ELEVAGE DANS L’UE – VEILLE PÉRIODIQUE

Le secteur de l’élevage européen fait face à un nombre croissant des préoccupations. Parmi ces préoccupations la hausse des coûts de l’énergie, des engrais et des aliments pour animaux ainsi que l’impact économique croissant des maladies vétérinaires (peste porcine africaine et grippe aviaire hautement pathogène). 

En Allemagne, le gouvernement fédéral veut réduire la proportion d’aliments d’origine animale (à hauteur de 80% pour la viande) et entend miser sur une alimentation plus végétale.  A noter qu’il n’y a aussi toujours pas d’accord en vue au sein de la coalition sur plusieurs questions agricoles clés telles que l’édition de gènes et la taxe sur le bien-être animal.

Près d’une douzaine de pays de l’UE se sont joints à l’Irlande pour rejeter le lien que la Commission européenne tend à faire entre la consommation de viande et le cancer dans son nouveau programme de promotion alimentaire.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie pourrait avoir de graves conséquences pour l’élevage en Europe. Dans ce contexte d’extrême vulnérabilité d’une partie du monde agricole, la Commission européenne indique qu’elle proposera ces prochains jours des « mesures exceptionnelles » pour pallier aux déséquilibres du marché.

Le Parlement européen approuve le rapport sur le bien-être animal, ouvrant la voie à de nouvelles règles européennes, et les eurodéputés réclament que les règles actuelles sur le bien-être animal dans l’UE soient harmonisées et appliquées de façon plus stricte. 

Les États membres de l’Union européenne ont approuvé la mise sur le marché d’un additif alimentaire innovant pour vaches laitières qui réduit les émissions de méthane.

La Commission continue de soutenir la coordination de la communauté de la recherche sur le développement, l’essai et la démonstration des pratiques de culture du carbone. Un groupe d’experts, réunissant autorités des États membres et parties prenantes, soutiendra la Commission dans l’élaboration des normes pour la certification des absorptions de carbone.

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LA COMMISSION DOIT RÉVISER SES STRATÉGIES DE LA FERME À LA TABLE ET DE LA BIODIVERSITÉ

7 mars 2022

L’invasion russe de l’Ukraine a ramené la guerre sur le sol européen, et ses conséquences dramatiques se déroulent sous nos yeux.

L’Ukraine et la Russie sont les principaux exportateurs mondiaux de céréales – blé, maïs, tournesol. La guerre bloque les exportations depuis la mer Noire. Dès aujourd’hui et pour cette campagne, ce sont plus de 10 millions de tonnes de céréales qui ne peuvent plus alimenter les marchés mondiaux. Qu’adviendra-t-il de la prochaine campagne ? Les effets se font déjà sentir, les prix des céréales atteignent des niveaux toujours plus élevés.

Les consommateurs de l’UE devront payer plus pour leur panier alimentaire, en plus des récentes pressions inflationnistes. Les producteurs de viande de l’UE voient le coût grimper pour nourrir leur bétail. Dans certaines régions du Moyen-Orient et d’Afrique, l’inflation des prix des céréales va affliger des légions d’habitants pauvres.

La guerre fait souffrir, mais c’est aussi un signal d’alarme pour l’UE. Il est désormais parfaitement clair pour les Européens qu’ils doivent améliorer leur souveraineté énergétique et être moins dépendants des importations en provenance de Russie.

Il devrait également être parfaitement clair que l’UE doit garantir sa souveraineté alimentaire. L’indépendance énergétique et alimentaire sont des piliers stratégiques cruciaux. Nous ne devons pas mettre nos approvisionnements alimentaires en danger et nous devons veiller à ce que les pays méditerranéens voisins et les pays d’Afrique ne soient pas confrontés à la famine.

Cela doit constituer un signal d’alarme et de sursaut pour la Commission. Les propositions de la Commission sur les stratégies de la ferme à l’assiette et biodiversité vont à l’encontre de notre souveraineté alimentaire et de la sécurité alimentaire mondiale. Toutes les études et analyses faites sur les propositions, y compris celle faite par la Commission elle-même, montrent des résultats étourdissants : l’offre est réduite de plus de 10-15 % dans les secteurs clés, céréales, oléagineux, viande bovine, vaches laitières ; de plus de 15 % en porc et volaille, et de plus de 5 % en légumes et cultures permanentes. Toutes les analyses publiées montrent des résultats similaires, laissant peu de doute quant à une forte contraction auto-infligée de l’agriculture dans l’UE.

L’UE ne peut pas poursuivre une politique qui réduit sa production agricole alors que la mondialisation et la sécurité des approvisionnements sont remises en question, que la demande mondiale alimentaires et d’aliments pour animaux augmente à mesure que la population mondiale augmente.

Le moment est venu pour la Commission de revoir fondamentalement ses propositions.

La lutte contre le changement climatique et la protection de l’environnement sont des priorités que nous partageons. Notre problème n’est pas de mettre en place des politiques qui vont dans ce sens. La réalité est que les politiques proposées par la Commission auraient un impact limité, si ce n’est négative, sur l’environnement étant donné que la production augmenterait ailleurs pour compenser la contraction dans l’UE, tout en ayant un impact dramatique sur notre la production alimentaire et l’accroissement de l’inflation.

Il existe des politiques alternatives qui protègent l’environnement et luttent contre les changements climatiques, tout en augmentant notre potentiel de production. L’essentiel est de favoriser les bons investissements afin d’atteindre une croissance durable de la productivité. C’est faisable, c’est prouvé, mais L’UE doit intensifier ses efforts en la matière.

La Commission doit acter les conséquences qu’auraient ses propositions inappropriées et changer de cap sans tarder. Il n’est pas concevable qu’elle fasse des propositions législatives spécifiques sans réviser préalablement sa copie.

NOUVELLES VIN : rapport BECA approuvé sans dommage pour le secteur

Le mois de février a été marqué par des débats au parlement européen autour de la consommation de vin. Le rejet par le Parlement européen de la proposition de la rapporteur BECA  faisant l’amalgame entre consommation excessive d’alcool et consommation modérée de  vin est à souligner, tandis que l’inquiétude grandit sur les bancs européens au regard de la situation internationale. La guerre entre l’Ukraine et la Russie menace le secteur viticole, notamment en Espagne, en Italie et en Géorgie, et ajoute une pression supplémentaire à un secteur devant récupéré de la crise Covid et fortement touchée par la récente hausse des prix de l’énergie.

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NUTRITION ET POLITIQUE ALIMENTAIRE : L’Italie lance le Nutrinform

Au cours de la session plénière du Parlement européen de février, ce dernier a voté et approuvé le rapport amendé sur le plan européen de lutte contre le cancer : il prend en compte toutes les étapes des maladies et l’influence que l’alimentation et le mode de vie ont sur la santé.

Lors d’une présentation, les ministres italiens de la santé, de l’agriculture et des affaires étrangères ont présenté officiellement le Nutrinform, le système national d’étiquetage sur le devant des emballages qui informe sur la valeur nutritionnelle des aliments emballés. 

Les politiques visant à réduire la consommation de sel dans la population afin d’améliorer la santé générale se sont avérées efficaces en Afrique du Sud grâce à une réglementation obligatoire de réduction du sel dans les aliments transformés.

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Farm to Fork: le travail continue

– L’agriculture carbone a été l’un des sujets abordés par la commission de l’agriculture au parlement au cours de ce mois. Si les députés sont d’accord avec les propositions de la Commission, ils ont exprimé leurs inquiétudes quant à la méthodologie qui sera utilisée pour mettre en place le système de certification, la manière dont ce système sera financé, la manière de le contrôler et le risque d’augmenter la charge administrative.

– Du côté du Conseil, les ministres ont discuté et pris position, entre autres, sur la politique de promotion des produits agroalimentaires. Ils s’opposent fermement à l’idée d’un alignement de cette politique sur la stratégie F2F qui entraînerait l’exclusion de certains secteurs agroalimentaires (viande, vin…).  

– Un projet de révision de la directive sur l’utilisation durable des pesticides a fuité des services de la Commission.  La Commission a l’intention d’introduire des règles plus strictes afin d’accroître la cohérence entre États membres et d’avoir des effets plus contraignants sur les politiques des différents États membres.

– Lors de la session plénière du Parlement européen de février, les députés ont voté le rapport sur le bien-être animal (Rapporteur : Decerle, FR, Renouveau), s’accordant sur le fait que les normes doivent être harmonisées entre les États membres et demandant des règles plus strictes.

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NOUVELLES TECHNIQUES DE SÉLECTION VARIÉTALE : Certains députés européens ont encore des doutes

Certains députés européens ont envoyé une lettre à la Commission avant la publication du projet de règlement sur les variétés obtenues grâce aux nouvelles techniques de sélection génétique, appelant à davantage de recherche et d’attention à la sécurité, les 31 élus ont demandé à la Commission d’analyser plus en détail les risques liés aux nouvelles techniques génomiques, soulignant que le programme de travail du programme d’innovation de l’UE Horizon ne prévoit pas de recherche dans ce sens. Cependant, l’eurodéputé allemand Lins, président de la commission de l’agriculture, a déclaré que le PE s’engageait à encourager la recherche et à donner des alternatives concrètes aux agriculteurs d’ici 2030. 

En Angleterre, le processus de révision de la législation visant à assouplir le contexte juridique de la recherche sur les nouvelles techniques génomiques a fait l’objet d’un examen minutieux par la commission parlementaire. Les Lords ont souligné que le projet de loi manque de clarté sur le processus général de réforme et sur les définitions.

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Avis scientifique de l’EFSA sur le sucre : des travaux supplémentaires nécessaires pour donner une réelle orientation aux autorités sanitaires

1er mars 2022

Hier, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié son avis scientifique sur l’apport maximal tolérable de sucres dans l’alimentation[1], c’est-à-dire un niveau maximal d’apport qui ne nuirait pas à la santé des consommateurs, en réponse à la demande de cinq pays nordiques (Danemark, Finlande, Suède, Islande et Norvège). Des niveaux supérieurs (UL) ont déjà été définis par l’EFSA pour certains micro[2] et macro-nutriments tels que les fibres alimentaires, les graisses, les protéines, etc[3]

Dans son avis, l’EFSA soutient qu’il n’est pas possible de définir un niveau supérieur d’apport en sucre (sous la forme d’un seuil spécifique), mais elle recommande de maintenir l’apport en sucre « aussi bas que possible ». Cette formulation présente au moins deux inconvénients majeurs : 

Premièrement, elle laisse ouverte l’interprétation qu’il n’existe pas de niveau sûr d’apport en sucre et qu’il faudrait donc éviter le sucre à tout prix, quelle qu’en soit la quantité, ce qui constitue une brèche au principe nutritionnel de base d’un régime équilibré. L’EFSA souligne que les études analysées et les examens systémiques sur la relation entre le sucre et la santé convergent vers une corrélation linéaire supposée, et non vers une courbe en forme de « S » : un niveau supérieur, donc une zone de sécurité, ne peut être déterminé.

Néanmoins, l’EFSA elle-même déclare dans son avis scientifique qu’à « des niveaux d’apport en sucres ajoutés et libres inférieurs à 10E%, l’incertitude est grande quant à la forme et à la direction des relations entre l’apport en sucres ajoutés et libres et le risque de maladies métaboliques« . Cette déclaration devrait lever tous les doutes sur le fait que les preuves scientifiques montrent qu’en dessous d’un certain seuil  — indicatif —d’apport énergétique total en sucres, les effets négatifs sur la santé ne peuvent pas être directement liés au sucre, mais sont le résultat de nombreux facteurs. Cette déclaration contredit l’approche linéaire et montre en fin de compte qu’à ce stade, en émettant la déclaration « le plus bas possible », l’institution fait de la politique plutôt que de la science, lançant des slogans de communication sensationnalistes plutôt que de fournir des lignes directrices aux autorités sanitaires fondées sur des messages scientifiques rigoureux.

Des titres de communication plutôt que des lignes directrices en matière de santé

Deuxièmement, la formulation de l’EFSA ne donne aucune orientation concrète aux autorités nationales pour la mise à jour des lignes directrices diététiques, donc la définition des profils nutritionnels. Après avoir analysé des dizaines de publications et de revues scientifiques sur le sujet, mis à jour sa base de données alimentaire (Foodex2), consulté les parties prenantes, « le plus bas possible » est la solution de facilité. En cela, elle n’aide pas à faire face aux problèmes de santé croissants des adultes et des enfants européens.

D’autres institutions (organismes internationaux et nationaux) ont déjà réussi à fixer leurs limites supérieures — ce qui, comme le rappelle l’EFSA, n’est pas un objectif vers lequel nous devrions tendre, mais plutôt un seuil maximal au-delà duquel les risques pour la santé augmentent. 

En outre, l’EFSA elle-même a déjà défini des seuils spécifiques et des fourchettes de sécurité pour d’autres nutriments tels que le sel[4] (2,0 g/jour de sodium), les graisses[5] (un apport quotidien compris entre 20 et 35 % de l’énergie), les glucides (compris entre 45 et 60 % de l’énergie totale) et les fibres alimentaires (25 g/jour)[6] en utilisant une méthodologie similaire à celle utilisée pour son analyse du sucre.

L’EFSA doit poursuivre ses travaux 

En conséquence, la déclaration de l’EFSA sur le sucre UL ne définit pas à ce stade de niveaux de sécurité spécifique pour les apports en sucre. Cela peut prêter à confusion pour les autorités de santé publique (chargées d’élaborer des directives diététiques), les transformateurs de produits alimentaires et les consommateurs (qui souhaitent améliorer leurs produits et leur santé). Par conséquent, l’EFSA devrait aborder ce point et approfondir son travail sur cette question. Ceci est d’autant plus important si l’on considère que la publication de l’avis scientifique de l’Autorité européenne de sécurité des aliments sur les doses maximales tolérables de sucres pourrait être utile dans le contexte de la révision du règlement FIC (Food Information to Consumer). Mais, à ce stade, il est tout simplement impossible de l’utiliser comme base d’une politique de santé publique solide et bien informée.  

Contexte

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L’approche générale de l’EFSA pour établir un AMT comprend l’analyse de vastes ensembles de données et de la littérature scientifique, après quoi un graphique en forme de « S » (comme celui ci-contre) est utilisé pour exposer graphiquement la corrélation entre l’apport en nutriments et les risques pour la santé. Comme on peut le constater, il existe une « fourchette de sécurité » dans laquelle les quantités d’apport en nutriments sont considérées comme sûres ; au-delà de cette fourchette, des effets négatifs sur la santé commencent à apparaître, selon la littérature scientifique. Le niveau supérieur correspond à la dernière quantité d’apport en nutriments au-delà de laquelle les effets négatifs sur la santé commencent à se manifester.

La fourchette de sécurité varie selon le nutriment et elle est calculée comme une moyenne pondérée de l’ensemble des données et de la littérature scientifique sur le sujet. Pour les sucres alimentaires, l’EFSA souligne qu’il est impossible d’établir une telle courbe car la corrélation est supposée être linéaire à ce stade, ce qui empêche de déterminer une fourchette de sécurité. Mais les données de 0 à 10 E% de l’apport ne sont pas suffisantes (très incertaines) pour soutenir cette conclusion linéaire.


[1] https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.2903/j.efsa.2022.7074

[2] https://www.efsa.europa.eu/sites/default/files/assets/UL_Summary_tables.pdf

[3] https://www.efsa.europa.eu/sites/default/files/2017_09_DRVs_summary_report.pdf

[4] https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/5778

[5] https://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/1461

[6] https://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/1462

Pologne – Plan stratégique national de la PAC

Priorités stratégiques

En Pologne, les zones rurales et agricoles occupent respectivement 85% et 52% du pays. Les zones rurales sont habitées par environ 15 millions de personnes, soit 38 % de la population totale du pays. Il y a environ 1,4 million d’exploitations agricoles. Les principaux secteurs sont les produits laitiers, les céréales, les porcs, la volaille et l’horticulture. L’agriculture y est caractérisée par un grand nombre d’exploitations de petite taille économique et il existe d’importantes disparités de revenus. Le plan stratégique polonais pour la politique agricole commune soutiendra le développement durable des exploitations, le secteur de la transformation et l’amélioration des conditions de vie et de travail dans les petites zones rurales. Le PSN soutiendra également des méthodes agricoles durables, respectueuses du climat et de l’environnement, qui protègent l’eau, le sol et l’air, ainsi que la biodiversité. Il encouragera la production et l’utilisation d’énergies durables. La diversité économique sera renforcée, y compris la bioéconomie. Les solutions scientifiques et innovantes, y compris les solutions numériques, seront diffusées et mises en œuvre, éliminant ainsi les obstacles au développement dans les zones rurales.

Le budget du plan stratégique en Pologne est de plus de 25 milliards d’euros pour la période 2023-2027, dont plus de 17 milliards d’euros sont alloués aux paiements directs après le transfert de 30 % du deuxième pilier au 1er pilier. La dotation du deuxième pilier est d’environ 8 milliards d’euros. Estimant que les « outils qui améliorent le revenu des agriculteurs sont les paiements directs », le gouvernement polonais a décidé de les renforcer en transférant des fonds du deuxième pilier au premier.

Le revenu de base et le paiement redistributif

Environ 8 milliards d’euros sont prévus pour l’aide au revenu de base pour 2023-2027, ce qui représente 47,36 % de l’enveloppe des paiements directs.

Le taux estimé est d’environ 118 EUR/ha. 

La réduction du paiement (plafonnement) ne sera pas appliquée. 

Dans le cas de la Pologne, la priorité en matière de soutien à l’activité agricole dans le cadre du plan stratégique est accordée aux petites et moyennes exploitations dont la superficie ne dépasse pas 25-30 hectares. Par conséquent, le paiement redistributif est destiné aux exploitations dont la superficie peut atteindre 50 hectares, mais l’aide sera versée jusqu’à un maximum de 30 hectares – c’est-à-dire que ce sont les exploitations d’une superficie de 30 hectares qui bénéficieront le plus (en termes de paiement moyen par hectare sur une exploitation) de ce type de paiement. Un total d’environ 2 milliards d’euros est prévu pour le paiement redistributif entre 2023 et 2027, ce qui représente 11,57 % de l’enveloppe des paiements directs. Taux estimé à environ 44 EUR/ha. Taux maximal d’environ 48,5 EUR/ha.

L’architecture verte 

L’architecture verte du PSN polonais établit un certain nombre de mesures dans les deux piliers pour encourager les agriculteurs à adopter des pratiques agricoles pro-environnementales. De manière plus significative, dans le premier pilier, les éco-régimes sont des systèmes de paiement volontaire pour les agriculteurs qui mettent en œuvre des pratiques bénéfiques pour l’environnement et le climat qui vont au-delà des exigences établies par la conditionnalité. 

Dans le PSN polonais, on estime les valeurs de paiement de chaque éco-régime par hectare, en estimant le nombre d’agriculteurs qui seront intéressés par l’adhésion à chaque éco-régime. Évidemment, ce chiffre peut changer en fonction du nombre d’adhérents. Dans le PSN polonais, les éco-régimes prévus sont les suivants :

– Mélange de fumier sur des terres arables dans les 12 heures suivant l’application Taux estimé : 89,44 euros/ha.

– Application de lisier par des méthodes autres que le barbotage Taux estimé : 65,39 euros/ha.

-Entretien d’un boisement de milieu de champ Taux estimé : 560,45 Euro/ha.

-Entretien des systèmes agro-forestiers On estime qu’environ 3,9 milliers d’hectares seront couverts par l’aide.

-Système agricole simplifié Lobjectif de cet éco-schéma est de soutenir le travail de conservation du sol, de préserver les ressources naturelles tout en obtenant des rendements satisfaisants. Taux estimé : 125,62 euros/ha.

-Les cultures dérobées hivernales/les cultures intercalaires Taux estimé : 176,63 Euro/ha.

-Rétention d’eau sur prairie permanente Taux estimé : 63,15 Euro/ha.

– 7% des terres de l’exploitation aux zones non productives Taux estimé : 19,10 euros/ha.

-Agriculture biologique (taux estimés différents selon les cultures, par exemple : Cultures de baies, 560,67 EUR/ha, Cultures de vergers extensifs : 297,98 EUR/ha).

– Modèle de culture diversifié Taux estimé : 76,18 Euro/ha.

– Système de production végétale intégrée Taux estimé : 292,13 Euro/ha.

– Élaboration et respect d’un plan de fertilisation Taux estimé Euro/ha28,99.

– Protection biologique des cultures Taux estimé : 89,89 Euro/ha

– Zones avec des plantes mellifères Taux estimé : 269,21 Euro/ha. 

– Bien-être animal Le taux estimé varie considérablement en fonction des pratiques et des animaux.

– Densité des animaux sur prairie Taux estimé : 188,31 Euro/ha.

Les engagements pluriannuels pro-environnementaux du pilier II constituent l’élément le plus ambitieux de l’architecture verte de la PAC polonaise. Les exigences relatives à ces actions vont au-delà de la conditionnalité et de la législation nationale et communautaire pertinente et ne recoupent pas l’éventail des pratiques couvertes par les écoschémas. Elles seront volontaires pour l’agriculteur.

Les interventions agro-climatiques-environnementales pluriannuelles prévues sont, entre autres : Protection des habitats précieux et des espèces menacées dans les zones Natura 2000 ; Préservation des habitats précieux et des espèces menacées en dehors des zones Natura 2000 ; Utilisation extensive des prairies et des pâturages dans les zones Natura 2000 ; Préservation des vergers de variétés traditionnelles d’arbres fruitiers ; Bandes florales pluriannuelles ; Conservation des ressources génétiques végétales en agriculture, Conservation des ressources génétiques animales menacées en agriculture ; Jeunes vergers de variétés traditionnelles. D’autres interventions qui répondront aux objectifs environnementaux et climatiques seront les interventions sur les forêts et les zones boisées. Il s’agira d’investissements qui contribueront à atténuer le changement climatique et à maintenir et améliorer la stabilité écologique des zones forestières, en reliant, entre autres, les complexes forestiers fragmentés en structures paysagères compactes et continues, les fameux corridors écologiques. La création de boisements, de plantations d’arbres et de systèmes agroforestiers aura un impact significatif sur la rétention d’eau dans le profil du sol et l’amélioration de la qualité de l’eau. Elle contribuera également à accroître la biodiversité dans les zones rurales, car les arbres et les arbustes constituent un habitat pour de nombreux organismes et une base alimentaire pour, par exemple, les oiseaux et les insectes pollinisateurs. 

Paiement couplé

Le PSN polonais prévoit le taux maximum pour les paiements couplés, qui est de 15%. Les secteurs qui bénéficieront du paiement couplé sont les suivants : vache ; jeune bovin ; mouton ; chèvre ; betterave à sucre ; houblon ; lin ; chanvre à fibres ; fraises ; tomates ; pommes de terre féculières ; cultures fourragères ; légumineuses à grains.

Jeunes agriculteurs

Le plan stratégique prévoit une aide à l’investissement pour les jeunes entreprises dans le cadre du deuxième pilier et une aide pouvant aller jusqu’à cinq ans pour la superficie agricole des jeunes agriculteurs dans le cadre du premier pilier. 

Bien que la structure d’âge des agriculteurs en Pologne soit favorable par rapport aux autres États membres de l’UE, la part des jeunes agriculteurs dans le nombre total de chefs d’exploitation est en baisse, comme dans les autres États membres de l’UE. Un total d’environ 185,3 millions d’euros est prévu pour les paiements du premier pilier entre 2023 et 2027, ce qui représente 1,07 % de l’enveloppe des paiements directs.

ELEVAGE DANS L’UE – VEILLE PÉRIODIQUE

Le bon traitement des animaux d’élevage est de plus en plus important pour les consommateurs, ce qui se traduit par la volonté d’interdire les transports longs et les transports de nouveaux nés. De ce fait, la production animale (les cheptels laitiers et bovins) européenne va selon les estimations diminuer à l’avenir – pour suivre les tendances alimentaires européennes, visibles par l’attrait des substituts de viande et répondre aux objectifs de durabilité – tandis que la consommation mondiale est en augmentation. Par ailleurs, l’Union Européenne soutient cette évolution vers une alimentation plus végétale. Pour plus de transparence et de confiance, le gouvernement français a généralisé l’étiquetage de l’origine à toutes les viandes servies dans les cantines et restaurants.

Les états investissent dans leur agriculture : en Italie, la loi des finances accorde deux milliards d’euros à l’agriculture, la pêche et l’agroalimentaire, en France, le montant des aides bovines pour 2021 reste stable, en Grèce, 490 millions d’euros sont investis dans l’agriculture biologique, dont 130 millions destinés à l’élevage de bovins et d’ovins.

L’élevage européen est particulièrement affecté par les nombreuses maladies, notamment animales, présentes sur le territoire : peste porcine africaine, grippe aviaire, maladies respiratoires des bovins et covid-19. Des abattages préventifs massifs ont été imposés en France et en Italie, tout comme des mesures d’ostracisme et des interdictions de repeuplement. Cela ajouté aux coûts de l’énergie et de l’alimentation animale qui explosent, le marché mondial des produits animaux est hautement instable. En conséquence, des entreprises d’ovoproduits françaises sont à genoux, les prix du boeuf battent record après record, les prix du lait augmentent. Suite à ces dégâts, de nombreuses associations ont demandé des aides d’urgence en France, Irlande et Pologne.

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RAPPORT DE LA BANQUE MONDIALE & et de L’IFPRI

SUR LA RÉORIENTATION DES POLITIQUES ET DES AIDES AGRICOLES

Février 2022

La Banque mondiale vient de publier une étude, avec l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), intitulée « QUESTIONNER LES POLITIQUES ET LE SOUTIEN AGRICOLES ».

Dans cette étude, différents scénarios ont été analysés. D’un scénario de statu quo à la modélisation de l’impact de la restructuration du soutien (maintien du soutien à l’agriculture aux niveaux actuels, mais restructuration soit en passant à des taux d’aide uniformes pour tous les produits, soit en favorisant les produits à faible émission), en passant par l’introduction de la conditionnalité (subordonner le soutien à la réduction des émissions), ou par la réaffectation de soutiens à l’innovation verte (qui réorienterait une partie du soutien national vers des investissements ciblés sur des technologies qui améliorent la productivité et réduisent les émissions).

Certaines des conclusions du rapport parlent d’elles-mêmes :

« Le rapport constate que les émissions de gaz à effet de serre augmenteront considérablement à l’avenir si les politiques actuelles restent inchangées. Le simple réaménagement, voire la suppression, des aides actuelles n’entraînerait pas les changements nécessaires à la durabilité. » « Dans le cas d’un scénario de maintien des soutiens actuels, les émissions de GES dues à l’agriculture augmenteraient de 58 %, et 56 millions d’hectares seraient convertis en terres agricoles d’ici à 2040.« 

Mettre fin au soutien actuel ne serait pas non plus une bonne option : « Les régimes actuels de soutien à l’agriculture n’ont pas été conçus pour réduire la pauvreté ou améliorer les régimes alimentaires, mais leur suppression entraînerait probablement une hausse des prix des denrées alimentaires, ce qui contribuerait à accroître la pauvreté (bien que de façon marginale) et à augmenter le coût des régimes alimentaires sains.« 

« La conditionnalité politique liant le soutien à l’adoption de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement mais à plus faible rendement pourrait potentiellement réduire les émissions, mais génèreraient des effets négatifs pour les personnes, la nature et la prospérité économique avec une production agricole plus faible, une pauvreté plus élevée, une utilisation plus importante des terres agricoles et une augmentation du coût des régimes alimentaires sains.« 

« Il faut à la fois modifier les incitations et investir dans des innovations qui visent simultanément à améliorer la productivité et à réduire les émissions de gaz à effet de serre pour obtenir des gains importants et durables”. “Les résultats de la simulation suggèrent que les investissements dans les innovations conçues pour réduire les émissions et augmenter la productivité de 30 pour cent pourraient réduire les émissions de l’agriculture et de l’utilisation des terres de plus de 40 pour cent, rendant 105 millions d’hectares de terres agricoles aux habitats naturels, tout en offrant des gains substantiels en matière de réduction de la pauvreté, de nutrition et d’économie globale.« 

« L’option de réaffectation, qui consiste à réorienter une partie du soutien national vers des investissements ciblés dans des technologies qui permettent à la fois d’accroître la productivité et de réduire les émissions, semble offrir la possibilité de réaliser un triple avantage pour la santé de la planète, de l’économie et des populations. La croissance tirée par la productivité réduit la pauvreté et rend plus abordables les régimes alimentaires adéquats sur le plan nutritionnel. Dans ce scénario, l’extrême pauvreté dans le monde diminuerait de 1 %, tandis que le coût d’une alimentation saine baisserait de 18 %.« 

Ce rapport d’une organisation internationale bien connue et respectée donne un poids supplémentaire aux rapports et analyses qui montrent que l’approche de la Commission F2F et biodiversité – le scénario de « conditionnalité » dans le rapport de la Banque mondiale/IFPRI – serait préjudiciable à la production agricole, à la pauvreté et aux régimes alimentaires sains, et conduirait probablement à une augmentation de la déforestation.

Le scénario préféré, selon le rapport, est celui de la « réaffectation pour l’innovation verte ». Le principal changement de politique dans ce scénario est une réaffectation du soutien aux investissements qui réduisent les émissions et augmentent la productivité en même temps. Ou, comme l’a formulé Farm Europe, des investissements de double performance.

Le rapport de la Banque mondiale/IFPRI fait largement appel à la modélisation et à un certain nombre d’hypothèses, qui peuvent toujours être remises en question ; les résultats quantifiés sont fonction de ces hypothèses et du modèle utilisé. Par exemple, le rapport suppose « …un consensus international, en vertu duquel tous les gouvernements réorienteraient le soutien vers des objectifs mondiaux communs« , ce qui peut être trop optimiste.

Cela dit, l’enjeu n’est pas tant l’ampleur des résultats que leur orientation – et le rapport est on ne peut plus clair : la réduction de la production agricole n’est pas la bonne voie, bien au contraire.

La proposition de réorienter les ressources publiques vers des investissements à double finalité, afin de favoriser une croissance durable de la productivité, va dans le sens de la pensée actuelle de l’USDA, telle qu’exprimée par le secrétaire américain à l’agriculture. Cela montre que l’approche de la Commission trouve peu d’écho en dehors de l’UE et qu’elle suscite au contraire un nombre croissant de critiques et de propositions alternatives.