Le PE donne son feu vert à un renforcement de la position des agriculteurs et à des règles plus claires en matière d’étiquetage alimentaire

Farm Europe et EAT Europe saluent l’adoption par le Parlement européen à Strasbourg de l’accord sur la révision du règlement portant organisation commune des marchés (OCM), à la suite des négociations interinstitutionnelles fructueuses menées par la rapporteure Céline Imart. Ce vote confirme une avancée majeure tant pour les agriculteurs que pour les consommateurs. Il renforce la position des agriculteurs au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire grâce à des relations contractuelles renforcées et à de meilleures possibilités d’organisation collective des producteurs. Il établit également des règles plus claires concernant l’utilisation des dénominations liées à la viande, protégeant ainsi les consommateurs contre les pratiques trompeuses et préservant la valeur de la production agricole.

Nous félicitons chaleureusement la députée européenne Céline Imart pour son leadership et sa détermination tout au long de ce processus, ainsi que l’ensemble des membres du Parlement européen qui ont soutenu cette réforme importante. Nous saluons également l’engagement de la Commission européenne, notamment du commissaire Hansen, ainsi que des États membres qui ont contribué à l’obtention de ce résultat.

L’approbation du Parlement envoie un signal clair : les mots comptent, la transparence compte, et les agriculteurs méritent une position plus équitable au sein de la chaîne alimentaire. Les consommateurs doivent pouvoir faire des choix éclairés sur la base d’informations exactes concernant les produits qu’ils achètent, tandis que les producteurs doivent être protégés contre la concurrence déloyale et la confusion sur le marché.

L’accord constitue une réalisation majeure en cohérence avec les objectifs de la campagne « Words Matter », lancée par Farm Europe et EAT Europe en 2024. En reconnaissant la nécessité de renforcer la protection des dénominations liées à la viande et en excluant les produits cellulaires et cultivés en laboratoire de l’utilisation de termes associés à la viande, l’Europe a franchi une étape importante vers davantage de clarté et de cohérence dans l’étiquetage alimentaire.

Dans le même temps, le renforcement des relations contractuelles et des outils d’organisation des producteurs constitue un progrès concret pour remédier au déséquilibre de longue date des rapports de force au sein de la chaîne alimentaire. Ces mesures devraient contribuer à améliorer le pouvoir de négociation des agriculteurs, à accroître la prévisibilité et à créer des conditions de marché plus équitables.

Le vote d’aujourd’hui ne marque pas la fin du parcours. Farm Europe et EAT Europe soulignent que le travail doit se poursuivre dans le cadre du prochain paquet de réforme de la PAC, qui comprend une révision plus large du règlement OCM.

Cette prochaine étape offrira l’occasion de renforcer davantage la position des agriculteurs dans la chaîne alimentaire, d’améliorer la résilience des marchés, de rétablir des règles claires et des allocations financières pour les interventions sectorielles, et de poursuivre les efforts visant à garantir aux consommateurs une information claire et transparente. À cet égard, une attention particulière devrait être accordée au renforcement des normes de commercialisation, à la mise en place de seuils de référence cohérents (anciens prix d’intervention), avec des niveaux actualisés et différenciés adaptés aux réalités économiques et sectorielles, en tant qu’outil essentiel pour mieux orienter la gestion des marchés et la logique d’intervention.

La réforme devrait également renforcer et moderniser le programme européen de distribution de fruits et légumes à l’école, afin d’en améliorer l’efficacité, de mieux cibler l’éducation alimentaire en milieu scolaire et d’accroître son impact sur les habitudes de consommation saines. En outre, elle devrait ouvrir une réflexion sur la mise en place de mécanismes globaux de prévention et de gestion des crises, y compris le développement éventuel de stocks stratégiques afin de répondre plus efficacement aux perturbations des marchés et à l’insécurité alimentaire des populations les plus vulnérables. Ce travail a déjà été engagé par le rapporteur du Parlement européen sur l’OCM, M. Sargiacomo. 

Farm Europe appelle la Commission à reconnaître l’ensemble des biocarburants durables

À la suite de la récente déclaration du Commissaire devant le Parlement européen sur les biocarburants durables, Farm Europe a adressé une lettre au Commissaire Tzitzikóstas afin de rappeler que les biocarburants européens issus de cultures agricoles doivent être pleinement reconnus dans la catégorie des biocarburants durables. Ils ne présentent pas de risque élevé de changement indirect d’affectation des sols (ILUC), n’ont pas contribué à la hausse des prix alimentaires ni au déplacement des terres agricoles, et génèrent d’importants coproduits, notamment des aliments riches en protéines pour l’élevage, des biocarburants avancés et des produits biochimiques. Loin de concurrencer la sécurité alimentaire, leur production contribue activement à la renforcer.

La tendance persistante à l’abandon des terres agricoles dans l’ensemble de l’Union européenne — due à une rentabilité insuffisante des exploitations agricoles — devrait conduire la Commission européenne à renforcer la demande pour les biocarburants européens issus des cultures agricoles. Cela contribuerait à consolider la souveraineté alimentaire, l’autonomie stratégique de l’UE et la résilience économique des zones rurales, tout en ouvrant la voie au développement d’autres filières de la bioéconomie.

Par conséquent, Farm Europe appelle la Commission à respecter le principe de neutralité technologique dans tous les cadres législatifs pertinents — y compris dans le cadre de la révision en cours des normes de CO₂ applicables aux véhicules légers et lourds — et à veiller à ce que tous les carburants renouvelables durables soient dûment reconnus. Les biocarburants européens issus des cultures agricoles constituent un outil de décarbonation immédiatement disponible et abordable, s’appuyant sur les infrastructures existantes et les flottes de véhicules actuelles, générant des revenus pour les agriculteurs européens et contribuant à la souveraineté énergétique de l’Europe.

La lettre soulève également une préoccupation majeure concernant l’intégrité du marché : les importations de biocarburants relevant de l’Annexe IX en provenance de Chine ont été multipliées par sept entre 2017 et 2023, atteignant environ 3 millions de tonnes, soit près de 20 % de la consommation totale de biocarburants dans l’UE. Une part importante de ces importations a été identifiée comme frauduleuse, impliquant l’étiquetage abusif d’huile de palme vierge et de ses dérivés comme huiles de cuisson usagées ou autres matières premières admissibles. Cette fraude, documentée par la Cour des comptes européenne (2016 et 2023) et reconnue dans la propre décision d’exécution de la Commission du 18 juillet 2025, est structurellement encouragée par le mécanisme de double comptabilisation prévu par la directive sur les énergies renouvelables.

Farm Europe avertit que, tant que cette fraude ne sera pas traitée, la disponibilité réelle des biocarburants avancés sera largement surestimée et que les arguments visant à marginaliser les biocarburants européens issus des cultures agricoles reposeront sur une vision déformée du marché.

Plan d’action sur les engrais : urgence de clarifier les ambitions et le soutien concret

Aujourd’hui, la Commission européenne a présenté son très attendu Plan d’action sur les engrais. Farm Europe salue la reconnaissance par la Commission européenne de l’ampleur du défi et de la nécessité d’agir de toute urgence. Toutefois, des éléments pratiques essentiels manquent afin d’envoyer un signal fort aux agriculteurs et à l’industrie, notamment concernant le niveau du soutien d’urgence le plus nécessaire via la réserve de crise, ainsi que des orientations politiques concrètes en amont des révisions du SEQE, en ce qui concerne la trajectoire des quotas gratuits et du MACF appliqués aux engrais.

L’engagement visant à créer des passerelles entre le CRCF et les revenus du SEQE constitue une avancée dans la bonne direction afin de créer un véritable modèle économique pour les réductions d’émissions via des incitations destinées aux agriculteurs, sans que l’agriculture ne soit couverte par le SEQE. Cependant, cet engagement devrait être accompagné de mesures plus fortes à court terme afin de surmonter la crise actuelle.

L’intention de garantir une cohérence politique entre le plan d’action sur les engrais et la future stratégie sur l’élevage constitue également une orientation positive du plan d’action. À cet égard, la volonté de promouvoir le transfert de nutriments des régions d’élevage présentant des excédents structurels vers des régions ayant des besoins en nutriments au sein du marché unique est une avancée positive. La volonté de libérer le potentiel du digestat via une extension du règlement RENURE, de stimuler la production de biométhane, de favoriser les engrais biosourcés et d’ouvrir davantage la voie à l’innovation renforçant la circularité sont également des pas dans la bonne direction.

En termes pratiques, la politique européenne devrait se concentrer sur « l’efficacité », en s’éloignant des réglementations qui découragent la production ou encouragent même les réductions. La possibilité offerte aux États membres de rouvrir leur plan stratégique de la PAC en mettant l’accent sur l’efficacité constitue un signal positif, brouillé toutefois par le mélange entre de nouveaux éco-régimes potentiels et les mesures agro-environnementales, alors qu’il conviendrait au contraire d’encourager la complémentarité entre ces interventions, en clarifiant le périmètre de la révision des plans stratégiques nationaux.

Ces avancées du plan d’action à moyen et long terme doivent être accompagnées de toute urgence par des mesures de soutien à court terme afin d’assurer la continuité des systèmes alimentaires européens face à un choc majeur depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, aggravé par le blocage du détroit d’Ormuz. Les agriculteurs européens font face à une situation de plus en plus intenable, déjà visible à travers les pertes de terres agricoles partout en Europe.

Avec des prix des engrais azotés toujours supérieurs de 70 % aux niveaux de 2024 en avril 2026, les agriculteurs européens réduisent déjà les surfaces cultivées et se détournent de certaines cultures, notamment le blé. La réserve agricole d’urgence de la Commission reste indéfinie tant en termes de montant que de critères d’éligibilité. La seule mesure pleinement opérationnelle à court terme — le cadre temporaire d’aides d’État adopté le 29 avril — repose sur les États membres. Cela ne suffit pas. Les agriculteurs doivent savoir dès aujourd’hui sur quel soutien ils pourront compter avant la prochaine saison des semis.

Appel à la Commission européenne pour garantir la conformité aux règles relatives aux OGM et la transparence du marché avant l’accord UE–Mercosur

Farm Europe and Eat Europe have addressed a letter to the European Commission raising concerns regarding the import of genetically modified (GM) cane sugar from Brazil and the implications for compliance with EU legislation, traceability standards, and market transparency after the recent provisional entry into force of the EU–Mercosur Agreement.

Brazil, the world’s largest producer and exporter of sugar, authorises and cultivates genetically modified sugar cane varieties alongside conventional ones. However, according to available information, no effective segregation between GM and non-GM sugar cane is carried out during processing, raising concerns that raw sugar exported to the European Union may derive from mixed production streams.

Over the past five years, EU Member States have imported approximately 3.6 million tonnes of sugar from Brazil, including more than 750,000 tonnes in the last year alone. These volumes are expected to rise further under the EU–Mercosur Agreement, which introduces a new annual duty-free quota of 180,000 tonnes of sugar.

Under EU legislation, food and feed consisting of, containing, or produced from genetically modified organisms must be authorised before being placed on the EU market. While certain genetically modified sugar beet varieties are authorised in the Union for import and processing, no genetically modified sugar cane varieties appear to be currently authorised under the EU GMO framework for food and feed uses.

In their letter, Eat Europe and Farm Europe warn that the inability to reliably distinguish between GM and non-GM sugar imports raises significant concerns regarding regulatory compliance, traceability, consumer transparency, food safety, and environmental protection.

The organisations are calling on the European Commission to clarify which measures are currently in place — or are envisaged — to ensure that sugar imported into the EU complies with existing GMO legislation and that adequate traceability and control are guaranteed throughout the supply chain. Eat Europe and Farm Europe emphasise that, in the context of bilateral relations with Brazil and the implementation phase of the EU–Mercosur Agreement, efforts should be made to ensure effective segregation between GM and non-GM sugar production streams in order to prevent non-compliant products from entering the European market.

The letter also requests further information on the implementation of the monitoring mechanisms established under Regulation (EU) 2026/687 concerning safeguard clauses within the EU–Mercosur framework. In particular, Eat Europe and Farm Europe seek clarification regarding the tools and data sources the Commission intends to rely on to monitor import volumes, price developments, and market dynamics for sensitive agricultural sectors such as sugar, meat products, and rice.

The organisations underline that effective and timely monitoring of trade flows is essential not only for the possible activation of safeguard measures, but also for ensuring compliance with EU regulatory requirements related to genetically modified organisms and traceability.

Eat Europe and Farm Europe also stress the importance of transparency for market operators and stakeholders, calling for accessible monitoring instruments such as dedicated dashboards or reporting mechanisms allowing up-to-date tracking of relevant market developments.

La commission AGRI appelle à garantir un financement pour l’agriculture au sein du Fonds européen pour la compétitivité

Farm Europe se félicite chaleureusement de l’adoption aujourd’hui par la commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen (COMAGRI) du projet d’avis du député européen Carlo Fidanza sur le Fonds européen pour la compétitivité (FEC).

Le FEC constitue une source essentielle de financements supplémentaires, en dehors de la politique agricole commune (PAC), pour contribuer à la transition vers des systèmes alimentaires plus efficaces. Il est donc indispensable de mentionner explicitement l’agriculture, la sécurité alimentaire et les chaînes de valeur agroalimentaires au sein du FEC. L’affectation des fonds doit être contraignante, transparente, prévisible et clairement ouverte aux agriculteurs.

Le projet d’avis identifie le Fonds pour la compétitivité comme un instrument clé pour financer des projets d’intérêt européen de grande envergure qui dépassent les capacités des États membres pris individuellement. Ces investissements sont considérés comme essentiels pour renforcer la résilience du système agroalimentaire de l’UE, notamment face aux pressions croissantes d’ordre climatique, économique et géopolitique.

Dans un contexte d’instabilité géopolitique croissante, la commission souligne que le contrôle des ressources alimentaires constitue un élément clé de la résilience économique et contribue à la capacité globale de sécurité et de défense de l’UE. L’allocation d’un budget au sein du FEC pour des capacités de stockage stratégique des produits agricoles et des intrants clés est donc essentielle.

Farm Europe souligne la nécessité, telle qu’énoncée dans l’avis, d’un soutien dédié du FEC à l’innovation et à l’eau dans le secteur agricole, notamment aux investissements en matière de résilience hydrique (efficacité de l’irrigation, stockage de l’eau, gestion durable des ressources hydriques pour l’agriculture) et de numérisation (agriculture de précision, services numériques, outils d’aide à la décision et infrastructures de données). De tels investissements sont jugés essentiels pour maintenir la production agricole et préserver l’excellence agroalimentaire européenne.

Nous appelons désormais le Parlement européen à confirmer ce signal positif en séance plénière. Un soutien fort offrira des perspectives claires et positives pour l’ensemble du secteur agroalimentaire.

Farm Europe salue le soutien du Parlement à un avenir rentable et durable du secteur de l’élevage de l’UE 

Farm Europe salue chaleureusement l’adoption aujourd’hui par le Parlement européen du rapport de l’eurodéputé Carlo Fidanza sur « Comment garantir un avenir durable au secteur de l’élevage de l’UE à la lumière de la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire, la résilience des agriculteurs et les défis posés par les maladies animales ? ».

Ce vote représente une avancée significative dans la promotion d’un secteur de l’élevage de l’UE résilient, compétitif, durable et diversifié.

Farm Europe souligne en particulier l’appel du rapport à replacer la production au cœur de l’orientation des politiques, en tenant compte de la diversité de nos modèles et de l’ambition de maintenir la production sur l’ensemble du territoire de l’UE, en considérant également la contribution de l’élevage à l’environnement et à l’économie rurale. L’accent mis sur la performance, à travers une optimisation complète des bénéfices positifs de l’élevage, ainsi que sur les investissements pour préparer l’avenir, devrait également constituer une orientation politique centrale dans la future stratégie européenne pour l’élevage.

Le déclin de la production et la décapitalisation ne sont pas irréversibles ; ces tendances doivent au contraire être inversées. Le secteur doit être reconnu pour son rôle dans la fourniture d’une alimentation saine et équilibrée, ainsi que pour ses contributions environnementales, notamment la gestion des prairies, tout en étant soutenu dans la réduction de ses émissions grâce à des investissements ciblés dans la génétique, la nutrition, les infrastructures, et la valorisation des effluents pour la production de biogaz et de biofertilisants.

Ce fort soutien du Parlement européen établit une base solide pour la stratégie sur l’élevage que la Commission européenne doit présenter le 7 juillet 2026.

L’UE doit lever les obstacles économiques et réglementaires afin de relancer l’investissement dans l’élevage, à travers un plan global permettant une modernisation à grande échelle du secteur, la mise en œuvre d’une véritable stratégie de décarbonation, la promotion de l’amélioration génétique et l’encouragement d’initiatives de qualité répondant aux attentes des consommateurs.

Budget Européen 2028-2034 : un appel du Parlement Européen à la responsabilité et la cohérence

Le parlement européen a adopté ce jour sa position sur les propositions de budget européen pour la période 2028-2034.

Partant du constat que la sécurité alimentaire est une composante vitale de l’autonomie stratégique de l’Union Européenne, que le secteur agricole est particulièrement vulnérable face aux chocs économiques, que la transition de l’économie européenne vers une économie carbone neutre ne pourra se faire sans plus d’agriculture, le parlement européen fait preuve d’une responsabilité politique en s’opposant au traitement de l’agriculture tel qu’envisagé par la commission européenne dans son projet présenté en juillet 2025. 

Il appelle à une véritable cohérence politique entre l’impératif de souveraineté européenne tant alimentaire, énergétique qu’en matière de bioéconomie – qui nécessite une agriculture européenne plus forte- et les défis d’accroissement de la productivité, de hausse des coûts de production, de niveau de vie des agriculteurs européens, de nourriture de qualité et abordable pour tous les européens, de vitalité des zones rurales et de renouvellement des générations et de gestion des crises tant climatiques, économiques que géopolitiques. 

Dans ce contexte, Farm Europe salue la demande du parlement européen d’une PAC forte, autonome et dotée d’un budget maintenu en valeur économique, soit 433 milliards d’euros à dédier à l’agriculture européenne pour la période 2028-234. Seule une politique européenne agricole correctement dotée, véritablement commune et ayant comme priorité l’accroissement durable de la production agricole européenne permettra à l’Europe de demeurer une puissance mondiale de premier ordre, souveraine et maître de son avenir. 

Farm Europe félicite les rapporteurs du parlement européen, notamment MEP Siegfried Muresan, ainsi que les rapporteurs de commissions parlementaires, en particulier MEP Stefano Bonaccini pour la Comagri, pour le travail sérieux et responsable conduit dans l’intérêt de l’Europe et des européens.

Eat Europe et Farm Europe appellent les députés européens à renforcer le mécanisme de sauvegarde pour le riz avant un vote décisif

Eat Europe et Farm Europe appellent les membres du Parlement européen à soutenir des amendements cruciaux à la révision du Système de préférences généralisées (SPG) avant le vote en séance plénière du 28 avril, avertissant que le mécanisme de sauvegarde proposé pour le secteur rizicole de l’UE risque d’être inefficace dans sa forme actuelle.

Bien que la réforme introduise une clause de sauvegarde automatique importante visant à anticiper et gérer les crises de marché, les deux organisations avertissent, dans une lettre adressée à l’ensemble des députés européens, que des seuils d’activation excessivement élevés pourraient fortement limiter son utilité et laisser les producteurs européens de riz exposés à des chocs de marché évitables.

Au cœur des préoccupations figure le seuil d’augmentation de 45 % requis pour déclencher le mécanisme de sauvegarde. Comme déjà souligné à l’issue des négociations en trilogue, Eat Europe et Farm Europe estiment que ce niveau est déconnecté des réalités du marché et empêcherait une intervention en temps utile dans des situations où une action précoce est essentielle pour éviter des dommages structurels au secteur.

« Un mécanisme de sauvegarde automatique doit être opérationnel, et non théorique », déclarent les organisations. « Si les seuils sont fixés trop haut, l’instrument échouera précisément au moment où il est le plus nécessaire. »

Les organisations appellent les législateurs à soutenir une réduction du seuil de déclenchement à 20 %, qu’elles qualifient d’ajustement ciblé, proportionné et techniquement réalisable. Elles soulignent qu’une telle modification ne rouvrirait pas ni ne remettrait en cause l’accord global issu du trilogue, mais garantirait plutôt son efficacité concrète.

Elles mettent également en avant des préoccupations techniques non résolues liées à la méthodologie de calcul, notamment l’utilisation d’un système de référence basé sur une moyenne mobile, qui reste insuffisamment réactif aux fluctuations rapides du marché.

Selon Eat Europe et Farm Europe, l’amélioration du mécanisme de sauvegarde pour le riz établirait également un précédent important pour d’autres secteurs agricoles vulnérables de l’UE, tels que le sucre et l’éthanol, confrontés à une exposition similaire à la volatilité des marchés mondiaux.

« Il ne s’agit pas de rouvrir les négociations », poursuit le communiqué. « Il s’agit de garantir qu’un outil de prévention des crises fonctionne en pratique et assure une protection réelle aux producteurs européens. »

Les organisations appellent donc les membres du Parlement européen à soutenir les amendements proposés, soulignant qu’une absence d’action pourrait exposer le secteur rizicole de l’UE à des dommages économiques graves et potentiellement irréversibles.

La reconnaissance des biocarburants et de la bioénergie par AccelerateEU constitue un progrès, mais un suivi concret est nécessaire

Aujourd’hui, la Commission européenne a publié sa communication sur l’Union de l’énergie AccelerateEU, définissant un plan d’action visant à faire face à la crise des prix de l’énergie, notamment déclenchée par la fermeture du détroit d’Ormuz en raison du conflit en cours en Iran. Farm Europe se félicite de plusieurs éléments clés de cette communication ayant un impact direct sur les agriculteurs européens, les producteurs de bioénergie et de biocarburants, ainsi que sur l’industrie des engrais, tout en appelant la Commission à traduire ces engagements en actions politiques concrètes et durables.

Farm Europe salue en particulier l’engagement de la Commission européenne à cartographier les capacités de raffinage existantes dans l’UE et à travailler sur des mesures visant à accroître la production domestique de biocarburants durables d’ici mai 2026. À un moment où la flambée des prix des carburants affecte fortement les agriculteurs et les chaînes d’approvisionnement agroalimentaires, le renforcement de la production locale de biocarburants durables constitue à la fois une mesure de soulagement à court terme et un investissement stratégique à long terme. La production européenne de biomasse peut et doit jouer un rôle clé dans la réduction de notre dépendance aux combustibles fossiles importés, et cette reconnaissance par la Commission envoie un signal important.

Dans ce contexte, la reconnaissance dans la communication du rôle stratégique crucial du biogaz et du biométhane pour remplacer les combustibles fossiles importés, en particulier dans les secteurs où l’électrification reste difficile, est vivement saluée. Le fait de reconnaître que les projets de biométhane à la ferme et en coopérative peuvent réduire la dépendance aux énergies fossiles tout en générant des revenus supplémentaires pour les agriculteurs et en créant de la valeur locale en milieu rural souligne le caractère gagnant-gagnant des chaînes de valeur de la bioénergie, des agriculteurs aux bioraffineries.

Cependant, les bonnes intentions ne doivent pas rester lettre morte. Pour que le secteur se développe à l’échelle et au rythme nécessaires, l’UE doit répondre à trois exigences : un cadre réglementaire stable et favorable, qui élimine la bureaucratie et les restrictions injustifiées pesant sur l’utilisation des biocarburants issus de cultures ; un environnement d’investissement à long terme offrant aux agriculteurs et à l’industrie la visibilité nécessaire pour s’engager ; et une demande stable et garantie à long terme pour la bioénergie.

Farm Europe souligne également l’engagement de l’exécutif à cartographier les alternatives aux matières premières fossiles utilisées pour les engrais et à promouvoir des solutions circulaires biosourcées. Le couplage de la production de biométhane avec la récupération de nutriments recyclés constitue un exemple emblématique de la manière dont l’agriculture peut contribuer simultanément à la sécurité énergétique et à la réduction des dépendances dangereuses vis-à-vis des engrais importés.

Dans l’ensemble, cette communication représente une avancée réelle et encourageante, traduisant un changement significatif dans l’approche de la Commission quant au rôle des biocarburants et de la bioénergie dans la transition énergétique de l’UE. Trop longtemps, ces secteurs ont été sous-évalués dans la politique énergétique européenne. La communication d’aujourd’hui commence à corriger cette situation. Toutefois, elle doit constituer un point de départ et non une finalité. 

NTG : Farm Europe et Eat Europe saluent l’approbation du Conseil en première lecture et appellent le Parlement européen à clôturer le dossier sans délai

Farm Europe et Eat Europe saluent chaleureusement l’adoption aujourd’hui par le Conseil de son orientation en première lecture sur les nouvelles techniques génomiques (NTG), ouvrant la voie à leur adoption finale par le Parlement.

« Les NTG sont indispensables et les agriculteurs sont prêts à exploiter pleinement leur potentiel. Nous ne pouvons pas nous permettre de nouveaux retards ou reculs, aux conséquences incalculables tant pour la durabilité environnementale et économique que pour la compétitivité des agriculteurs européens sur le marché mondial », a commenté Farm Europe.

L’adoption par le Conseil de sa position formelle envoie un signal important aux agriculteurs et aux consommateurs européens. Elle place désormais une responsabilité claire sur le Parlement européen afin d’avancer rapidement. Sans adoption rapide, les agriculteurs resteront privés des outils nécessaires pour renforcer la résilience, la compétitivité et la durabilité du secteur agricole.

Farm Europe et Eat Europe estiment que le compromis trouvé lors des négociations en trilogue représente une étape cruciale vers la mise en place d’un cadre réglementaire européen clair, équilibré et compétitif. Son adoption rapide est essentielle pour permettre enfin le déploiement concret d’innovations devenues indispensables afin de répondre aux défis posés par le changement climatique, la pression croissante des ravageurs et des maladies, la résilience hydrique, ainsi que la réduction progressive des produits de protection des cultures disponibles.

Cet accord offre une opportunité nécessaire tant pour les agriculteurs que pour les consommateurs. Il soutiendra la voie vers une intensification durable, permettant à l’agriculture européenne de produire plus et mieux, tout en posant les bases d’une économie résiliente et de plus en plus neutre en carbone, dans laquelle l’agriculture fait partie de la solution. Toutefois, ces bénéfices ne se concrétiseront que si le Parlement européen adopte sa position en deuxième lecture sans délai.

Bien que cet accord soit nécessairement un compromis, il représente néanmoins une lueur au bout du tunnel après des années durant lesquelles les agriculteurs européens ont été contraints par des choix politiques plaçant trop souvent l’idéologie avant la science, laissant les consommateurs dans l’incertitude quant à la nature réelle de leurs options alimentaires. Pour cette raison, Farm Europe et Eat Europe appellent le Parlement européen à assumer ses responsabilités et à garantir une adoption rapide du texte, afin que les agriculteurs puissent enfin accéder aux outils dont ils ont un besoin urgent.