Budget PAC 2021-2027 : Face à la crise, relever plus de défis avec moins de budget

Perte de 40 milliards en euros constants, Maintien en euros courants,
Moins pour la relance, 40% du budget à orienter climat & environnement

 21 juillet 2020

Après un conseil européen marathon de 4 jours, les chefs d’Etat et de gouvernement ont doté l’Union Européenne d’un budget de 1074,3 milliards € pour la période (euros 2018) renforcé d’un budget de relance de 750 milliards € (à raison de 390 milliards d’aides et de 360 milliards de prêts).

S’agissant de la PAC, le budget acté s’élève à 258,594 milliards € (euros constants 2018) pour le 1er pilier, à 77,85 milliards pour le 2nd Pilier. Au titre du budget de relance, 7,5 milliards viendront abonder le budget du 2nd pilier.

Au total, ce sont 343,95 milliards € (2018) qui financeront les actions de la PAC durant les 7 prochaines années.

Si en euros courants, et en prenant l’hypothèse d’une inflation à 2%/an sur la période, le budget PAC 2021-2027 se maintient globalement par rapport à la période précédente (2014-2020), exprimé en euros constants 2018, il s’affiche en retrait de 39 milliards € (-10,2 %), soit un peu plus qu’une année pleine d’aides 1er pilier.

Un peu moins de la moitié peut être lié coût du Brexit pour la PAC, le Royaume Uni était un financeur net de la PAC pour environ 2,7 milliards €/an. Par conséquent, plan de relance inclus, il est demandé aux agriculteurs européens de financer pour quelques 20 milliards € d’autres politiques européennes.

Par rapport aux propositions dernières de la Commission, le budget acté du 1er pilier reste sensiblement le même, celui du 2nd pilier croit de 2,8 milliards € sur la période, mais la dotation pour la relance est divisée par 2, passant de 15 milliards à 7,5 milliards € seulement.

L’usage de ces 7,5 milliards restant ne fait pas l’objet d’orientations particulières des chefs d’Etat. La négociation liée à l’Omnibus relance sera d’autant plus clé afin que les actions de relance soient d’autant plus ciblées et pertinentes que l’enveloppe est contrainte.

Dans le contexte d’un budget à la baisse, et encore plus s’agissant du 2nd pilier, la répartition des 77,85 milliards € de ce dernier prévoit des bonus par rapport à la clé de répartition PAC à raison de 100 millions pour la Belgique, 650 pour l’Allemagne, 300 pour l’Irlande, 300 pour la Grèce, 500 pour l’Espagne, 1 600 pour la France, 100 pour la Croatie, 500 pour l’Italie, 50 pour Chypre, 250 pour l’Autriche, 200 pour la Slovaquie, 300 pour le Portugal et 400 pour la Finlande.

Par ailleurs, le Conseil européen a défini, parallèlement au budget PAC, certains paramètres de la future réforme PAC qui s’appliquera à compter de 2023 (et jusqu’en 2027) :

  • Alors que 30% du budget européen (dont relance) doit être relié à des actions en faveur du climat, un objectif de 40 % est défini pour l’ensemble de la PAC. Toutefois, aucune orientation n’est donnée quant à l’architecture verte de la nouvelle PAC (contrairement à 2013 où le Conseil européen avait explicité ce que devait être le verdissement)
  • Convergence des niveaux d’aides directes entre Etats membres : durant la période, 50% de l’écart à 90% de la moyenne européenne devront être comblés, avec des aides/ha ne pouvant être inférieures dans l’UE à des moyennes nationales de 200 €/ha en 2022 et 215 € en 2027.
  • Le plafonnement des aides directes se fera sur une base volontaire à un niveau possible de 100 000 euros d’aides directes de base par bénéficiaires, les charges de salaires pouvant être exclues.
  • La réserve de crise devra être dotée de 450 millions € (euros courants) en début de chaque année et sera alimentée prioritairement par les apurements, les marges budgétaires et en dernier ressort par la discipline budgétaire. Les sommes non dépensées seront transférées d’une année sur l’autre, sans qu’une incrémentation de la réserve au delà des 450 millions ne soit prévue. A noter que ce montant est inférieur au montant de la réserve actuelle (480 millions en euros courants) et que son mécanisme plafonné obère sa crédibilité d’action d’ores et déjà.
  • Les transferts de budget du 1er pilier vers le 2nd pilier pourront atteindre 42% au choix des Etats membres, à raison de 25% pour financer toute action choisie du 2nd pilier, 15% pour financer uniquement des actions environnementales et 2% pour des mesures en faveur des jeunes agriculteurs.
  • Des transferts du 2nd pilier vers le 1er pilier pourront être de 25% et être portés à 30 % pour les Etats membres dont les aides directes sont inférieures à 90% de la moyenne européenne.
  • Le cofinancement européen maximal de base des mesures 2nd pilier est défini à 43%, soit 10 points de moins qu’actuellement. Il est de 80% pour les régions ultrapériphériques et 85% pour les régions les plus défavorisées. Pour les mesures environnementales, les investissements non productifs, les actions EIP et Leader, il pourra aller jusque 80%. Pour les actions financées via un transfert budgétaire du 1er au 2nd pilier, le cofinancement communautaire pourra être de 100%.

Négociations pour la réforme de la PAC: retrait de la ComENVI & accord sur le règlement de transition

Le mois de juin fut marqué par les éléments suivants :

  • Au niveau du Parlement européen, la ComENVI a décidé de se retirer du travail conjoint AGRI-ENVI en cours sur le règlement relatif aux plans stratégiques de la PAC. En revanche sur les travaux de la stratégie « De la ferme à la table » les deux commissions vont travailler de concert, Anja Hazekamp (Gue pour la ComEnvi) et Herbert Dorfmann (PPE pour la ComAgri) étant les rapporteurs désignés.
  • Les colégislateurs sont parvenus à un accord sur le règlement de transition, et notamment sur une période, étendue à deux ans, malgré les réticences de la Commission. Celle-ci a d’abord menacé de retirer sa proposition de règlement et cherche depuis les moyens d’insérer dans ce règlement ou via l’omnibus « relance » un moyen de faire apparaître et communiquer sur 40% du budget PAC consacré à l’environnement en 2022.
  • Le Conseil s’est rassemblé à deux reprises. Les délégations ont pointé la nécessité d’un budget à la hauteur des exigences des stratégies F2F et Biodiversité du Pacte vert, ainsi que la nécessité de prendre en compte les efforts de durabilité déjà entrepris dans les Etats membres et la diversité des points de départs. La présidence allemande succède à la présidence croate, alors qu’un important travail reste à entreprendre sur le nouveau modèle de gouvernance et l’architecture verte.

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Négociations pour le budget de l’UE: dévoilement du budget 2021 & désaccord confirmé lors du Conseil européen

Le mois de juin fut marqué par la persistance et confirmation des divergences entre les états membres sur le futur CFP et le plan de relance associé, notamment sur la taille de l’enveloppe mais aussi les rabais, ou encore le rapport entre les prêts et subventions.

Les membres de la ComAgri ont bien accueilli la proposition de CFP revalorisée (en euros courants) par rapport à la proposition de la Commission de 2018, malgré le recul en euros constants.

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Outils de gestion des risques et crises agricoles: nouvelles ressources, nouveaux défis

La Commission européenne a présenté un ambitieux plan de relance européen et un nouveau cadre financier pluriannuel pour la période 2021-27. Les nouvelles propositions prévoient de nouvelles ressources pour le secteur agricole par rapport à la proposition initiale de mai 2018, bien que le montant total du soutien diminue à prix constants de 34 milliards d’euros (valeur 2018) par rapport à la période 2014-2020.

Parmi les éléments clés de ces propositions pour le secteur par rapport à la proposition de 2018 figure « une augmentation de 4 milliards d’euros pour la politique agricole commune (…), afin de renforcer la résilience du ou des secteurs agroalimentaires (…) et de fournir la marge de manœuvre nécessaire à la gestion des crises ».

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NOUVELLES TECHNIQUES DE SÉLECTION VARIÉTALE : encouragement des verts allemands du Bundestag et accord italien

En juin, l’actualité a été marquée par la prise de position de députés Verts Allemands en faveur de l’usage des biotechnologies, et l’insertion de ce sujet dans le projet de programme de base du parti.
En Italie, scientifiques et agriculteurs ont signé un accord pour la préservation de la diversité génétique et l’amélioration de la productivité des espèces cultivées, accord ouvert au recours aux techniques modernes de sélection végétale.

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Mesures et impacts liés à la crise du Covid-19 : nouveau paquet de mesures exceptionnelles pour le secteur vin et programmes de promotion

Poussée par le Parlement européen, la Commission a fini par adopter un nouveau paquet de mesures exceptionnelles pour le secteur du vin. Elle a également lancé deux appels à propositions pour des programmes de promotion des fruits et légumes, du vin, du lait des produits laitiers, de la pomme de terre et des plantes vivantes. En revanche elle a émis une fin de non recevoir à la demande d’étendre les aides exceptionnelles – telles que pour le stockage privé – aux secteurs du veau et des volailles.

Le Conseil a entériné le règlement qui permet d’octroyer des fonds du développement rural aux exploitations dans le cadre de la relance économique, permettant l’entrée en vigueur de cette mesure. Les ministres réunis ont par ailleurs continué à réclamer des aides pour les secteurs les plus frappée, et notamment la création d’un fonds de compensation pour le secteur du vin. 

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Conseil Agri-Pêche : des progrès salués… mais encore beaucoup à faire !

Les délégations ont procédé à un échange de vues sur le rapport de la présidence sur l’état d’avancement des travaux. Les ministres européens de l’agriculture ont largement salué le rapport, déclarant qu’il reflète fidèlement l’état d’avancement des négociations sur le paquet de réformes de la PAC, tandis que les simplifications introduites pour le nouveau modèle de mise en œuvre (apurement des performances et montants unitaires moyens) vont dans la bonne direction. Il reste encore beaucoup à faire dans le processus, des travaux techniques supplémentaires étant nécessaires au cours des prochains mois pour améliorer le système d’indicateurs fiables, l’examen des performances, la mise en œuvre des éco-régimes, les systèmes de contrôle et les sanctions (conditionnalité pour les petits exploitants), la définition des hectares éligibles, les interventions sectorielles et le soutien couplé volontaire (niveau et étendue des secteurs).

 

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Secteur vitivinicole : des enveloppes de crise encore insuffisante

L’actualité du vin continue d’être marquée en ce mois de juin par la pandémie de Covid-19 et la réaction aux niveaux européen et national pour répondre à la crise.

Le Parlement européen a approuvé une série de mesures de marché exceptionnelles ; l’autre, jugée auparavant insuffisante, est toujours en suspens.

 

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LE PLAN DE RELANCE EUROPÉEN : COMMENT LE CONCEVOIR POUR MIEUX SOUTENIR L’AGRICULTURE

La Commission européenne a présenté un ambitieux plan de relance européen et un nouveau cadre financier pluriannuel pour la période 2021-27.
Les nouvelles propositions prévoient de nouvelles ressources pour le secteur agricole par rapport à la proposition initiale de mai 2018, bien que le montant total du soutien diminue à prix constants de 34 milliards d’euros (valeur 2018) par rapport à la période 2014-2020.

Les éléments clés de ces propositions pour le secteur par rapport à la proposition de 2018 sont les suivants :

– « Un renforcement de 15 milliards d’euros du Fonds européen agricole pour le développement rural afin d’aider les zones rurales à réaliser les changements structurels nécessaires conformément au « Pacte vert » européen et à atteindre les objectifs ambitieux fixés dans le cadre des nouvelles stratégies « biodiversité » et « De la ferme à la table » » dans la situation économique post-Covid.

– « Une augmentation de 4 milliards d’euros pour la politique agricole commune (…), afin de renforcer la résilience du ou des secteurs agroalimentaires (…) et de fournir la marge de manœuvre nécessaire à la gestion des crises ».

Le présent document vise à présenter les propositions de Farm Europe sur la meilleure façon d’utiliser ces ressources indispensables.

– Il est prévu que les ressources supplémentaires pour le développement rural soient engagées entre 2022 et 2024. Il conviendrait de modifier cette disposition pour permettre l’engagement des nouvelles ressources à partir de 2021. Il s’agit d’aider sans retard excessif le secteur à se remettre de la crise actuelle et à se préparer pour l’avenir. Les nouvelles ressources devraient donc faire partie du budget 2021 et ne pas attendre la mise en œuvre de la réforme de la PAC qui n’interviendra pas avant 2023.

– La deuxième proposition est de consacrer le renforcement de 15 milliards d’euros au soutien à des investissements de double performance dans les exploitations agricoles. Ces investissements devraient permettre de réduire l’empreinte écologique tout en améliorant la situation économique des agriculteurs.

Il s’agit notamment d’investissements dans des outils et systèmes agricoles numériques ou de précision, dans la production de bio-méthane à partir des effluents d’élevage… De tels investissements répondent aux objectifs fixés par la Commission pour préparer le secteur à « réaliser les changements structurels nécessaires conformément au pacte vert européen et à atteindre les objectifs ambitieux fixés dans le cadre des nouvelles stratégies « biodiversité » et « de la ferme à la table » ».

– Une autre proposition consiste à renforcer les taux de cofinancement pour ces investissements. La Commission a réduit de 10 % les taux de cofinancement des actions de développement rural dans sa proposition de réforme de la PAC. Mais la situation économique et financière désastreuse de nombreux agriculteurs et pays exige un taux de financement communautaire plus élevé pour garantir une utilisation optimale. Farm Europe propose donc que le cofinancement communautaire soit porté à 75 %.

Ces investissements devraient bénéficier de la majeure partie des nouvelles ressources, et au moins 10 milliards d’euros devraient être affectés à cette fin.

– Les nouvelles ressources devraient également contribuer à soutenir davantage les outils de gestion des crises, tels que l’assurance climatique, les fonds communs de placement et l’assurance-revenu. L’UE, à quelques exceptions près, est mal équipée pour ces outils, et les nouveaux fonds pourraient fournir les incitations nécessaires pour encourager les agriculteurs à utiliser les dispositions législatives existantes. Le principal obstacle au développement d’outils de gestion des crises dans l’UE semble être le coût. Les nouveaux fonds pourraient fournir les ressources nécessaires pour accroître le cofinancement communautaire et rendre ainsi ces outils plus attrayants.

– Les 4 milliards d’euros de nouvelles ressources pour le premier pilier de la PAC sont clairement destinés à la gestion des crises. Cela permettrait de créer enfin une réserve de crise et de la financer de manière adéquate, comme l’a proposé Farm Europe dans des documents et initiatives précédents, et comme l’a proposé la Comagri du Parlement européen. Un montant de 1,5 milliard d’euros devrait être affecté à la nouvelle réserve de crise à partir de 2021. La réserve de crise devrait être dotée du mandat et des ressources nécessaires pour redresser rapidement les marchés, en intervenant à un stade précoce et sans délai avec un large éventail de mesures d’urgence.

– Les ressources restantes devraient être utilisées pour soutenir les secteurs qui souffrent déjà de l’impact du Covid-19. Des actions de soutien devraient être convenues pour rééquilibrer rapidement les marchés durement touchés, par exemple dans les secteurs du vin, de la viande bovine et des viandes ovine et caprine.

Il est d’une importance cruciale de mobiliser rapidement les ressources supplémentaires à partir de 2021. Il serait imprudent et contraire à l’objectif clé du plan de relance européen d’attendre l’adoption de la réforme de la PAC et la présentation ultérieure des plans stratégiques. Ce processus signifierait deux années perdues alors que la crise frappe fort. Farm Europe estime que le plan de relance de la Commission européenne, même s’il ne prévoit toujours pas suffisamment de budget pour le secteur, offre une occasion unique de façonner la réponse à la crise du Covid-19 et de préparer le secteur au Pacte vert européen – à condition qu’il soit bien conçu.

Mesures et impacts liés à la crise du Covid-19 : processus encore en cours pour le secteur vin

Un bras de fer se joue entre la Commission européenne et la Commission Agriculture du Parlement européen sur les actes délégués pour les mesures exceptionnelles de marché pour le secteur du vin. Les députés ont objecté à un des actes afin d’obtenir un soutien plus ambitieux notamment pour les secteurs viticole et des fruits et légumes. La Commission a annoncé qu’elle proposerait un nouvel acte « avant l’été » et avant que le Parlement prenne une position finale de rejet (ou non) lors de sa séance plénière de juillet.

Concernant les aides directes Covid qui pourraient être financées par des reliquats du FEADER, les membres de la ComAgri ont également voté pour augmenter le plafond de financement de la mesure à 2 % du FEADER de chaque Etat membre, contre 1 % proposé par la CE.

Au titre de la relance des secteurs agricoles et agro-alimentaires, le plan de relance dévoilé par la Commission européenne prévoit 15 milliards d’euros pour rehausser le fonds de développement rural, et le CFP revisité alloue 5 milliards de plus au second pilier, et 4 milliards au premier (euros 2018) que la proposition de la commission de juin 2018. Pour mémoire, le budget PAC 2021-2027 proposé par la commission s’affiche en légère hausse en euros courants (et en baisse de 34 milliards en euros constants, au regard de la non intégration de l’inflation).

 

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