rôle de la bioénergie durable dans le mix énergétique de l’UE. Si cette reconnaissance est bienvenue, Farm Europe estime que le plafonnement actuel des biocarburants issus de cultures devrait être réexaminé lors de futures révisions politiques afin d’exploiter pleinement la contribution des matières premières agricoles durables à la transition énergétique.

En résumé, Farm Europe considère que ces conclusions constituent une base constructive pour les prochaines initiatives de la stratégie européenne pour la bioéconomie, dans lesquelles les agriculteurs et les bioraffineurs devraient être placés au centre. Cette avancée devrait ouvrir la voie à des évolutions réglementaires concrètes, soutenues par de réelles opportunités de marché pour les différentes filières de produits de la bioéconomie.

OCM : l’Europe reconnaît que les mots comptent et renforce la position des agriculteurs

Farm Europe et Eat Europe saluent l’accord provisoire conclu par les négociateurs du Parlement européen, menés par la rapporteure Céline Imart, et la présidence chypriote concernant la révision du règlement relatif à l’Organisation Commune des Marchés (OCM).

Bien que l’accord doive encore être analysé en détail, la décision de protéger des dénominations clés telles que steak, d’ouvrir la voie à une protection supplémentaire, ainsi que d’exclure les produits cellulaires ou cultivés en laboratoire de l’utilisation de dénominations liées à la viande constitue une avancée majeure pour protéger à la fois les producteurs et les consommateurs. Farm Europe et Eat Europe saluent également l’extension des relations contractuelles obligatoires, qui apportera davantage de visibilité et renforcera le pouvoir de négociation des agriculteurs.

Nous félicitons la députée européenne Céline Imart et ses collègues pour leur engagement, ainsi que les personnes impliquées au sein de la Commission européenne, en particulier le commissaire Hansen, et les États membres qui ont pesé de tout leur poids pour parvenir à cet accord très attendu.

La transparence implique d’appeler les aliments par leur nom correct. La dénomination des produits n’est pas un simple outil marketing — elle a un impact direct sur la santé et le bien-être des citoyens. Les consommateurs doivent être informés avec précision, notamment sur la valeur nutritionnelle et le niveau de transformation des produits qu’ils achètent. Nous soutenons en particulier la reconnaissance explicite de la nécessité d’une harmonisation à l’échelle de l’UE de la terminologie relative aux produits carnés — rapprochant ainsi les règles des standards déjà en vigueur dans le secteur laitier.

Il s’agit d’une avancée importante, en cohérence avec l’appel conjoint de Farm Europe et Eat Europe adressé aux commissaires Várhelyi et Hansen, qui donnait une voix à la campagne « Words Matter » lancée en octobre 2024. Cette campagne souligne la nécessité de garantir que les consommateurs puissent clairement distinguer les produits d’origine animale de leurs imitations — dont beaucoup sont hautement transformées et présentent des profils nutritionnels différents — afin d’éviter un marketing trompeur et toute confusion sur le marché. C’est pourquoi nous continuerons à défendre la possibilité d’ajouter d’autres dénominations clés de la viande à la liste convenue hier.Farm Europe et Eat Europe se félicitent également que cet accord — conformément à ce qu’a demandé le Parlement européen — constitue une étape importante pour améliorer le fonctionnement de la chaîne alimentaire européenne et surmonter la faiblesse chronique du maillon agricole. Il clarifie les relations contractuelles — notamment avec les contrats écrits comme règle générale, malgré des exceptions et possibilités de dérogation qui doivent encore être analysées — et renforce la capacité des agriculteurs à s’organiser en consolidant l’offre.

Global Food Forum : il n’y a pas de temps à perdre pour investir dans l’avenir de l’agriculture

Aujourd’hui, Farm Europe ouvrira la 9e édition du Global Food Forum, qui réunira près de 200 agriculteurs et leurs partenaires tout au long de la chaîne de valeur, en présence de Mme Annie Genevard, M. Francesco Lollobrigida et M. Stefan Krajewski, respectivement ministres français, italien et polonais de l’Agriculture, avant d’accueillir les membres du Parlement européen : M. Carlo Fidanza, Mme Cristina Maestre, Mme Carmen Crespo, M. Stefano Bonaccini, M. Benoît Cassart, M. Herbert Dorfmann et M. Dario Nardella. Le Forum accueillera également M. Christophe Hansen, commissaire à l’agriculture, le 3 mars.

Farm Europe lancera un appel aux décideurs de l’UE : l’agriculture est au cœur de l’autonomie stratégique de l’Union européenne, investir dans son avenir ne peut être facultatif. Ce sera l’occasion pour les participants de travailler ensemble à l’élaboration d’une stratégie d’investissement européenne afin de préparer l’avenir de l’agriculture de l’UE.

Il est essentiel de garantir un soutien au revenu, mais cela ne suffit pas. L’UE doit donc veiller à ce que la politique agricole commune (PAC) et son budget soient consacrés à une véritable souveraineté agricole commune, et non à 27 stratégies agricoles nationales qui se feraient concurrence sur le marché intérieur et compromettraient la capacité de l’Union à exercer son influence au niveau mondial. La PAC doit rester une politique forte et ne pas être réduite à un ensemble disparate de programmes inefficaces.

Au-delà du budget réservé proposé par la Commission européenne (300 milliards d’euros), les 120 milliards d’euros manquants doivent être trouvés et garantis, tant au sein de la PAC qu’au-delà, afin de préparer l’avenir de l’agriculture de l’UE.

Par conséquent, tout en permettant aux États membres d’adapter la boîte à outils de la PAC aux conditions locales, les dirigeants de l’UE devraient s’accorder sur un nombre limité mais stratégique de priorités au niveau de l’Union européenne, afin de relever collectivement les défis auxquels sont confrontés tous les agriculteurs de l’UE et de construire l’agriculture de demain, prête à relever les défis suivants :

  • la confrontation stratégique, grâce à des systèmes alimentaires résilients capables de faire face aux crises géopolitiques, climatiques et économiques ;
  • l’adaptation des systèmes agricoles, grâce à des investissements visant à garantir l’accès à l’eau, à optimiser les circuits de production grâce aux technologies numériques, à mobiliser le potentiel de l’innovation génétique, à investir dans les infrastructures d’élevage et à renforcer les outils de gestion des risques ;
  • la croissance agricole, afin de relever les défis de la décarbonisation et de l’autonomie stratégique des secteurs de la bioéconomie qui développent de nouveaux marchés. Le carbone agricole circulaire et biogénique est l’une des molécules stratégiques nécessaires pour permettre la neutralité carbone des transports, des produits chimiques, des plastiques et d’autres bioproduits.

Un soutien sans précédent aux investissements agricoles, tant au niveau des exploitations qu’au niveau local, est essentiel pour relever ces défis. Il permettra d’accroître la productivité et, par conséquent, de renforcer la résilience, le rôle géopolitique et la présence de l’UE sur les marchés mondiaux, l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets, ainsi que la croissance durable de la production. Cela devrait aller de pair avec un cadre de performance autonome pour la PAC, garantissant une approche commune claire tout en tenant compte des spécificités du secteur agricole de l’UE.

CONTEXTE

Eau
L’agriculture est confrontée au défi de l’adaptation au changement climatique. Tous les territoires de l’UE sont désormais confrontés à des chocs climatiques – pénurie ou excès d’eau, modification des saisons et augmentation des phénomènes extrêmes – qui sont devenus la norme. Cette nouvelle réalité exige des agriculteurs qu’ils fassent preuve de plus de souplesse et de réactivité, qu’ils mettent en œuvre des changements systémiques et qu’ils réalisent des investissements importants pour anticiper et gérer les nouveaux cycles. Une stratégie d’adaptation globale au niveau de l’Union européenne devrait être lancée, mobilisant des mesures d’investissement au sein et au-delà de la PAC.

Numérisation
La révolution numérique est en train de remodeler tous les niveaux d’action dans l’agriculture et au sein de la PAC. Elle offre l’occasion de jeter les bases d’une agriculture doublement performante, sur le plan économique et environnemental, quelle que soit la taille des exploitations. Elle offre également l’occasion de mettre en place une PAC fondée sur un cadre solide d’indicateurs de performance. Afin de garantir à tous les agriculteurs un accès et des chances égales, l’UE devrait lancer un plan d’investissement dans les infrastructures agricoles numériques sur tous les territoires et assurer l’interopérabilité des outils, afin de favoriser l’innovation et de libérer tout le potentiel des technologies numériques.

Les engrais et la stratégie de décarbonisation de l’agriculture
Les engrais constituent un point de contact essentiel entre le Pacte vert et l’agriculture grâce à leur inclusion dans le SEQE, qui, dans la pratique, intègre la production arable dans le mécanisme. Si la Commission européenne a intégré les produits en aval dans le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) afin d’éviter les fuites de carbone, elle n’est pas en mesure de le faire pour les cultures arables. Les producteurs arables se trouvent dans une situation intenable, confrontés à une perte de compétitivité sans mécanisme de financement de la transition agricole. L’Union européenne doit donc revoir sa stratégie de décarbonisation pour les engrais. Plutôt que de décourager la production d’engrais dans l’UE, la Commission européenne devrait soutenir l’émergence d’un modèle économique viable pour les agriculteurs utilisant des engrais à faible teneur en carbone, leur permettant de générer des crédits carbone grâce à la réduction des émissions agricoles et de les vendre sur des marchés réglementés, sans intégrer l’agriculture dans le SEQE. L’UE peut encourager la valorisation des crédits carbone agricoles, préservant ainsi la souveraineté alimentaire tout en accélérant la décarbonisation et en améliorant l’accès à des crédits carbone de haute qualité pour les entreprises réglementées par le SCEQE.

Élevage
Le secteur de l’élevage est confronté à une érosion sans précédent de sa production, parallèlement à une augmentation des importations. Il se trouve au cœur d’un paradoxe sociétal : il est appelé à réduire ses émissions, tout en bloquant la construction de nouvelles infrastructures plus efficaces. L’UE doit donc supprimer les obstacles économiques et réglementaires qui freinent les investissements, grâce à un plan permettant une modernisation à grande échelle du secteur, le déploiement d’une véritable stratégie de décarbonisation, l’amélioration et la promotion génétiques, et le soutien à des initiatives de qualité qui répondent aux attentes des consommateurs. Le déclin de la production et la décapitalisation ne sont pas inévitables ; la tendance doit être inversée. Le secteur devrait être reconnu pour sa contribution à une alimentation saine et équilibrée et pour ses avantages environnementaux en matière de gestion des pâturages, et être soutenu dans la réduction des émissions grâce à des investissements dans la génétique, la nutrition, les bâtiments et l’utilisation des effluents pour la production de biogaz et de biofertilisants.

Bioéconomie
L’agriculture et ses chaînes de valeur constituent un levier essentiel pour la décarbonisation et la réalisation de l’ambition d’une économie neutre en carbone, grâce à leur capacité à soutenir des cycles neutres du carbone biogénique par le biais de la photosynthèse. Dans l’ensemble, la production agricole de l’UE doit augmenter de 25 % pour relever ce défi. Pour permettre l’émergence de secteurs bioéconomiques, l’Union européenne devrait s’appuyer sur les chaînes de valeur existantes afin de renforcer la capacité d’investissement et de promouvoir les synergies entre l’alimentation humaine et animale, la bioénergie, la biochimie, les bioplastiques et les biomatériaux. Cela devrait être soutenu par des mandats clairs similaires à ceux établis pour les biocarburants, qui devraient être portés à au moins 10 %, accélérant ainsi le déploiement d’autres produits biosourcés.

Gestion des risques et des crises
La solidarité européenne est le moyen le plus efficace de gérer les risques et les crises agricoles, et elle coûte cinq fois moins cher que si chaque pays agissait seul. Si les États membres agissaient individuellement, il faudrait pas moins de 10 milliards d’euros pour couvrir un risque qui ne nécessite que 2 milliards d’euros au niveau européen. La réserve de crise renforcée par la Commission européenne est donc un pas dans la bonne direction. Elle devrait être complétée par des mécanismes de déclenchement plus clairs, adaptés aux différents types de risques, et par une répartition claire des responsabilités entre l’exploitation agricole, l’État membre et l’Union européenne, afin de mettre en place un système prévisible et efficace qui protège les investissements et garantit la continuité de la production.

Mercosur : même la protection revendiquée des IG est en péril

Asiago, Jambon de la Forêt-Noire, Brie, Camembert, Chorizo, Emmental, Fontina, Gorgonzola, Gouda, Grana, Feta, Kiełbasa, Mortadella, Munster, Pecorino, Parmesan : ce ne sont là que quelques-uns des fromages et produits carnés européens bénéficiant d’Indications géographiques (IG) — ou de dénominations intrinsèquement liées aux systèmes d’IG — protégés au niveau de l’UE et inclus dans l’accord UE-Mercosur récemment signé.

« Pourtant aujourd’hui », avertit Luigi Scordamaglia, Président d’Eat Europe, « même cette protection revendiquée apparaît de plus en plus fragile à la suite d’un récent accord commercial bilatéral entre les États-Unis et l’Argentine. »

Eat Europe et Farm Europe soulignent que, dans le cadre de l’accord signé entre Washington et Buenos Aires, les États-Unis ont obtenu la reconnaissance de ces mêmes dénominations en Argentine comme des termes “génériques”. En pratique, cela empêche l’Argentine de restreindre l’accès au marché américain sur la base de l’utilisation de ces dénominations, ouvrant ainsi la porte à des produits imitant les spécialités européennes les plus réputées.

« Cette évolution soulève une question fondamentale : quelle est la valeur réelle de la protection des IG prévue par l’accord UE-Mercosur si des accords bilatéraux parallèles peuvent en neutraliser l’application ? », a commenté Yves Madre, Président de Farm Europe.

Les IG ne sont pas de simples labels commerciaux. Ce sont des instruments juridiques qui garantissent des normes de qualité, une identité territoriale, la biodiversité et la cohésion sociale. Elles protègent des modèles agricoles fondés sur la gestion durable de l’environnement, le respect des normes sociales et un savoir-faire séculaire. Lorsque ces noms sont considérés comme génériques, ce sont des systèmes de production entiers qui sont fragilisés. La valeur est déplacée des territoires ruraux et des producteurs authentiques vers la reproduction industrielle et des marchés mondialisés de commodités.

L’ouverture de l’Argentine aux produits américains « à consonance européenne » amplifie considérablement les risques structurels déjà intégrés dans le cadre du Mercosur. L’accord manque de réciprocité complète et ne prévoit pas de mécanismes de sauvegarde robustes et automatiques. Il risque d’autoriser des importations en franchise de droits de produits qui ne respectent pas les mêmes normes environnementales, phytosanitaires et sociales que celles imposées aux agriculteurs européens — créant ainsi une concurrence déloyale et compromettant la crédibilité même de la politique européenne de qualité.

Dans ce contexte, la responsabilité politique devient inévitable. « La Commission européenne, sous la direction d’Ursula von der Leyen, a à plusieurs reprises présenté l’accord Mercosur comme un succès stratégique capable de défendre l’excellence européenne. Or, si l’un des principaux signataires peut simultanément démanteler l’applicabilité concrète de la protection des IG par des concessions commerciales séparées, l’accord risque de devenir non pas un bouclier, mais une vulnérabilité », a déclaré Luigi Scordamaglia.

Promouvoir et valoriser les produits agricoles authentiques doit rester au cœur de la politique commerciale de l’UE. Une protection forte, multi-niveaux et effective des IG n’est pas une revendication symbolique — elle est essentielle pour défendre la qualité, la durabilité, les économies rurales et le patrimoine culturel européen.

Si la politique commerciale ne parvient pas à défendre ses propres normes, elle ne compromet pas seulement l’accès au marché ; elle érode les fondements mêmes du modèle agricole européen.

Feu vert final du Parlement pour protéger les agriculteurs contre les pratiques commerciales déloyales (UTP) 

Hier, le Parlement européen a approuvé l’accord provisoire issu des négociations interinstitutionnelles sur les pratiques commerciales déloyales transfrontalières dans les relations interentreprises au sein de la chaîne d’approvisionnement agricole et alimentaire.

Par 555 voix pour, aucune contre et 26 abstentions, les députés européens ont donné leur approbation finale à de nouvelles règles exigeant que les autorités nationales coopèrent afin de lutter contre les pratiques commerciales déloyales. L’objectif est de garantir que les agriculteurs soient équitablement rémunérés pour leur travail. En conséquence, les pratiques commerciales déloyales transfrontalières qui nuisent aux agriculteurs et aux petits producteurs agricoles seront prévenues, examinées et sanctionnées.

Farm Europe salue le travail du Commissaire Hansen aux côtés du rapporteur Stefano Bonaccini ainsi que de la Présidence danoise sur cette amélioration tant attendue du marché intérieur. Ce texte contribuera à renforcer la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire et à améliorer la coopération transnationale lorsque fournisseurs et acheteurs sont établis dans différents États membres.

Il s’agit d’une étape importante, qui devra être complétée par la prochaine révision plus large de la directive sur les UTP — notamment par l’extension de la liste des pratiques commerciales déloyales (liste noire) et par la simplification des règles régissant les plaintes et les sanctions — ainsi que, en parallèle, par une conclusion efficace des négociations en trilogue sur les propositions visant à rééquilibrer le fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire et à mieux protéger les agriculteurs de l’UE, dans le cadre de la réforme de l’Organisation commune des marchés (OCM), afin de clarifier les relations contractuelles.

Concrètement, les nouvelles règles approuvées aujourd’hui par les députés soutiennent les objectifs suivants :

  • Mettre fin aux pratiques commerciales déloyales transfrontalières à l’initiative des États membres
  • Lutter contre les pratiques commerciales déloyales des acheteurs situés en dehors de l’UE
  • Renforcer l’échange d’informations transfrontalières

L’accord provisoire doit désormais être approuvé par le Conseil. Il s’appliquera 18 mois après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.