Le PE donne son feu vert à un renforcement de la position des agriculteurs et à des règles plus claires en matière d’étiquetage alimentaire
Farm Europe et EAT Europe saluent l’adoption par le Parlement européen à Strasbourg de l’accord sur la révision du règlement portant organisation commune des marchés (OCM), à la suite des négociations interinstitutionnelles fructueuses menées par la rapporteure Céline Imart. Ce vote confirme une avancée majeure tant pour les agriculteurs que pour les consommateurs. Il renforce la position des agriculteurs au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire grâce à des relations contractuelles renforcées et à de meilleures possibilités d’organisation collective des producteurs. Il établit également des règles plus claires concernant l’utilisation des dénominations liées à la viande, protégeant ainsi les consommateurs contre les pratiques trompeuses et préservant la valeur de la production agricole.
Nous félicitons chaleureusement la députée européenne Céline Imart pour son leadership et sa détermination tout au long de ce processus, ainsi que l’ensemble des membres du Parlement européen qui ont soutenu cette réforme importante. Nous saluons également l’engagement de la Commission européenne, notamment du commissaire Hansen, ainsi que des États membres qui ont contribué à l’obtention de ce résultat.
L’approbation du Parlement envoie un signal clair : les mots comptent, la transparence compte, et les agriculteurs méritent une position plus équitable au sein de la chaîne alimentaire. Les consommateurs doivent pouvoir faire des choix éclairés sur la base d’informations exactes concernant les produits qu’ils achètent, tandis que les producteurs doivent être protégés contre la concurrence déloyale et la confusion sur le marché.
L’accord constitue une réalisation majeure en cohérence avec les objectifs de la campagne « Words Matter », lancée par Farm Europe et EAT Europe en 2024. En reconnaissant la nécessité de renforcer la protection des dénominations liées à la viande et en excluant les produits cellulaires et cultivés en laboratoire de l’utilisation de termes associés à la viande, l’Europe a franchi une étape importante vers davantage de clarté et de cohérence dans l’étiquetage alimentaire.
Dans le même temps, le renforcement des relations contractuelles et des outils d’organisation des producteurs constitue un progrès concret pour remédier au déséquilibre de longue date des rapports de force au sein de la chaîne alimentaire. Ces mesures devraient contribuer à améliorer le pouvoir de négociation des agriculteurs, à accroître la prévisibilité et à créer des conditions de marché plus équitables.
Le vote d’aujourd’hui ne marque pas la fin du parcours. Farm Europe et EAT Europe soulignent que le travail doit se poursuivre dans le cadre du prochain paquet de réforme de la PAC, qui comprend une révision plus large du règlement OCM.
Cette prochaine étape offrira l’occasion de renforcer davantage la position des agriculteurs dans la chaîne alimentaire, d’améliorer la résilience des marchés, de rétablir des règles claires et des allocations financières pour les interventions sectorielles, et de poursuivre les efforts visant à garantir aux consommateurs une information claire et transparente. À cet égard, une attention particulière devrait être accordée au renforcement des normes de commercialisation, à la mise en place de seuils de référence cohérents (anciens prix d’intervention), avec des niveaux actualisés et différenciés adaptés aux réalités économiques et sectorielles, en tant qu’outil essentiel pour mieux orienter la gestion des marchés et la logique d’intervention.
La réforme devrait également renforcer et moderniser le programme européen de distribution de fruits et légumes à l’école, afin d’en améliorer l’efficacité, de mieux cibler l’éducation alimentaire en milieu scolaire et d’accroître son impact sur les habitudes de consommation saines. En outre, elle devrait ouvrir une réflexion sur la mise en place de mécanismes globaux de prévention et de gestion des crises, y compris le développement éventuel de stocks stratégiques afin de répondre plus efficacement aux perturbations des marchés et à l’insécurité alimentaire des populations les plus vulnérables. Ce travail a déjà été engagé par le rapporteur du Parlement européen sur l’OCM, M. Sargiacomo.