Budget de l’UE : arrêtons de prétendre que « la PAC est préservée » !

Alors que la présidence irlandaise, qui vise à conclure les négociations budgétaires d’ici à la fin décembre, a diffusé une proposition de cadre de négociation budgétaire en amont du sommet des chefs d’État et de gouvernement de ce week-end, nombreux sont ceux qui ont souligné que le budget de la PAC était « intact ». Farm Europe dénonce fermement cette interprétation, qui ne correspond pas à la réalité. Dans la proposition actuellement discutée, l’agriculture subit des coupes budgétaires importantes, que la présidence irlandaise ne corrige nullement ; bien au contraire. Alors que tous les États membres réclament davantage d’outils de gestion des risques et une réserve de crise, les fonds initialement proposés par la Commission pour l’agriculture au sein du dispositif européen sont réduits de 30 %.

Dans son projet de cadre de négociation, l’Irlande se contente de reprendre la réduction du budget de la PAC proposée par la Commission européenne, soit 293,7 milliards d’euros en prix courants (261,013 milliards d’euros aux prix de 2025), pour une PAC dont le champ d’application, tel qu’ajusté dans la proposition de la Commission européenne, est maintenu.

Certaines des idées avancées par la présidente von der Leyen en janvier 2026 sont proposées à l’adoption sans aucune amélioration, tandis que d’autres sont formulées de manière encore moins explicite :

•⁠  ⁠La possibilité d’utiliser les deux tiers des 25 % des dotations nationales au titre des plans nationaux et régionaux (PNR), normalement réservés en tant que réserve pour la PAC au premier jour du prochain budget. À l’échelle européenne, cela représente environ 45 milliards d’euros de financements supplémentaires que les États membres pourraient, s’ils le souhaitent, mobiliser pour compléter leurs enveloppes consacrées à la PAC.

•⁠  ⁠Contrairement à la position exprimée par la présidente de la Commission en janvier 2026, aucune disposition explicite ne prévoit que les États membres financent des mesures agricoles au titre du Fonds pour le développement rural. Le champ d’application de ce fonds rural, doté d’au moins 48,9 milliards d’euros, est plus large que celui du programme de développement rural de la PAC. Les États membres auraient donc la possibilité d’utiliser une part plus ou moins importante de cette enveloppe, voire de ne pas y recourir du tout, pour compléter les mesures de la PAC, sans aucune garantie pour les bénéficiaires de celle-ci.

•⁠  ⁠Dans les deux cas précités, les dotations des États membres, respectivement de 48,9 milliards et de 45 milliards d’euros, sont réparties selon les règles régissant l’allocation du fonds unique en dehors de la PAC, et non selon la clé de répartition de la PAC. Les propositions formulées par Ursula von der Leyen ne sont donc aucunement modifiées.

Ne pas intégrer dans le budget de la PAC, à tout le moins, les 45 milliards d’euros attendus de l’utilisation de la réserve, ainsi que tout ou partie du Fonds européen agricole pour le développement rural, constitue une occasion manquée. Ce refus ne permet pas de traduire en actions concrètes les discours politiques appelant à renforcer la souveraineté agricole et alimentaire européenne, ni d’offrir aux agriculteurs une garantie de visibilité. Il ne s’agit pas de trouver de nouveaux financements, mais d’assumer une responsabilité politique en affectant ces fonds au budget de la PAC — en bref, de passer des paroles aux actes.

En outre, la présidence irlandaise propose de réduire de moitié les dotations du dispositif européen dont dépendra le futur fonds européen de crise agricole. Le document irlandais ne mentionne ni l’existence de ce fonds ni une enveloppe spécifique destinée à la gestion des crises agricoles. À l’heure où les crises se succèdent et où tous les avis convergent vers la crainte que leur fréquence et leur ampleur ne diminuent pas dans les années à venir, cette omission est préoccupante.

La part déjà dérisoire du Fonds pour la compétitivité proposée pour l’agriculture, la santé, la bioéconomie et les biotechnologies est elle aussi réduite de 13 %, pour atteindre moins de 20 milliards d’euros au total, alors que les besoins d’investissement au service de l’intérêt général — qu’il s’agisse de la numérisation de l’agriculture, de la gestion de l’eau ou des infrastructures — sont considérables.

Les aspects pratiques de la future PAC que l’Irlande propose aux chefs d’État et de gouvernement de trancher par anticipation soulèvent également des questions.

L’impératif de soutenir les secteurs agricoles de l’Union européenne afin de les rendre plus compétitifs, la nécessité d’ouvrir pleinement les marchés de la bioéconomie à l’agriculture européenne, l’impératif d’améliorer la gestion des risques et des crises, ainsi que la nécessité d’établir définitivement un lien entre une durabilité accrue et la production, semblent ne pas relever des priorités de la présidence.

Aucune explication n’est fournie quant à l’absence d’un nouvel éco-régime financé à 100 % par la PAC, alors qu’un tel dispositif axé sur la performance, qui soutiendrait une agriculture conciliant performance économique et environnementale, ne constitue pas une option pour l’avenir d’un financement agricole efficace dans les 27 États membres de l’UE.

Il en va de même pour les règles de cofinancement et pour la nécessité de préciser que les États membres devraient être tenus de maintenir, en euros, au moins leur niveau actuel de contribution.

Enfin, alors que l’élargissement à l’Ukraine constitue un choix clairement assumé par l’UE, la proposition irlandaise ignore largement le fait que cette perspective inverse la problématique de la compétitivité par rapport aux précédents élargissements de l’Union européenne, ouvrant ainsi la voie à une restructuration agricole qui serait inévitable et mal maîtrisée.

Fonds européen pour la compétitivité : l’agriculture et la sécurité alimentaire reléguées au second plan face à la priorité accordée aux dépenses de défense

Farm Europe et Eat Europe appellent le Parlement européen à veiller à ce que l’importance stratégique de l’agriculture se reflète dans le budget du Fonds européen pour la compétitivité.

Farm Europe et Eat Europe expriment leur profonde inquiétude face aux ressources limitées proposées – et toujours en discussion – par la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie du Parlement européen (ITRE) pour l’agriculture et le secteur agroalimentaire dans le cadre du rapport proposé sur le Fonds européen pour la compétitivité (FEC). Les deux organisations mettent en garde contre un déséquilibre budgétaire qui risque de compromettre la compétitivité de l’Union européenne, sa sécurité alimentaire et son autonomie stratégique.

« Reconnaître l’agriculture comme un secteur stratégique sur le papier ne suffit pas. Des possibilités de financement dédiées doivent être accessibles au titre de l’ensemble des priorités pertinentes du FEC, afin de permettre aux agriculteurs ainsi qu’à l’ensemble des filières agroalimentaires et de la bioéconomie d’investir dans l’innovation, les technologies numériques, l’énergie propre, la gestion durable de l’eau, les capacités de stockage stratégique et les infrastructures nécessaires pour faire face aux chocs climatiques et géopolitiques », a déclaré Yves Madre, président de Farm Europe.

Alors que le Fonds européen pour la compétitivité vise à renforcer les capacités industrielles, la résilience et la compétitivité mondiale de l’Europe, certains s’emploient à limiter l’accès de l’agriculture à ce fonds à seulement 3 milliards d’euros de financement dédié, auxquels s’ajoutent 5 milliards d’euros alloués à un volet politique plus large couvrant la « santé, les biotechnologies, l’agriculture et la transition durable ». Ces montants contrastent fortement avec les plus de 60 milliards d’euros prévus pour la défense et les priorités industrielles connexes.

Pour Farm Europe et Eat Europe, ce déséquilibre soulève des questions fondamentales quant aux priorités qui sous-tendent le programme européen en matière de compétitivité.

« Il est inacceptable que, dans le cadre d’un fonds conçu pour relancer la compétitivité européenne et définir les priorités stratégiques de demain, l’agriculture se voie attribuer à peine 3 milliards d’euros, tandis que le volet politique plus large associant santé, biotechnologies, agriculture et transition durable ne reçoive que 5 milliards d’euros. Plus préoccupant encore, le lien entre l’agriculture, l’alimentation et la santé des citoyens ne bénéficie pas d’une reconnaissance financière à la hauteur de son importance », a commenté Luigi Scordamaglia, président d’Eat Europe. « Nous sommes déçus, mais malheureusement pas surpris, compte tenu de la position déjà adoptée par la présidente de la Commission européenne. »

Les organisations soulignent également les signaux politiques émanant des plus hautes instances des institutions européennes. Dans son discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a accordé une place considérable aux priorités militaires et de défense (32 mentions explicites), tandis que l’agriculture et le lien fondamental entre l’alimentation et la santé des citoyens ont reçu une attention bien moindre.

La paix et la sécurité commencent par l’alimentation. Elles doivent se mesurer à la capacité de l’Europe à fournir aux citoyens une alimentation de qualité, sûre et abordable, ainsi qu’à celle de l’Union européenne à disposer de filières européennes solides de bioéconomie, sans lesquelles la notion de souveraineté européenne perd tout son sens.

Un secteur agricole incapable d’investir dans la résilience hydrique, le stockage stratégique, la numérisation et l’innovation ne peut garantir le niveau de résilience et d’autonomie stratégique dont l’Europe a besoin. La sécurité alimentaire n’est pas un objectif secondaire : elle constitue un pilier fondamental de la sécurité européenne. Une bioéconomie européenne souveraine est l’un des piliers de la puissance économique de l’Union de demain.

Farm Europe et Eat Europe appellent donc le Parlement européen, et en particulier la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie (ITRE), à défendre les recommandations de la commission de l’agriculture et du développement rural (AGRI) et à veiller à ce que la position finale sur le Fonds européen pour la compétitivité reflète la véritable importance stratégique de l’agriculture et de l’alimentation.

L’Europe ne peut construire une compétitivité durable, renforcer sa résilience ni garantir la paix tout en sous-investissant dans le secteur qui nourrit ses citoyens. La sécurité alimentaire doit être considérée comme un investissement stratégique dans l’avenir de l’Europe, et non comme une préoccupation budgétaire marginale.

Farm Europe et Eat Europe saluent le soutien fort de la ComAgri en faveur du renforcement de la politique de promotion de l’UE

Farm Europe et Eat Europe saluent le message politique fort envoyé hier par la commission de l’agriculture et du développement rural, les députés européens ayant adopté leur rapport sur la politique de promotion des produits agroalimentaires de l’UE, appelant au maintien d’un niveau de financement ambitieux, au moins à son niveau de 2026. Nous saluons tout particulièrement le travail accompli par le rapporteur, Salvatore De Meo, pour parvenir à cette position politique claire.

Cette position confirme les préoccupations exprimées pour la première fois par Farm Europe et Eat Europe lorsque la Commission a annoncé son intention de réduire de près de 50 % le budget consacré à la promotion en 2027. Une telle réduction serait incohérente avec l’ambition affichée par la Commission d’accroître la reconnaissance et la consommation des produits agroalimentaires européens.

Farm Europe et Eat Europe soulignent que la politique de promotion génère une valeur économique tangible en soutenant les systèmes de qualité et les indications géographiques, tout en renforçant la compétitivité internationale de l’agriculture européenne. Elle constitue également un instrument essentiel pour garantir que les consommateurs du monde entier reconnaissent la valeur ajoutée des produits européens ainsi que les normes élevées qui les sous-tendent.

Nous nous félicitons également tout particulièrement de la reconnaissance, dans le rapport, de l’importance de garantir un traitement équitable et égal à tous les secteurs et produits agricoles éligibles, notamment les vins de qualité et les viandes rouges, qui jouent un rôle essentiel dans le soutien au secteur, le maintien des communautés rurales et la mise en valeur du savoir-faire reconnu de l’Europe.

Farm Europe et Eat Europe appellent désormais la Commission européenne à tenir compte du message clair envoyé par le Parlement européen et à veiller à ce que le budget consacré à la promotion reflète l’importance stratégique de cette politique. Si l’UE entend réellement renforcer son secteur agricole et accroître sa présence sur les marchés mondiaux, ses ambitions politiques doivent être accompagnées de ressources financières stables et suffisantes.

Farm Europe met à jour son Radar sur la souveraineté alimentaire : les bastions traditionnels de l’agriculture européenne s’érodent rapidement

Farm Europe a publié la version actualisée de son Radar sur la durabilité et la souveraineté des systèmes alimentaires de l’UE. La mise à jour 2026 confirme et accentue une tendance déjà mise en évidence dans les précédentes éditions : l’érosion des exploitations agricoles, des cultures arables et de l’élevage traditionnels en Europe s’accélère, entraînant une nouvelle dégradation des indicateurs socio-économiques, alors même que la plupart des indicateurs environnementaux continuent de s’améliorer.

Le Radar montre une UE qui reste une puissance agricole en termes absolus, mais dont les marges de manœuvre se réduisent rapidement : les excédents commerciaux qui ont longtemps caractérisé l’agriculture européenne diminuent au lieu de progresser.

Une érosion plus marquée des forces historiques

L’excédent commercial de l’UE-27 pour les cultures a diminué de 53,9 % (2023-2025 par rapport à la moyenne 2020-2022), sous l’effet d’une forte baisse des exportations de céréales, tandis que la balance commerciale des produits animaux a reculé de 28,2 %, principalement en raison de la diminution des excédents dans le secteur de la viande. Le déficit commercial en aliments pour animaux s’est encore creusé de 11 % : l’UE exporte moins de ce qu’elle produit tout en important davantage de ce dont elle a besoin pour nourrir son propre cheptel.

Les indicateurs socio-économiques se dégradent parallèlement : le revenu réel des exploitations agricoles a diminué de 8,3 % entre 2019 et 2024, tandis que le nombre d’exploitations agricoles a reculé de 11,7 % entre 2016 et 2020 seulement, poursuivant un exode structurel qui a réduit de plus d’un tiers le nombre d’exploitations agricoles dans l’UE depuis 2005. L’endettement des exploitations augmente alors même que les revenus diminuent — un signe que les agriculteurs s’endettent pour rester à flot ou pour répondre à des exigences réglementaires non productives, plutôt que pour investir afin de produire, de créer de la valeur et de développer de nouvelles sources de revenus.

Le bilan environnemental est contrasté. Les émissions de gaz à effet de serre continuent de diminuer (-3,2 %), et les ventes des molécules phytosanitaires les plus dangereuses ont reculé de 9,7 %, même si cette évolution peut en partie refléter la contraction et les difficultés financières du secteur plutôt que des gains d’efficacité à eux seuls. Plus préoccupant encore, le recul de l’élevage accélère la disparition des prairies permanentes (-8,4 % depuis 2009), entraînant la dégradation de l’un des puits de carbone les plus efficaces de l’agriculture.

La bioéconomie présente un bilan contrasté : le commerce des biomatériaux s’est amélioré de 66 % et la production de biogaz a augmenté de 11,1 %, mais en ce qui concerne la bioénergie, la dépendance aux importations reste très élevée dans ce segment de marché, qui a été paralysé par les réglementations européennes. Les importations frauduleuses de biocarburants avancés sont visibles dans l’évolution observée ces dernières années.

Ces tendances reflètent les pressions géopolitiques mondiales, la volatilité climatique, les transformations structurelles de l’agriculture européenne et l’effet cumulé des choix politiques récents. Il est urgent d’inverser le déclin de la capacité de production fondamentale de l’Europe. Farm Europe réitère son appel en faveur d’un véritable plan de relance pour l’agriculture européenne, mobilisant les ressources budgétaires nécessaires et alignant l’ensemble des politiques de l’UE ayant un impact sur l’agriculture derrière une relance durable de la production, avant que les forces qui ont fait la puissance de l’agriculture européenne ne passent au rouge.

Lien vers le Radar :

​​https://www.farm-europe.eu/fr/travaux/radar-de-la-durabilite-et-de-la-souverainete-des-systemes-alimentaires-2026/ 

Climat, géopolitique : l’agriculture européenne au bord de l’effondrement

Aujourd’hui, lors d’un échange avec le Commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, Farm Europe a alerté la Commission européenne sur la situation extrêmement préoccupante à laquelle est confrontée l’agriculture européenne, prise entre les tensions géopolitiques qui ont fait exploser les coûts de production et les effets du changement climatique, qui mettent en évidence les vulnérabilités des systèmes de production agricole de l’Union européenne, lesquels se sont concentrés au cours des dernières décennies sur des investissements réglementaires et non productifs.

Farm Europe remercie M. Christophe Hansen, Commissaire européen à l’Agriculture, pour sa mobilisation et son engagement, mais souligne la nécessité de dépasser d’urgence les approches traditionnelles afin de surmonter les difficultés de trésorerie à court terme auxquelles sont confrontés les agriculteurs, tout en préparant un plan à long terme en faveur de la croissance et de la résilience de l’agriculture européenne.

« L’agriculture européenne ne fait pas simplement face à des difficultés temporaires. Elle est fragilisée par la crise géopolitique, par les graves sécheresses de cet été et par l’accumulation d’investissements non productifs destinés à assurer la conformité aux réglementations plutôt qu’à l’adaptation au changement climatique », a alerté Yves Madre, Président de Farm Europe. « Les campagnes agricoles actuelles marquent un point de bascule. Elles mettent crûment en lumière les vulnérabilités de l’Europe dans un monde où la production agricole se trouve au cœur des confrontations géopolitiques. Au cours des dernières décennies, l’Union européenne a adapté sa politique agricole sans répondre aux défis auxquels est confrontée la production agricole dans un climat en pleine évolution. Elle en paie aujourd’hui le prix. Farm Europe appelle donc le Commissaire européen à l’Agriculture à lancer une nouvelle initiative, un effort collectif associant l’ensemble des parties prenantes de la chaîne de valeur afin de reconstruire une véritable souveraineté agricole européenne, couvrant non seulement la sécurité alimentaire, mais aussi les défis liés à une économie neutre en carbone », a-t-il ajouté.

« L’Europe a besoin d’un plan ambitieux de relance et d’investissement pour l’agriculture, fondé sur des revenus équitables pour les agriculteurs, une forte capacité de production et la souveraineté alimentaire. Investir dans l’agriculture signifie garantir que des aliments de haute qualité restent abordables pour les citoyens européens, plutôt que d’ouvrir la voie à des alternatives déconnectées de l’agriculture, telles que les produits fabriqués en laboratoire ou les aliments ultra-formulés. C’est ainsi que nous renforçons l’agriculture européenne, tant sur le marché intérieur que sur les marchés internationaux », a déclaré Ettore Prandini, Président de Coldiretti et Président du Comité stratégique de Farm Europe.

« Nous ne pouvons pas continuer à passer d’une urgence à l’autre. Le coût des engrais, l’envolée des prix des carburants et la sécheresse montrent pourquoi nous avons besoin d’une stratégie à long terme fondée sur une planification des investissements. Par exemple, permettre aux agriculteurs d’utiliser pleinement les digestats contribuerait à réduire le coût des engrais chimiques tout en préservant la qualité des sols. Ce n’est là qu’un exemple des actions concrètes que nous attendons de l’Union européenne, et il en existe bien d’autres. Farm Europe et ses membres proposent des solutions concrètes pour l’ensemble de la chaîne de valeur agricole. Un partenariat renforcé avec la Commission européenne sera essentiel pour replacer l’agriculture au cœur des choix stratégiques de l’Europe », a conclu M. Prandini.

Ces dernières années, l’agriculture européenne dans son ensemble a pris du retard. Au cours des deux dernières décennies, l’Union européenne a perdu près de 8 millions d’hectares de cultures céréalières, 10 % de son cheptel et de ses surfaces de cultures légumières, 30 % de ses surfaces consacrées aux pommes de terre et à la betterave sucrière, ainsi que 20 % de son vignoble. L’agriculture européenne est en déclin alors même que l’Union a besoin de la production agricole pour répondre aux besoins alimentaires et non alimentaires de l’Union européenne et de ses partenaires.

Toutefois, la poursuite de cette tendance n’est pas inévitable. Farm Europe appelle donc à explorer de nouvelles approches innovantes pour créer de la valeur et financer l’agriculture européenne, notamment par un soutien à la trésorerie à court terme, des mesures de soutien à l’investissement, l’ouverture de nouveaux marchés, notamment dans le domaine de la bioénergie, ainsi que des sources de financement innovantes qui reconnaissent mieux la valeur et le rôle de l’agriculture dans la construction d’une économie neutre en carbone. Pour certains secteurs spécifiques, il est urgent de mettre en place un groupe de haut niveau sur le blé, sur le modèle du travail constructif mené pour le secteur de l’élevage, et d’accélérer les travaux sur l’eau, la numérisation ainsi que la gestion des risques et des crises. L’ensemble de ces actions devrait viser à élaborer un plan global de résilience et d’investissement pour l’agriculture européenne, afin de soutenir une stratégie de croissance pour l’agriculture de l’UE et de redonner espoir aux territoires ruraux européens.

SOTEU 2026: l’Europe s’engage sur la voie d’une dépendance accrue

Dans son discours sur l’état de l’Union prononcé aujourd’hui, Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, a dissimulé derrière une rhétorique brillante la sombre réalité de l’Union — notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’alimentation et de l’énergie. « Les mots, c’est bien, les actes, c’est mieux », a souligné la Présidente, à un moment où les agriculteurs sont confrontés à des décisions qui vont à l’encontre des paroles : loin de réduire les dépendances, la trajectoire politique portée par la Présidente de la Commission ne fait que les accentuer. Au-delà des déclarations d’amour aux agriculteurs, l’absence d’initiatives concrètes d’investissement et de paquet d’urgence pour faire face à une sécheresse historique est préoccupante. Cibler 100 territoires pour l’eau est une bonne chose, mais aujourd’hui, presque tous les agriculteurs européens sont vulnérables, 70 % des terres agricoles de l’UE étant en situation de sécheresse cet été. 

Réparer les fuites dans les réseaux d’eau européens est certes nécessaire, mais cela est loin de répondre à l’ampleur du défi d’adaptation de l’agriculture et des investissements nécessaires. Promouvoir les assurances et les outils de gestion des risques est effectivement essentiel, et Farm Europe le préconise depuis plus d’une décennie — mais ces outils ne sauraient remplacer un budget européen solide et une Politique agricole commune autonome. Dans l’ensemble, la trajectoire politique présentée par la Présidente von der Leyen dans son discours annuel est présentée comme une stratégie visant à construire une Europe autonome et souveraine. Dans les faits, elle produit l’effet inverse pour le secteur agricole européen.

À ce jour, sous la présidence de von der Leyen, l’excédent céréalier de l’UE a été réduit de moitié, tandis que 4 millions d’hectares de céréales ont disparu. Les importations de blé ont été multipliées par 2,4 entre 2019 et 2023, tandis que les exportations de maïs de l’UE se sont effondrées de 48 % depuis 2019. Le secteur de l’élevage a perdu plus de 26 millions de têtes depuis 2019 ; l’excédent commercial de l’UE dans le secteur de la viande a diminué de 26 % depuis 2019, passant de 6,5 à 4,8 millions de tonnes. L’Europe a perdu 1,37 million d’exploitants agricoles familiaux, soit un cinquième du total. Les coûts des engrais ont atteint des niveaux historiques : en avril 2026, les prix de l’azote étaient supérieurs de 71 % à leur moyenne de 2024, tandis que les prix des engrais dans l’UE ont encore augmenté de 13,4 % sur un an au deuxième trimestre 2026, alors que les prix à la production agricole ont diminué de 5,8 %, selon la dernière note sectorielle d’Eurostat. La concurrence déloyale s’est accentuée. Dans l’ensemble, les importations agroalimentaires de l’UE augmentent près de six fois plus rapidement que les exportations. La dépendance protéique s’est encore accrue, atteignant un niveau record de 62,3 millions de tonnes d’importations nettes d’oléagineux et de matières destinées à l’alimentation animale, contre 58,9 millions de tonnes en 2019 — les seules importations de tourteaux de soja atteignant 41,7 millions de tonnes, soit 21 % de plus qu’en 2019.

Les atouts potentiels et la capacité d’investissement de l’agriculture européenne restent en suspens, y compris dans le domaine de la bioéconomie. En matière de biocarburants et de biométhane, où les agriculteurs peuvent contribuer à façonner une économie neutre en carbone, le potentiel de l’agriculture reste bloqué par des postures idéologiques et par une compréhension insuffisante, au sein de la Commission européenne, des moteurs économiques et de la réalité des chaînes de valeur agricoles capables de répondre simultanément aux besoins de plusieurs marchés. Le résultat est une substitution des dépendances plutôt que leur réduction.

Sur la scène internationale, la Commission européenne a multiplié les accords commerciaux, l’agriculture servant le plus souvent de variable d’ajustement des négociations — notamment à travers le traité déséquilibré conclu avec les États-Unis, qui engage l’UE à acheter pour 750 milliards de dollars d’énergie américaine et à investir 600 milliards de dollars, en échange d’un plafond tarifaire de 15 %. Il s’agit d’un coup porté au projet européen et à sa capacité à démontrer qu’elle protège ses citoyens et ses acteurs économiques, y compris les agriculteurs.

Au-delà du marketing et des effets d’annonce, les agriculteurs ont de toute urgence besoin d’une Europe forte, fondée sur une approche commune — et non de la poursuite d’une trajectoire politique qui conduit à une fragmentation des marchés, à une concurrence interne au sein du marché unique et à l’absence de conditions de concurrence équitables, sous couvert de flexibilité et d’approches fondées sur le « chacun pour soi ». Cette situation est d’autant plus préoccupante que la Commission propose de sanctuariser seulement 300 milliards d’euros pour le prochain budget à long terme — soit une réduction de plus de 20 % — et que la disparition de la PAC en tant que ligne budgétaire propre compromet davantage encore sa visibilité et la prévisibilité dont ont besoin les agriculteurs européens et leurs chaînes de valeur.

Par conséquent, Farm Europe appelle à repositionner l’agriculture, ainsi que la politique agricole, à la place qui leur revient dans le projet européen, afin de libérer leur véritable potentiel comme levier d’une Europe véritablement souveraine dans de nombreux domaines — car ce secteur est essentiel non seulement à la sécurité alimentaire et à la santé des citoyens européens, mais également à des chaînes de valeur stratégiques, notamment dans l’énergie, la chimie et l’ensemble des composantes essentielles d’une économie neutre en carbone.

Le Parlement ouvre la voie à l’utilisation des recettes du CBAM, mais ne protège pas les agriculteurs

Farm Europe regrette le vote intervenu aujourd’hui en plénière sur l’extension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) aux produits en aval, qui a confirmé la suppression de l’article 27a. Farm Europe compte sur le Conseil et la Commission pour défendre cette disposition au cours des négociations interinstitutionnelles, et au-delà, pour définir de toute urgence une nouvelle stratégie de décarbonation des engrais qui reflète mieux les spécificités des chaînes de valeur agricoles.

Le Parlement européen a aujourd’hui confirmé l’approche de la commission ENVI visant à supprimer le mécanisme d’urgence proposé par la Commission européenne, qui aurait permis de suspendre temporairement la taxe carbone en cas de « circonstances graves et imprévues » (article 27a). Le CBAM couvre les engrais azotés, dont les agriculteurs sont les utilisateurs en aval. Contrairement aux opérateurs industriels, ils ne bénéficient d’aucune allocation gratuite, vendent le plus souvent sur des marchés où ils sont preneurs de prix et ne peuvent pas répercuter leurs coûts en aval. Toute hausse du prix des engrais se répercute donc directement au niveau de l’exploitation, dans une Union qui reste fortement dépendante des importations. Les prix des engrais atteignent déjà des niveaux que de nombreuses exploitations ne peuvent pas supporter.

La proposition initiale de la Commission reconnaît ce risque en prévoyant un instrument conditionnel, fondé sur des éléments probants et réversible, sans pour autant affaiblir l’intégrité environnementale du mécanisme ni son architecture visant à lutter contre le contournement.

Cependant, le Parlement européen maintient une disposition générale selon laquelle la Commission peut, « le cas échéant », réorienter les recettes du CBAM vers les secteurs affectés. Lorsqu’une politique augmente de manière structurelle le prix d’un intrant que les agriculteurs ne peuvent pas remplacer et dont ils ne peuvent pas répercuter le coût, les recettes qu’elle génère ne devraient pas leur échapper. Ce principe doit désormais être rendu opérationnel, plutôt que de rester soumis au pouvoir discrétionnaire de la Commission.

Loi sur les marchés publics : Eat Europe et Farm Europe saluent l’inclusion de l’alimentation et appellent à renforcer l’action en faveur de la qualité alimentaire et de la santé publique

Eat Europe et Farm Europe saluent l’inclusion récente d’une disposition spécifique consacrée à l’alimentation dans la proposition de loi sur les marchés publics, qui vient d’être publiée. Nous avons toujours défendu les marchés publics comme l’un des outils les plus efficaces dont disposent les pouvoirs publics pour favoriser des systèmes alimentaires plus sains et de meilleure qualité. Les cantines publiques — en particulier dans les écoles et les hôpitaux — ne sont pas de simples lieux où sont servis des repas : elles constituent de puissants leviers pour façonner les habitudes alimentaires et protéger la santé publique. Nous nous félicitons donc que, bien qu’elle ne figurait pas dans la proposition initiale, la loi comporte désormais une disposition spécifique consacrée à l’alimentation. Ne pas reconnaître l’impact des règles de marchés publics applicables aux cantines sur la santé humaine aurait constitué un recul majeur.

Toutefois, dans sa forme actuelle, la proposition ne va pas encore assez loin dans la reconnaissance du rôle crucial que les marchés publics peuvent jouer dans la protection et l’amélioration de la santé des citoyens grâce à l’accès à une alimentation de qualité.

En particulier, la proposition repose sur une approche volontaire lorsqu’il s’agit de prendre en compte des critères relatifs à la qualité des aliments. Compte tenu de l’ampleur du marché des marchés publics et de son impact direct sur l’alimentation de millions de citoyens, nous estimons que certains critères de qualité devraient être obligatoires plutôt que simplement encouragés.

« Nous saluons l’accent mis sur les aliments naturels et de saison, ainsi que la reconnaissance du fait que l’organisation de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, y compris sa dimension locale, doit être prise en compte », a déclaré Yves Madre, Président de Farm Europe. « Il s’agit désormais de critères fondamentaux pour les citoyens européens lorsqu’ils font leurs choix alimentaires et ils devraient se traduire par une plus grande cohérence dans les marchés publics, ainsi que dans les futures règles régissant l’organisation commune des marchés des produits agricoles, comme le reconnaissent déjà les travaux en cours au Parlement européen. »

La fraîcheur et la saisonnalité, les produits issus de l’agriculture biologique et des systèmes de qualité, ainsi que la manière dont les aliments sont élaborés tout au long de la chaîne, constituent des principes importants et bienvenus. Néanmoins, le concept de qualité alimentaire reste trop étroit : les marchés publics devraient également reconnaître explicitement l’importance de privilégier les circuits courts et les aliments peu transformés, et devraient permettre de restreindre ou d’interdire l’achat d’aliments ultra-transformés (AUT), au moins dans des environnements particulièrement sensibles tels que les écoles et les hôpitaux.

« Il ne s’agit pas d’une ambition irréaliste. Des approches similaires commencent déjà à émerger dans différentes régions du monde », a déclaré Luigi Scordamaglia, Président d’Eat Europe. « En Europe, nous disposons de plusieurs exemples qui vont dans cette direction : Rome, Paris et de nombreuses autres petites et moyennes villes démontrent que les pouvoirs publics peuvent agir de manière décisive lorsque les considérations de santé sont placées au cœur des politiques d’approvisionnement alimentaire », a-t-il conclu.

En ce qui concerne les AUT, il n’est plus temps d’attendre. Les initiatives promues par le Commissaire Várhelyi vont dans la bonne direction, mais il subsiste encore trop de réticences à s’attaquer de front à cette question et une tendance excessive à reporter les décisions concernant des mesures susceptibles de répondre à ce qui constitue déjà l’un des principaux défis de santé publique liés à l’alimentation auxquels nos sociétés sont confrontées.

Eat Europe et Farm Europe attendent donc du Parlement européen qu’il engage, dès le départ, une réflexion sérieuse sur la manière de renforcer la proposition dans ce sens. Cela devrait notamment impliquer de dépasser un cadre principalement volontaire et de veiller à ce que les règles relatives aux marchés publics soient conçues avant tout dans l’intérêt général.

« Le débat ne devrait pas être façonné par les intérêts des grandes entreprises agroalimentaires, dont l’objectif premier est le profit, mais par la responsabilité des décideurs politiques de protéger la santé humaine et de veiller à ce que l’argent public contribue à des systèmes alimentaires plus sains, notamment en fournissant des outils efficaces et obligatoires pour lutter contre la progression des AUT, en particulier lorsqu’il s’agit des règles encadrant l’utilisation de l’argent public », a déclaré Luigi Scordamaglia, Président d’Eat Europe.

L’Europe a besoin de toute urgence d’un plan paneuropéen pour l’eau en agriculture

La carte des impacts climatiques de 2026 sur les systèmes agricoles de l’UE se superpose quasi intégralement avec les tendances à long terme observées ces dernières années. 2026 est une année de tous les excès du climat – excès d’eau, températures extrêmes, sécheresse touchant 70% des terres agricoles dans la même année. L’Union européenne n’est pas prise par surprise par cette nouvelle réalité, mais elle est prise dans un état d’impréparation le plus total du fait du manque d’investissement et d’anticipation de ces phénomènes sur ses systèmes agricoles mis sous très forte tension. 

C’est le principal constat mis en lumière par le second volet de l’étude intitulée : « Une crise de l’eau en agriculture qui appel un plan européen pour résoudre le puzzle des défis régionaux », présentée le 8 septembre, au Parlement européen, lors d’un évènement organisé sous le patronage de Mme Maria Carmen Crespo, membre de la commission agriculture du Parlement Européen.

A cette occasion, aux côtés de Mme Letizia Moratti, membre de la commission environnement du Parlement européen, Mme Gaëlle Marion, Chef d’Unité «Environmental sustainability » à la Commission européenne, Mme Céline Duroc, Directrice de l’AGPM et de la CEPM, de M Adriano Battilani, Secrétaire Général d’Irrigants d’Europe, de Mme Claudia Albani, représentante de la Coldiretti et de M José Maria Castilla, Directeur Europe d’ASAJA, Luc Vernet, secrétaire général de Farm Europe l’a souligné : « Les agriculteurs ne peuvent pas faire face, seules, au défi de l’eau. Ils attendent un signal fort de la part des dirigeants européens, et notamment de la Présidente de la Commission européenne lors de son discours sur l’État de l’Union quant aux mesures envisagées à la fois à court terme et à long terme pour soutenir l’agriculture. 80% des pertes agricoles des dernières années sont dues aux aléas climatiques. La gestion de l’eau en agriculture est le premier levier de gestion des risques, largement sous investis ces dernières années. Elle ne concerne pas seulement les agriculteurs : les sols agricoles sont au cœur des cycles naturels. Ils sont la plus grande infrastructure hydrique de l’UE. De leur bonne santé dépend non seulement notre alimentation, mais aussi notre capacité à réguler les températures, limiter les inondations, recharger les nappes, stocker le carbone. Sécuriser l’approvisionnement en eau des agriculteurs n’est pas une demande corporatiste, c’est un enjeu de société et de sécurisation des cycles de l’eau ». 

Dans ce cadre, Farm Europe appelle la Commission européenne à construire une stratégie de l’eau main dans la main avec le monde agricole afin de croiser l’expertise climatique et agronomique pour construire des solutions pertinentes et adaptées aux enjeux de chaque territoire. Le second volet de l’étude, qui sera suivi d’un travail orienté sur les solutions, croise trois niveaux d’analyse : l’analyse des systèmes agricoles, l’analyse de sensibilité des écosystèmes agricoles aux besoins en eau, et les ressources hydro-climatiques, tenant compte de leur évolution en cours. Cette analyse permet de construire des indicateurs, fondamentaux pour construire l’avenir. 

Il apparaît qu’aucune région n’est désormais à l’écart du défi de l’eau : l’ensemble de l’Union européenne est concerné. Mais il n’y a pas un défi ni une solution unique : une coopération européenne est nécessaire pour définir une trajectoire d’adaptation orientée sur la capacité à produire dans un contexte de disponibilité en eau sous tension. 

Les leviers d’adaptation existent : carbon farming, agriculture de précision ; investissement dans des infrastructures de stockage, d’irrigation, de réutilisation de l’eau, ou de désalinisation ; travail pour réduire la sensibilité des systèmes agricoles à travers l’adaptation génétique des cultures (NGTs notamment) et l’adaptation des rotations lorsque cela est nécessaire. 

Pour y parvenir, des outils de financements à court, moyen et long terme doivent être dégagés, l’investissement dans la disponibilité de l’eau pour l’agriculture devant être traités comme des investissements stratégiques au sein du budget européen actuel et futur, y compris le fonds de compétitivité et la Politique agricole commune. 

« Le retard pris ces 20 dernières années impose à l’Union européenne de gérer à la fois l’urgence avec des mesures de court terme pour assurer la continuité de la production, et préparer l’avenir pour sortir d’une situation de crise permanente,» conclut Luc Vernet. « Ceci appelle à remettre l’agriculture au cœur du projet européen en tant que projet stratégique et bénéfique pour l’ensemble de la société européenne ».

Lien vers l’étude:

La crise de l’eau en Europe est là : il est temps d’agir

Farm Europe présente une nouvelle étude sur la résilience hydrique au Parlement européen le 8 septembre

Après un nouvel été marqué par de graves sécheresses, des épisodes de chaleur extrême et une pression croissante sur les ressources en eau, Farm Europe appelle une nouvelle fois à passer de la gestion de crise à une approche fondée sur la prévention, la résilience et l’investissement, afin de renforcer la compétitivité de l’agriculture européenne. Cela peut être réalisé grâce à une volonté politique et à des modifications ciblées de l’ensemble des propositions relatives à la PAC ainsi que d’autres dossiers législatifs, tels que le Fonds européen pour la compétitivité.

Farm Europe présentera sa nouvelle étude approfondie sur l’eau au Parlement européen le 8 septembre à 17h30, lors d’un événement organisé avec Carmen Crespo, députée européenne (Espagne, PPE).

L’étude examine la situation de l’eau dans l’ensemble de l’UE ainsi que sa dimension régionale, et commence à formuler des recommandations pour répondre aux défis croissants auxquels est confrontée l’agriculture européenne.

« L’Europe ne peut pas se permettre d’attendre la prochaine crise. Le moment est venu non seulement de gérer les conséquences de la pénurie d’eau, mais aussi de les prévenir. L’Europe a besoin d’une stratégie à long terme fondée sur la prévention, la résilience et l’investissement », déclare Luc Vernet, Secrétaire général de Farm Europe.

Farm Europe appelle notamment à ce que le futur Fonds européen pour la compétitivité soutienne les investissements stratégiques dans la résilience hydrique, notamment les infrastructures de stockage de l’eau, les technologies numériques permettant d’améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau et les mesures visant à préserver la qualité de l’eau.

L’étude met également en évidence la contribution de l’agriculture, de l’élevage et de la bioéconomie au sens large à la construction de territoires européens plus résilients.

La présentation sera suivie d’une table ronde réunissant des députés européens, des représentants des institutions européennes, des acteurs du secteur agricole, des experts ainsi que des membres et partenaires de Farm Europe. Les échanges porteront sur la manière dont la gestion de l’eau peut contribuer à garantir la compétitivité et la résilience futures de l’agriculture européenne.

La crise de l’eau en Europe est là. Le moment d’agir, c’est maintenant.

L’événement aura lieu le mardi 8 septembre 2026, de 17h30 à 19h00, au Parlement européen à Bruxelles.

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